Il existe une loi de physique générale rendue célèbre par ce cher Newton : c’est sa troisième loi, la loi d’action/réaction, encore appelée « principe des actions réciproques ».

Son énoncé est simple :

« Tout corps A exerçant une force sur un corps B subit une force d’égale intensité, de même direction mais de sens opposé, exercée par le corps B. »

C’est une loi commode, facile à retenir parce que vérifiable quotidiennement, cela, dans tous les actes de la vie. Y compris en politique. Voyez M. Mélenchon, par exemple, qui, saisi d’une crise de fureur éructive et éruptive, s’en prit lors d’une perquisition à un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique. Action : plaqués contre la porte, obligés de subir les postillons furibards du patron de La France insoumise. Réaction : poursuivi pour « rébellion et provocation », Mélenchon vient de récolter trois mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende.

À noter qu’en politique, le principe des actions réciproques peut parfois aussi se décliner en omission-démission. Question de temps, plus exactement de « météo sociale », comme on dit aujourd’hui. Illustration, ce lundi, avec , le Monsieur retraites du gouvernement.

Voyons donc comment se décompose la chose.

Temps 1 de l’action : Le Parisien révèle, dimanche 8 décembre, le péché d’omission de celui qui appartient au gouvernement, depuis le 3 septembre dernier, en tant que haut-commissaire aux Retraites. Cette nomination l’oblige à une « déclaration d’intérêts » à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Or, il s’avère que cette déclaration est incomplète. Peut-être atteint d’une forme de phobie administrative, le haut-commissaire a oublié d’y signaler ses fonctions d’« administrateur de l’Institut de formation de la profession assurance (IFPASS) depuis 2016 ».

C’est fâcheux. Ça tombe mal, très mal même. Pourquoi ? Parce qu’en ces temps de gréviculture sur fond de réforme concoctée par ledit Delevoye, d’aucuns y voient un conflit d’intérêts caractérisé.

N’allez pas croire que Jean-Paul Delevoye s’en soit mis plein les poches profondes de sa gabardine. Non. C’est pour cela qu’au temps 1 de la réaction, le haut-commissaire se défend : pas de quoi fouetter un gréviste avec cette histoire ! « À l’IFPASS, c’est une fonction bénévole, je n’y vais quasiment jamais, car je n’ai pas le temps. Je ne connais rien dans le domaine de la formation des assureurs », dit-il.

Peut-être, répliquent ses détracteurs, mais les assureurs, eux, en connaissent un rayon sur les retraites. Ce qu’ils confirment d’ailleurs, se disant « très intéressés » par la réforme et se félicitant des « liens précieux » avec le haut-commissaire. Comme le rappelle Le Huff, le directeur général de l’assurance AG2R La Mondiale se félicitait, en octobre dernier, de l’avènement d’une « bonne réforme », « fondée sur le principe d’équité », qui « ouvrait en effet des perspectives » pour les assureurs. Traduction des opposants à la réforme : celle-ci ne sert en effet qu’une petite minorité, à savoir, justement, les assureurs et les banques engraissés par la capitalisation.

Ce qui nous amène au temps 2 de la réaction : Jean-Paul Delevoye a démissionné, lundi matin, de ses fonctions d’administrateur de l’IFPASS et s’explique dans un communiqué officiel :

« […] Depuis ma nomination en tant que haut-commissaire à la en octobre 2017, puis haut-commissaire aux retraites en novembre 2019, je n’ai assisté qu’à trois conseils d’administration, ma dernière participation remontant au 4 décembre 2018. »

Et donc, « pour clore toute polémique », il a rendu son tablier d’administrateur.

Pas sûr que cela suffise… Et vu la belle tête de fusible de Jean-Paul Delevoye, on pourrait bien avoir un retour de l’action/réaction : une démission du gouvernement, peut-être ?

 

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