Après une longue période de glaciation, La République en marche semble sortir lentement de sa léthargie. Un phénomène de réchauffement électoral venu de l’horizon 2022 voit le parti s’ébrouer. Le réveil a sonné. Quand faut y aller, faut y aller. Mais où ? Comment ? Avec quel programme ? Enfer et damnation, LREM est une bien belle boîte, mais elle est vide.

Qu’à cela ne tienne, les adhérents vont être appelés à la remplir avec des « causes » qu’ils pourront créer selon leur inspiration du moment. Ici, un groupe sera « contre la tauromachie », là-bas « pour le 100 % bio dans les cantines » ou encore « pour la parité dans les conseils d’administration », la couleur des rideaux de l’Élysée et autres thèmes qui préoccupent les Français. « Chacun fera ce qu’il veut, réunira qui il voudra », se réjouit l’un des stratèges de l’opération cité par L’Opinion. À demi-mot, les instigateurs ne cachent pas que le programme électoral sera élaboré sur le principe du vide-greniers. « Vous avez des idées dont vous ne savez que faire, LREM les reprend pour sa campagne. » Petit à petit, le coucou électoral fait son nid.

Après collecte, ces centaines de « causes » seront réunies en une « coalition » dont un « comité d’experts en tirera des idées destinées à alimenter le programme du candidat », selon L’Opinion. De ce marasme constitué de tout et son contraire, les brocanteurs-chiffonniers du parti tenteront de séparer le bon grain de l’ivraie. Vieux vêtements acceptés, cravates en bon état… Le candidat ne sait pas non plus comment s’habiller pour aller dans les meetings.

Le tout est inspiré, comme il se doit, de la campagne présidentielle américaine. Un procédé venu d’ailleurs pour aller glaner des idées dans l’air du temps auxquelles ils n’ont pas pensé. Peu de partis pourront se vanter d’atteindre une telle perfection dans l’art de manier le néant.

À cette bouffonnerie, il convient d’ajouter que l’activité d’enfonçage de portes ouvertes est fortement recommandée. Les associations pour le bien-être des animaux seront les bienvenues. L’énumération livrée à L’Opinion par le porte-parole du mouvement laisse à penser que le parti a été infiltré par des dissidents de la SPA : « Certains se mobilisent pour les animaux de cirque, d’autres pour les dauphins ou les animaux de compagnie. Les causes sont les nouveaux clivages. » Les pro-caniches, les anti-poissons rouges… Il n’a pas échappé à LREM que la société était divisée.

Le porte-à-porte d’antan étant proscrit en raison de la pandémie, cette moisson de « causes » s’effectuera via Internet. D’où la possibilité, pour les opposants, d’envahir le site de revendications loufoques et, ainsi, de voir venir défendre la cause des échangistes du Bas-Berry ou proposer la suppression de « Questions pour un champion ». Français, à vos claviers ! L’acteur attend vos suggestions.

Pour stocker ces sacs de « causes », LREM a trouvé un local adapté à son ambitieux projet. « 2.800 m² répartis sur deux immeubles de six et sept étages séparés par une terrasse avec un parking en sous-sol », dixit L’Opinion. Une sorte de « causerie » autour de laquelle viendront se greffer des satellites tels qu’une association Renaissance consacrée aux sujets européens, une maison d’édition et l’incontournable entité chargée de défendre les droits des personnes LGBT+.

Dans le souci de séduire l’électorat écolo, l’ensemble de ce conglomérat sera reconverti, après élection, en moulin à vent.

23 février 2021

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