Quand l’ADEME glorifie un modèle allemand au bilan carbone… catastrophique !
Dans la droite ligne des méthodes d’influence qu’affectionne l’ADEME, son directeur adjoint, Éric Vidalenc, a commis récemment sur son compte LinkedIn un raccourci qui n’a pas manqué de faire réagir les observateurs sérieux.
Dans quel monde cet individu est-il payé avec l’argent des Français pour leur dire quoi faire ?
Pour rappel, l’Allemagne émet 17 fois plus de CO2 que la France, par unité d’électricité produite.
L’ADEME défend la transition écologique ou la vassalisation du pays? pic.twitter.com/RLMlqV6RtN
— Alexandre Allegret-Pilot (@AllegretPilot) August 15, 2026
Souhaitant moquer les spécialistes de l’énergie ayant fait le constat de l’échec pourtant patent des choix stratégiques allemands, et principalement la sortie du nucléaire voulue par Angela Merkel et le pari du renouvelable (surtout éolien), Éric Vidalenc a d’abord rappelé qu’en 35 ans, « les renouvelables électriques sont passées de quelque 3 % à plus de 60 % ». Jusque-là, les statistiques confirment. Mais sur sa lancée, le directeur adjoint de l’ADEME en conclut que « cela a permis de baisser sur la même période les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie de 60 % ».
Or, si les émissions carbonées du secteur de l'énergie ont en effet été réduites de 60 % sur ces trois décennies et demie, la tournure du propos laisse penser que le développement de l’éolien en est le seul responsable. C’est là au mieux ce que l’on appelle un raccourci.
Le charbon, grand oublié
C’est omettre notamment que cette réduction des émissions de CO2 (ce que l’on appelle l’intensité carbone) dans la production allemande d’électricité est due pour une bonne part, à la diminution de la part du charbon dans le mix énergétique, le charbon étant très fortement émetteur de carbone. L’intensité carbone du charbon est en effet de 1130 g par kWh d’électricité produite, quand elle est de 35 g pour le solaire, 13 g pour l’éolien, 11 g pour l’hydroélectrique et de 5 g seulement pour le nucléaire. Cette donnée, qui n’intéresse visiblement pas Éric Vidalenc, est pourtant aisément vérifiable sur le site electricitymaps, dont les historiques remontent à 2017. Il nous apprend que la part du charbon dans la production électrique était alors de 36,93 %, et qu’elle est tombée à 19,07 % en 2025. Rappelons d’ailleurs que cette part était déjà tombée à 23,34 % en 2023, année de l’arrêt du programme nucléaire allemand. Ce qui signifie que l’éolien n’a fait que continuer une politique d’abandon du charbon qu’avait initiée depuis longtemps et avec succès le nucléaire.
Éric Vidalenc omet aussi de préciser que la France (avec son nucléaire) n'est pas non plus pour rien dans les chiffres qu'il rapporte. L'Allemagne nous achète en effet de l'électricité (nous sommes son second fournisseur), dont la production (et donc la trace carbone) n'entre pas dans ses statistiques d'intensité carbone.
En 2025, l'Allemagne 🇩🇪 a été de nouveau importatrice nette d'électricité, avec 21,9 TWh.
Ses importations brutes (76,2 TWh) sont d'abord en provenance du Danemark 🇩🇰 (19,4 TWh), suivie de la France 🇫🇷 (13,7 TWh) et des Pays-Bas 🇳🇱 (13,1 TWh).
En termes de filière, elles…— Maxime Sagot (@maximsagot) January 7, 2026
Il oublie enfin de rappeler que l'Allemagne est si contente de son « modèle renouvelable » qu'elle vient d'en couper les aides...
L’Allemagne, dernière de la classe carbone
Mais si le propos d’Éric Vidalenc a pu être jugé lunaire par les observateurs connaissant la réalité de la situation énergétique allemande, c’est qu’il donne la dérangeante impression de faire l’éloge d’un modèle germanique (du fait de son choix du tout renouvelable), qui ne mérite pourtant pas tant de louanges. Lorsque l’on prend en compte dans les calculs la totalité du cycle de vie des équipements, on constate que l’intensité carbone globale de la production d’électricité allemande atteint 342 g par kWh produit (gCO₂eq/kWh), contre 32 g en France. La production électrique d’outre-Rhin est donc plus de dix fois plus émettrice de CO2 que la nôtre. Si l’objectif du directeur de l’ADEME était de vanter le choix allemand du tout renouvelable, c’est pour le moins manqué.
Cette publication, à la limite de la malhonnêteté par la façon dont elle présente les choses, est cependant cohérente avec la « méthode ADEME », largement éprouvée, et qui nous vaut des perles qui seraient comiques si tout cela ne relevait pas au final de la pure propagande écologiste punitive, comme en témoigne entre autres la tristement célèbre campagne « Plante ton slip », aussi ridicule que coûteuse pour le contribuable. Cette gabegie avait d’ailleurs fait l’objet en mars dernier d’une question écrite du député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, qui demandait un chiffrage de ces campagnes à répétition, que le gouvernement s’est soigneusement gardé de faire dans sa réponse.
Il est vrai qu’en regard du milliard d’euros que pèse l’ADEME dans les impôts des Français, la surprenante germanophilie de son directeur adjoint semble bien négligeable.
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Un commentaire
Comme l’afd ou l’arcom des comités inutiles .