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Editoriaux - Justice - Polémiques - Politique - 9 décembre 2019

Mélenchon : la République, c’est lui ! Et l’humanisme, c’est Marine Le Pen ?

Mélenchon outragé, Mélenchon brisé, Mélenchon martyrisé, mais Mélenchon libéré : la preuve en est que, dans le procès qui vient de se tenir ce lundi 9 décembre au matin, le pétulant patron de La France insoumise n’a écopé que de 8.000 euros d’amende et de trois mois de prison avec sursis. À la lecture de ce verdict, l’homme de bien ne peut être que soulagé.

De quoi s’agissait-il ? D’une perquisition un peu mouvementée dans les locaux de son parti, relevant de deux enquêtes préliminaires concernant les comptes de sa campagne présidentielle de 2017 et l’emploi d’assistants parlementaires au Parlement européen. Bon, le ton est vite monté et il est un fait que la maréchaussée n’a pas fait preuve d’une élégance de violette, tandis que l’ancien sénateur trotskiste s’exclamait : « La République, c’est moi ! »

Ce braillant, Jean-Luc Mélenchon n’a pas fondamentalement tort, l’onction électorale ayant, toutes proportions gardées, et ce, depuis deux siècles, remplacé le saint chrême de nos rois. Bref, lui et cinq de ses proches étaient donc mis en examen pour « actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation ».

Assez bizarrement, l’homme de bien – encore lui – sera en droit de se demander pourquoi on n’en fait pas tant pour les rappeurs des (bas) quartiers et les gauchistes des (beaux) quartiers qui, loin de prétendre être incarnation républicaine, se contentent d’en appeler au meurtre des flics et au viol de leurs veuves.

En attendant, le prévenu attendait cette condamnation comme d’autres le feraient d’une « décoration », tout en dénonçant à l’avance un « procès politique ». On ne saurait mieux dire, depuis la récente mise en examen de François Bayrou pour d’autres « emplois fictifs » et le procès ubuesque de proches de pour des motifs globalement semblables. En attendant, toujours, les comptes de campagne du candidat Emmanuel Macron ont plutôt fait tousser, à la CNCCFP, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Comme quoi Thémis, déesse de la justice, a beau avoir les yeux bandés, elle ne se perd pas dans le noir pour autant ; contrairement à un Jean-Luc Mélenchon ayant, lui, peut-être tendance à parfois s’égarer.

Ainsi, ce jeudi dernier, ce perpétuel énervé était-il surpris à faire du pied à sa meilleure ennemie, la présidente du Rassemblement national, à propos des actuels mouvements sociaux. Au début, ça commence en douceur : « Même Marine Le Pen dit qu’il faut manifester. Écoutez, c’est un grand progrès. D’habitude, elle passe son temps à chercher pouille aux Arabes et aux musulmans [ce qui demeure à démontrer, NDLR], et aujourd’hui, elle a compris que quelle que soit sa religion ou sa couleur de peau, on a tous des intérêts communs et qu’on est semblables et qu’à partir de soixante ans et plus, tout le monde est fatigué. » Ensuite, ça vire à la grande nouba : « Elle est en train de faire un progrès, en quelque sorte, en direction de l’humanisme, je ne vais quand même pas me plaindre de ça et quant à ses adhérents sur le terrain, ils sont les bienvenus. Aujourd’hui, ils viennent dans la tenue des cheminots, des gaziers, des électriciens. Comme on dit à  : profession vaut noblesse. »

Hormis le fait qu’on ne saisit pas très bien ce que « l’humanisme » vient faire en matière de grève plus ou moins générale, on ne peut que constater que la Méluche vient de faire un grand pas, peut-être pas pour l’humanité, mais au moins en direction du patriotisme.

PS : Olivier Faure, interrogé sur le sujet, déclare : « Marine Le Pen, on le sait, c’est depuis toujours la même chose, une couche de vernis social sur dix couches de racisme. Donc, je ne validerai jamais l’idée qu’elle est le moins du monde humaniste. » Fort bien. Au fait, qui est Olivier Faure ? Écrire à la rédaction, qui transmettra à qui de droit.

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