Pastillage, emplacements réservés, logements sociaux… Derrière le jargon technique et rébarbatif du projet de nouveau plan local d’urbanisme (PLU), dit « bioclimatique », de la ville de Paris se cache, entre les lignes, une nouvelle guerre scolaire. En effet, avec ce nouveau PLU, adopté par le Conseil de Paris en juin dernier et actuellement soumis à une enquête publique, la municipalité prévoit de recourir massivement au pastillage. Ce dispositif permet de « réserver » des milliers d’emplacements pour en faire des logements sociaux.

Autrement dit, tout projet de construction, de restructuration, d’extension ou de surélévation d’un bâtiment situé dans l’un de ces emplacements devra affecter une part de sa surface (entre 30 et 100 %) à des logements sociaux. Dans ces emplacements réservés, on trouve aussi bien des bureaux, des établissements publics, mais aussi quelques écoles privées sous contrat. Et c’est là que le bât blesse…

Ces établissements privés concernés, au nombre de sept selon la direction diocésaine, ne pourront mener des travaux de rénovation ou d’agrandissement sans consacrer une part de leur surface à l’habitat social. Une menace qui pèse donc sur leur existence.

Des écoles menacées par le PLU

Ce 6 février, soit huit mois après le vote du projet de PLU en Conseil de Paris, l’Enseignement catholique de Paris finit par découvrir cette subtilité administrative. Immédiatement, la direction diocésaine, inquiète de voir certaines de ces écoles disparaître, alerte les chefs d’établissement concernés. « Nous avons constaté que le PLU classait certaines parcelles scolaires en logement sociaux, les contraignant à consacrer toute nouvelle surface à cet usage », peut-on lire dans son communiqué succinct. Elle recommande aux directeurs des écoles visées - à savoir Saint-Jean-Gabriel (Paris 4), Saint-Éloi (Paris 12), Sainte-Clotilde (Paris 12), Saint-Michel de Picpus (Paris 12), Saint-Vincent-de-Paul (Paris 13), Notre-Dame de France (Paris 13), Saint-Michel des Batignolles (Paris 17) - « de participer à l’enquête publique d’ici le 29 février 2024 en faisant valoir la nature de l’usage (établissement scolaire non lucratif associé à l’État par contrat) avec la nécessité de maintenir ces locaux aux normes d’accessibilité, d’hygiène et de sécurité, pédagogiques et environnementales par des travaux de restructuration conséquents et consommateurs de surfaces ».

Demande de déconventionnement de Stanislas

Cette menace qui pèse sur certaines écoles privées sous contrat de la capitale s’ajoute aux attaques répétées d’Anne Hidalgo contre l’enseignement privé, et notamment l’enseignement catholique. Bien qu’auprès de nos confrères d’Ouest-France le maire de Paris assure « respecter l’école privée » avec laquelle elle dit « travailler en bonne intelligence » et promet n’avoir « nullement l’intention de relancer [une guerre scolaire] », force est de constater que l’édile a largement participé à la cabale lancée contre le collège Stanislas. Ainsi, alors que le rapport de l'Inspection générale sur l’établissement ne notait pas de « faute susceptible de poursuites disciplinaires », la mairie de Paris a décidé de suspendre « provisoirement » les financements, pourtant obligatoires, versés au groupe scolaire parisien. Ce 9 février encore, en Conseil de Paris, Inès de Raguenel, conseillère de Paris du groupe Changer Paris, dénonçait cette « décision purement illégale » prise par Anne Hidalgo. « Ces subventions sont tout simplement obligatoires, les collectivités ne peuvent suspendre ces dépenses sans que le contrat ne soit résilié ou non reconduit, tempête l’élue d’opposition. Cet acharnement ne peut dissimuler une forme de détestation à l’égard d’un modèle fondé sur l’excellence. »

Un plaidoyer non entendu par la mairie de Paris qui, dans un texte adopté le même jour, a demandé « au ministère de l'Éducation nationale le déconventionnement de l'établissement privé Stanislas, à moins que l'établissement ne se mette en conformité avec les recommandations formulées dans le rapport de l'Inspection générale, et avec les lois relatives à la lutte contre les discriminations, dont le sexisme et l’homophobie ». Par ailleurs, la majorité exhorte le rectorat à mener « une enquête exhaustive auprès des établissements privés sous contrat afin de vérifier la conformité de leurs pratiques avec le Code de l’Éducation et le respect des valeurs républicaines ». La même semaine, la mairie de Paris accueillait l'économiste Julien Grenet pour qu'il présente ses travaux sur la « mixité » en milieu scolaire. L'occasion, une nouvelle fois, de s'inquiéter que les parents parisiens choisissent de plus en plus de scolariser leurs enfants dans le privé et d'appeler les pouvoirs publics à imposer des règles de mixité et à mieux contrôler ces écoles privées.

