Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 14 octobre 2019

Julien Odoul : « Je suis un élu de la République et j’ai agi en républicain »

Tollé au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté après que Julien Odoul, élu du Rassemblement national, a demandé à la présidente de faire enlever son voile islamique à une accompagnatrice de groupe scolaire dans la tribune des spectateurs. Julien Odoul s’explique au micro de Boulevard Voltaire. Par ailleurs, il estime que le match France-Turquie de ce lundi soir, pour la qualification de l’Euro 2020, devrait être annulé afin que le sport ne soit pas pris en otage.


Vous avez demandé à la présidente du Conseil régional d’inviter une femme voilée présente pour accompagner des enfants à sortir de la salle.
24 heures après, assumez-vous ces propos ?

J’ai les assume complètement. Je suis un élu de la République et j’ai agi en républicain, pour défendre les principes de laïcité et la neutralité religieuse au sein des institutions de la République dans le cadre des sorties scolaires. Le Conseil régional de Franche-Comté est une institution de la République. Ces débats ont été posés et ouverts par Jean-Michel Blanquer. Il s’était prononcé en disant que le voile n’était pas souhaitable dans la société. J’espère qu’à la suite de ces mots et de cette polémique, des décisions claires du gouvernement seront tranchées et que nous allons légiférer pour interdire le port de signes religieux ostensibles aux parents d’élèves accompagnant les sorties scolaires. Cet avis est partagé par une majorité de Français. D’après un dernier sondage de l’IFOP, 66 % des Français sont favorables à cette interdiction et à la neutralité religieuse dans le cadre de l’éducation nationale.


Selon vous, que représentait cette femme voilée accompagnant des enfants à une sortie scolaire ?

Cette visite était organisée dans le cadre d’un programme d’éducation civique intitulé « la République et moi ». Cette femme décide d’accompagner un groupe scolaire en étant voilée en sachant pertinemment qu’elle se rend dans une enceinte démocratique. Elle sait aussi que nous sommes dans un contexte extrêmement houleux et difficile après les événements à la Préfecture de Police et la polémique concernant cette affiche scandaleuse de la FCPE. Soit c’est de la naïveté et dans ce cas c’est très grave de sa part, mais aussi de la part du corps éducatif qui ne lui a rien dit. Soit c’est une provocation islamique et elle vient en conscience.
Zohra Bita qui s’exprimait dans les Grandes gueules disait : « Ce n’est pas un voile anodin, c’est le voile noir du salafisme. Je ne sais pas si cette personne est proche de la mouvance salafiste, mais en tout cas le voile qu’elle portait n’est ni un vêtement banal ni un signe religieux anodin, c’est un symbole politique de l’islam politique et radical.» Quand on vient avec ce symbole-là, j’estime que c’est une provocation.

Un match France-Turquie doit avoir lieu dans le cadre des qualifications pour l’Euro. Certaines voix s’élèvent pour faire interdire ce match en raison de l’offensive turque au Moyen-Orient et du salut militaire. Demandez-vous aussi cette interdiction ?

Je demande cette interdiction parce que je n’ai pas envie que le sport soit pris en otage et que nous ayons une cérémonie de propagande militariste du régime d’Erdogan avec des joueurs turcs au garde-à-vous faisant le salut militaire. Je n’ai pas envie non plus que ce match vire à la confusion et au débordement avec des supporters turcs qui siffleraient la Marseillaise. Compte tenu du contexte extrêmement compliqué, il serait bien venu de faire interdire ce match.

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