Bizarrement, cette semaine, dans Le Monde et Closer paraissent des articles sur l’entreprise de restauration des 365 pièces du palais présidentiel, menée par Mme Macron et, « pour rien au monde, ne raterait l’accrochage d’un nouveau tableau dans sa demeure » (sic). Le journaliste du Monde explique qu’ont commencé les travaux dans la salle des fêtes de l’Élysée, mais depuis son arrivée, l’épouse de M. Macron s’est « attelée » à la tâche et dans l’ameublement comme dans la décoration (tableaux, tapis, objets…), bien des choses ont déjà été changées : dans le bureau, par exemple, « une pièce de béton signée Francesco Passaniti, commandée par Renaud Donnedieu de Vabres »… Alors, même si ces articles (surtout dans le très sérieux Monde) sont justifiés par l’actualité, sont-ils vraiment opportuns lorsque les gilets jaunes sont partout et que le Président est attaqué de toutes parts, sa majorité même branlant dans le manche ? Faut-il y voir perfidie, pour donner du grain à moudre à ses détracteurs ? Il suffit de lire les commentaires pour penser que le calcul est bon, si calcul il y a.

Pourtant, en soi, pas grand-chose à redire : il est fort probable que les ajouts et échanges se font à partir des réserves de l’État, sans coûter beaucoup plus que l’installation (enlever la moquette, redonner son lustre au parquet « en point de Hongrie » et installer les tapis). Et, dans tous les cas, des entreprises françaises sont sollicitées et, donc, du travail est fourni à nos concitoyens : c’est un argument que j’ai déjà lu sous la plume de macroniens convaincus et il n’est pas faux.

Où est, alors, le problème ? Le Président aurait-il oublié les travaux de son maître Paul Ricœur sur le symbole et la symbolique ? Ce que décryptent les gens derrière le sens premier, littéral, « l’épouse du Président s’attelle à dépoussiérer le palais de l’Élysée » et « bras croisés sur son costume bleu nuit, scrute les moulures dorées du plafond, son chien Nemo à ses pieds. Cinq jours après la première journée d’action des gilets jaunes »…, c’est que ce couple s’occupe d’abord de son confort, de ses plaisirs, de sa satisfaction, de son image. Et ils repensent à la piscine de Brégançon, aux courses à Jet Ski® dans des coins interdits aux véhicules à moteur (Valeurs actuelles du 29/8/18), aux innombrables déplacements, aux paroles lourdes de mépris d’Emmanuel Macron pour les petits, les sans-grade. Alors ils pensent pouvoir conclure à l’indifférence radicale, sans appel, de ce jeune Président, chouchouté par banquiers et médias, enivré de ses succès, drogué aux vapeurs d’encens, indifférent au sort de ses compatriotes pas logés dans les bonnes cases. Ils ne sont pas ravis de savoir qu’« Emmanuel adore le béton » et qu’il faut « que la lumière entre », qu’ils sont tous deux « amoureux du noir ». À vrai dire, ils avaient cru s’en apercevoir…

2 décembre 2018

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