Editoriaux - Education - Société - 9 décembre 2019

La « marche des mamans » ou la victimisation par l’infantilisation

Oyez, oyez, un nouveau mot rejoint le dictionnaire du politique correct qui, de mince formulaire, est en train de devenir aussi gros que Le Petit Robert : un petit mot charmant, courant, apparemment inoffensif, pour ainsi dire le premier de la langue française car, la plupart du temps, c’est lui qu’on ânonne avant tous les autres quand on est encore château branlant dans son lit à barreau : « maman ».

C’est une « maman » que Julien Odoul a interpellée au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Commentant l’événement devant la presse, la présidente PS de la région Marie-Guite Dufay a répété ces cinq lettres par deux fois : « La maman est extrêmement choquée », « Les instituteurs sont atterrés parce que l’essentiel du travail qu’ils faisaient avec les mamans, pour les intégrer au travail de citoyenneté, est mis à mal. »

C’est encore une « marche des mamans » qui a rassemblé, à Paris, un millier de personnes, dimanche, pour protester contre « l’humiliation » dont ont fait l’objet 151 jeunes à Mantes-la-Jolie en « marge des manifs lycéennes », il y a un an. Une maman, c’est bien mieux qu’une mère : l’une est charnelle quand l’autre est administrative. Une maman fait des confitures, des câlins et des baisers. Vous rassure la nuit et vous soigne le jour. Vous console contre son cœur et vous serre dans ses bras ronds. S’en prendre à une maman, c’est vraiment dégoûtant.

Et qui dit maman dit bébé. Suçant son pouce et agitant ses petites mains potelées. Il ne sait pas ce qu’il fait, le pauvret, ce serait bien injuste de le gronder. S’attaquer à un bébé, c’est d’une grande cruauté.

Bref on voit, l’idée.

Cette « » dont le cortège s’est ébranlé derrière la banderole « Pour l’amour de nos enfants, pour la justice et la dignité », s’apparente à la marche des mères de la place de Mai en Argentine. Cela exhale des odeurs de persécution, de dictature et de mères courage prêtes à subir l’une et dénoncer l’autre pour savoir ce qui est arrivé à leur petit avec, en sus, une dimension école maternelle : puisqu’il s’agit de « mamans », on vous dit ! Un scénario mis au point par l’ultra-gauche (autant de drapeaux antifas que de voiles islamiques sur le parcours) et La France insoumise – bruyamment représentée par Danielle Simonnet – qui connaissent leurs classiques. Voilà déjà bien longtemps que la banlieue est l’orgue de barbarie de la gauche, la mécanique est très bien huilée : en tournant la manivelle victimaire, la gauche remonte la banlieue, et pendant que celle-ci, gonflée à bloc, joue sa partition sur le pavé, la gauche n’a plus qu’à tendre son béret et attendre que les voix tombent.

Sans doute doit-on laisser la Justice faire son métier et juger seule du caractère approprié de la posture à genoux, mains sur la tête – l’enquête préliminaire de l’IGPN a été classée sans suite, plainte a de nouveau été déposée avec constitution, cette fois, de partie civile – mais ce n’était pas de gentils poupons à peine levés de la sieste qui, durant plusieurs jours, ont lancé, cagoulés, cailloux et cocktails Molotov sur les policiers : pas de doudous ni de biberons, mais des bâtons, des battes de baseball et du gaz lacrymogène. Les gaillards avaient entre 13 et 21 ans, certains de ces beaux bébés étaient donc depuis longtemps majeurs et vaccinés.

Notez qu’au fond, le vocabulaire ne change rien à l’affaire : suivant le vieil adage « Qui aime bien châtie bien », il n’est pas plus interdit à une maman qu’à une mère d’admonester, gronder, punir, remettre dans le droit chemin, bref, éduquer plutôt que marcher… de Barbès à la République et dans la combine de ses enfants en les excusant.

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