Les évêques sont, de génération en génération, les successeurs des apôtres. Il est malheureusement patent qu’aujourd’hui, en France, fille aînée de l’Église, ils n’ont pas été fidèles comme ces derniers à leur engagement et à leur vocation dans la crise du Covid-19. Leur grande majorité et leur Conférence ont refusé le combat et tout simplement déserté en laissant l’État leur dicter sa loi, au mépris même de l’application de la loi de séparation des Églises et de l’État, comme l’a reconnu le Conseil d’État, qu’ils n’ont pas eu le courage de saisir.

Écoutons saint Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : « Ils sont ministres du Christ ? Eh bien, je vais dire une folie, moi, je le suis davantage : dans les fatigues, bien plus ; dans les prisons, bien plus ; sous les coups, largement plus ; en danger de mort, très souvent. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ; trois fois, j’ai subi la bastonnade ; une fois, j’ai été lapidé ; trois fois, j’ai fait naufrage et je suis resté vingt-quatre heures perdu en pleine mer. Souvent à pied sur les routes, avec les dangers des fleuves, les dangers des bandits, les dangers venant de mes frères de race, les dangers venant des païens, les dangers de la ville, les dangers du désert, les dangers de la mer, les dangers des faux frères. J’ai connu la fatigue et la peine, souvent le manque de sommeil, la faim et la soif, souvent le manque de nourriture, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste : ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les églises. » Et il est mort décapité à Rome vers l’an 64. Fermez le ban ! Qu’en pensent nos évêques ?

Sans saint Paul, pas d’Église. Avec nos évêques, plus d’Église. Alors que cette épidémie et ses conséquences sanitaires et sociales sont une occasion historique de réaffirmer la part de gouvernance de l’Église comme elle l’a toujours assurée par le passé au cours des grandes épidémies et des grands crises en se consacrant héroïquement au service du bien commun et au soulagement physique, moral et surtout spirituel du peuple. Occasion manquée. La dernière fois que les églises de France ont été fermées, ce fut sous la Terreur, en 1793. Des milliers de prêtres, d’évêques, de moines et de moniales sont montés à l’échafaud. On ne leur en demande pas tant, mais les fidèles auraient aimé pouvoir suivre avec confiance et détermination au moins une grande voix. Un saint Paul.

Si les évêques continuent de mettre voix, mitres et crosses au placard, le troupeau des fidèles va se disperser faute de bergers, les maires feront de leurs églises des salles de spectacle rentables, l’islam en exigera sa part comme naguère à Séville et Cordoue, plus récemment à Tripoli et bientôt, peut-être, à Sainte-Sophie d’Istanbul, et les cathédrales, sièges épiscopaux, deviendront des musées où des parcours de religiosité seront organisés par le ministère de l’Intérieur et sans doute coachés par un évêque jureur.

De cela, nous ne voulons pas.

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