Quarante ans après le projet de loi Savary, Anne Hidalgo, si elle ne rouvre pas frontalement la guerre scolaire, laisse tout de même planer une lourde menace sur les écoles privées parisiennes.

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12 février 2024 à 18:10

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35 commentaires

  1. Encore une qui n’aime pas la France puisque, selon Wikipedia, elle a eu avec ses parents la nationalité francaise le 25 juillet 1973, à l’âge de 14 ans, et qu’en 2003, donc à 44 ans, elle a repris la nationalité espagnole et a la double nationalité. Paris ne devrait pas être gérée par une opportuniste. Puisqu’elle aime tellement l’Espagne, qu’elle y retourne et abandonne l’assiette au beurre.

  2. Tout fonctionne bien quand il s’agit de bouffer du curé. On aurait pu croire avec le temps que les réminiscences de 1789 seraient digérées… mais non ,même pour promouvoir l’Islam en espèrant qu’il en viendra à bout ,les soi- disants défenseurs de la laïcité ne lâchent pas.
    En avant donc contre l’école privée et dans la foulée contre CNews ..au nom de la liberté d’expression sans doute ?

  3. Le corps électoral français devrait prendre enfin conscience qu’il convient de sérier les problèmes non seulement par ordre d’importance mais en tenant également compte du contexte.
    La tentative d’Anne Hidalgo contre l’école privée française est, certes, un phénomène de grande importance qu’il convient de considérer avec tout le sérieux démocratique dont nous sommes (peut-être) encore capables.
    Mais en dernière analyse, le fait que des personnes disposant de tels pouvoirs en France jugent bon de reprendre leur passeport d’origine après avoir choisi la nationalité française, ne manque pas d’importance.
    À partir de là, en effet, une question légitime s’impose : « Le choix d’un second passeport est-il de nature à garantir une volonté irréductible de privilégier l’intérêt de la France traditionnelle ? »

  4. Menace sur le écoles privées parisiennes, sans doute, mais toute la classe privilégiée qui y scolarisent leur progéniture n’en n’a cure; les enfants iront dans des collèges , institutions à l’étranger pour y recevoir une éducatin adaptée à leur caste.

  5. Cette femme est un danger pour Paris et pour le pays avec les idées qu’elle génère.
    C’est à se demander pourquoi les parisiens l’ont élue une 2ème fois, cependant si les élections se sont passées de la même manière que pour les trottinettes et les SUV où un nombre infime de personnes s’est déplacé pour voter, il ne serait pas étonnant qu’elle passe une 3ème fois !
    Il faut la virer d’urgence pour arrêter toutes ses décisions qui vont à l’encontre de la ville.

    1. Cette gauche anti-française n’est que l’idiot utile de nos véritables maîtres, qui se cachent du côté de Davos.

  6. Hidalgo a bénéficié du « nivellement par le bas » cher au « mammouth », qu’aucun ministre n’a encore réussi à dégraisser. Evidemment qu’elle préfère cette méthode puisqu’elle permet de remplacer le mérite par le piston communautaire (qu’elle pratique largement)

  7. Hidalgo doit être destituée de son poste de Maire , elle a fait de Paris une « cour des miracles  » elle compare le quartier « Stalingrad » aux champs Elysée et maintenant elle s’attaque à fermer les écoles privées catholiques pour y loger ses chers migrants musulmans !!!

  8. N’est il pas de temps de déposer plainte contre Mme Hidalgo?
    Avec obligation de passer une visite médicale du travail.

  9. Il faut changer le système électoral du maire de Paris et revenir au régime commun de toutes les mairies de France.

  10. La Haine de l’Excellence est l’essence même de la gauche pour se faire élire Les Parisiens vont s’en mordre les doigts ainsi que les diocèses car avec les socialistes la charité bien ordonnée commence par la main sur le cœur et l’autre main sur le portefeuille du contribuable !!!

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