La France des gilets jaunes, c’est la Commune de Paris à l’envers

À l’heure où notre Brigitte (Bardot) nationale porte le gilet jaune, à l’heure où – fantastique nouvelle – François Hollande et moi serions (presque) d’accord à propos du mouvement des gilets jaunes, il est temps d’éclairer ce qui se passe dans notre pays à la lumière de l’Histoire de France, c’est-à-dire de resituer en toute objectivité cette affaire.

Premier constat : l’Histoire de France n’est pas remplacée par celle de l’Europe, n’en déplaise à Macron. Elle existe bel et bien et s’écrit, semble-t-il, sous nos yeux.
Second constat, de taille : le divorce entre certaines couches de la classe mondialisée au pouvoir et la « France qui se lève tôt » tourne au conflit ouvert.

Mais ce n’est pas la seule surprise !

Castaner ne connaît pas l’Histoire. C’est une certitude, nul besoin de décrire ses multiples bourdes. Macron croit la connaître et il s’y noie dès la première phrase, démontrant à longueur de discours et de décisions son insuffisance « en même temps » que sa suffisance en la matière. Griveaux les vaut…

Alors, puisque ces grands personnages de la Macronie ne comprennent rien à l’Histoire qui s’écrit malgré eux, expliquons-leur doucement.

Contrairement aux sempiternelles « années trente », allusions complètement à côté de la plaque, le mouvement des gilets jaunes m’inspire une autre analogie. Avec la Commune de Paris, mais une sorte de Commune de Paris à l’envers.

En 1871, un Paris ouvrier, invaincu et revanchard, s’insurge contre le gouvernement élu par une Assemblée majoritairement monarchiste et pacifiste et qualifiée, par les Parisiens, d’« Assemblée de ruraux ». Le gouvernement fuit Paris et s’installe à Versailles.

En fait se dessine une vraie coupure entre Paris et le reste de la France, une opposition qui deviendra vite irréductible et tragique.

Aujourd’hui, une autre coupure entre Paris et la province se dessine, mais en sens inverse.

Le Paris bobo-écolo des jeunes cadres branchés profite de la mondialisation. Son intérêt bien compris s’oppose à celui des départements éloignés, des zones d’emploi menacé et précaire, des petites villes, de la France des gilets jaunes. Paris s’est enrichi, le moindre appartement acheté il y a trente ou quarante ans a vu sa valeur multipliée par un coefficient bien supérieur à l’inflation correspondante.

La famille de province qui vit dans son lotissement, dont l’emploi est vulnérable au gré des fusions, des rachats ou des faillites, qui dépend de sa voiture pour toute sa vie quotidienne et qui travaille dur ne peut comprendre ces urbains qui ne connaissent rien de la vie contraignante des zones rurales. Là-bas, les renards égorgent encore les poules, les corbeaux sont toujours nuisibles, les souris y bouffent les fils électriques, les activistes vegans seraient des Martiens qui pourraient y connaître de graves ennuis. Les réactions des vacanciers, qui ne supportent pas le son des cloches ou le chant du coq, exaspèrent et ne font plus sourire. Les radars sont devenus des cibles.

Tout oppose ces deux France-là, comme les deux France de 1871. Nul ne sait comment se terminera cet antagonisme.

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