Le 23 novembre dernier, l’évacuation des 500 Afghans de la place de la République, à Paris, avait fait couler beaucoup d’encre. Au terme d’une tragi-comédie médiatique, et après le désaveu de la par le président de la République et le ministre de l’Intérieur, ces immigrés clandestins soutenus et instrumentalisés par de nombreuses associations comme Utopia56 ou Médecins du monde, mais aussi par des élus d’extrême gauche, ont obtenu ce qu’ils voulaient : un logement, promis par Marlène Schiappa, ministre de la Citoyenneté, et Emmanuelle Wargon, ministre du Logement. La farce tragique, bien rodée, s’est déroulée sans accroc : les associations de soutien aux migrants ont obtenu gain de cause et les pouvoirs publics ont cédé face à un groupe de pression minoritaire mais très actif, qui compte de puissants appuis dans les médias.

Qu’est-ce que cela nous dit du mode de fonctionnement de l’État, et de ce gouvernement en particulier ?

Cette séquence est révélatrice de la faiblesse et de la fébrilité de l’État face à toute force contestatrice, dès lors qu’elle est violente. Elle est également emblématique du prisme idéologique imposé par des lobbys pro-migrants, relayé par les médias, qui fausse complètement la réalité de l’immigration en France. En clair, ils ont peu à peu imposé une grille de lecture des faits qui n’a que peu à voir avec la réalité… et même dicté l’agenda politique du gouvernement en matière d’immigration.

Prenons, par exemple, le cas des mineurs isolés, évalués à 40.000 en France, pour un coût de prise en charge de deux milliards d’euros. En janvier 2019, le gouvernement prend la décision de créer un fichier biométrique d’appui à l’évaluation de la minorité des étrangers, dont la gestion serait alors assurée par les préfectures, donc le ministère de l’Intérieur, en amont de l’entretien de demande d’aide sociale à l’enfance (ASE) auprès de l’administration départementale. L’objectif est de rationaliser, un peu, cet accès à l’ASE gérée par les départements : ce sont, en effet, les structures locales qui, jusqu’alors, évaluaient la minorité des étrangers demandant l’ASE, minorité évaluée le plus souvent par un simple entretien. Clairement, il s’agissait de combattre la fraude, mais aussi la gestion politique de ce volet de la politique migratoire. En effet, selon un rapport public de 2018 cité par Le Monde, le taux de reconnaissance de la minorité varie de 9 à 100 % d’un territoire à l’autre… Ce fichier visait donc à empêcher un clandestin de se présenter dans plusieurs départements jusqu’à ce que l’évaluation lui soit favorable, car s’il n’est pas déclaré mineur, il peut alors faire l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire.

Branle-bas de combat des associations : une vingtaine d’entre elles, dont l’UNICEF, Médecins sans frontières, le Secours catholique, la CIMADE, le Syndicat de la magistrature, auxquelles se joint le Défenseur des droits Jacques Toubon, saisissent le Conseil d’État pour faire annuler ce décret de création du fichier biométrique, tandis qu’elles portent également ce texte devant le Conseil constitutionnel. Ce dernier validera finalement la création de ce fichier biométrique.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Quinze départements, dont la Seine-Saint-Denis, ont déclaré alors qu’ils ne mettraient pas en œuvre ce nouveau système.

Un des très nombreux exemples du lobbying pro-migrant exercé par les associations, qui parvient, dans les faits, à détourner ou annihiler les timides tentatives de l’exécutif de réprimer l’immigration clandestine. Mais aussi l’exemple d’un État pléthorique et mal organisé qui gouverne selon les humeurs d’une petite partie de l’opinion publique, cède devant les groupes de pression et renonce ainsi, chaque jour un peu plus, à l’exercice de son pouvoir régalien.

Il y a quelques jours, un « mineur isolé » a été arrêté à Nîmes, après plusieurs agressions et cambriolages sur des personnes âgées. Affirmant aux policiers être âgé de 15 ans, sous la foi de faux papiers d’identité, il avait été relâché. Ce n’est que l’obstination d’un juge pour enfants du tribunal de Nîmes qui a permis de découvrir que le délinquant, multirécidiviste, était âgé de 22 ans. Comment ? Grâce à un examen osseux qui n’avait jamais été réalisé auparavant.

1 décembre 2020

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