Radio France : attaquer Bolloré et le Canon français tout en écrivant dans StreetPress
Au royaume de la neutralité, les journalistes du service public sont rois. La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a révélé bien des entorses, mais un cas est passé in extremis entre les filets de Charles Alloncle. Celui de la journaliste de Radio France Mathilde Cariou. Celle-ci crée la polémique, ces derniers jours, en relayant sur les réseaux sociaux les attaques de l’influenceur écolo d’extrême gauche Gaëtan Gabriele. L’homme de 38 ans, dont le compte Instagram est suivi par plus de 430.000 personnes, a publié une vidéo pour dénoncer « la liste des trucs à boycotter appartenant à Bolloré ». La publication, vue plus de 5 millions de fois, se veut une réponse à la déclaration de Maxime Saada, le directeur de Canal +, annonçant ne plus avoir l’intention de travailler avec les signataires de la fameuse pétition publiée dans Libération, appelant à « Zapper Bolloré ». L’influenceur va jusqu’à inclure dans son panier de la ménagère le célèbre jeu de société allemand Skyjo, qui se vend chaque année en France à plusieurs millions d’exemplaires.
Boycotter le Skyjo
En effet, celui-ci est distribué par Blackrock Games, une entreprise rachetée en 2019 par le groupe Hachette, propriété depuis 2023 de l’homme d’affaires honni par la gauche française. Il y a une semaine, la journaliste de Radio France relaie l’initiative de Gaëtan Gabriele et crée le scandale. Dans sa vidéo publiée par France Info, Mathilde Cariou explique l’initiative appelant au boycott du Skyjo et développe les raisons pour lesquelles le jeu appartient bel et bien à la « galaxie Bolloré ». Et de citer le « Blanc-manger coco » ou le « 6 qui prend » ainsi que des jeux vidéo, tombant aussi dans l’escarcelle de Vincent Bolloré, le « milliardaire ultraconservateur ». Tout en prenant un malin plaisir à souligner sournoisement que – doux Jésus – le Breton fortuné « possède déjà de nombreuses marques dans le monde de la culture, des médias et de l’édition ».
La publication a de quoi surprendre, tant elle amplifie sournoisement l’appel au boycott d’un homme qui ne cache pas ses engagements radicaux. Les publications de Gaëtan Gabriele sont politiquement sans équivoque. En sus des soutiens aux pétitions soutenues par La France insoumise contre les lois Yadan et Duplomb, on retrouve par exemple une dénonciation des « 16 ans de règne fasciste » de Viktor Orbán à l’occasion de sa défaite électorale. Ou encore un trait d’humour ravageur à l’occasion du premier tour des élections municipales et des forts scores du RN près de la Méditerranée : « Comme quoi il y a des fachos dans le sud, et pas seulement à cause du réchauffement climatique. »
Les attaques contre le Canon français
Les réseaux sociaux n’ont pas manqué de s’enflammer. « Merci France Info pour ce super travail d'investigation. On paie cher, mais au moins, ça sert à quelque chose ! » s’exclame par exemple le truculent compte Nicolas qui paie sur X.

L'article, signé Mathilde Cariou, a depuis été anonymisé.
Mathilde Cariou n’en est pas à sa première polémique. C’est elle, en effet, qui sonnait l’hallali contre le Canon français, il y a un mois, en jetant l’opprobre sur la désormais célèbre entreprise de bons vivants, en écrivant un article à la méthode très contestable. Dans un papier intitulé « Insultes racistes, saluts nazis : à Caen, le "banquet normand" financé par Pierre-Edouard Stérin dégénère », publié par ICI Normandie, la journaliste du service public relayait avec beaucoup de complaisance des témoignages de militants LFI, sans aucune nuance, faisant passer de facto tous les amateurs de ripailles pour des cinglés de la pire espèce. Les faits relatés n’avaient pourtant aucun lien avec le banquet lui-même et servirent d’alibi à l’eurodéputée mélenchoniste Emma Fourreau pour lancer une cabale ignominieuse contre le Canon français, alimentée par toute la presse militante de gauche.
Service public et StreetPress
L’impartialité du service public mise à mal n’a pas laissé les internautes indifférents, qui n’ont pas manqué de réagir et de dénoncer les méthodes de la journaliste de Radio France. Au point que Matthieu Mondoloni, directeur de l’information du réseau ICI, s’alarme du « harcèlement » dont sa journaliste serait victime, allant même jusqu’à retirer le nom de la signature de l’article sur le banquet normand du Canon français. « Nous sommes très inquiets pour nos journalistes de terrain qui sont en première ligne », expliquait-il, dans Télérama. En revanche, d’une entreprise jetée en pâture et salie de la sorte, il ne sera pas question.
Pourtant, le profil de Mathilde Cariou interroge. Il y a quelques mois, celle-ci signait un article dans le média d’extrême gauche StreetPress sur la flottille de Gaza. Étonnant hasard, on y retrouve les exploits de la députée européenne Emma Fourreau qui s'apprête à prendre courageusement la mer. Celle-là même qui s'acharne sur le Canon français au point qu'un dépôt de plainte contre la parlementaire LFI a été annoncé par les dirigeants de l'entreprise. À tout le moins étrange, pour une journaliste du service public, contrainte à la neutralité et l’impartialité. Le 8 août et le 3 septembre, la journaliste de Radio France effectuait deux reportages sur la loi Duplomb, et entre les deux, comme une lettre à la poste, elle signe, dans une officine de La France insoumise, un papier mielleux dont l’intitulé, « On est les petites mains de la grande cause : les marins bretons préparent la prochaine flottille pour Gaza », laisse entendre une belle complaisance militante. À l’heure où cet article est publié, Mathilde Cariou et Radio France n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Un biais idéologique
Pourtant, il suffit par ailleurs d’étudier un peu les sujets traités par Mathilde Cariou pour déceler un biais idéologique que révèlent certains d’entre eux. En décembre 2023, la journaliste se penche par exemple sur le monde des artistes : « Depuis le vote de la loi immigration la semaine dernière, le spectacle vivant est traversé par de nombreuses inquiétudes et questionnements. » Deux mois plus tard, après la publication d’une note du Vatican sur la bénédictions des couples homosexuels, elle creuse le sujet : « Les catholiques LGBTQI+ ne sont toujours pas pleinement acceptés au sein de l'Église. ». En octobre 2025, elle revient sur la peste brune qui menace Brest : « "On n'avait pas vu ça depuis les années 80" : à Brest, les violences d'extrême droite se multiplient. »
Réformé il y a un an, le réseau ICI, fusion de France Bleu et des antennes régionales de France 3, est commun à Radio France et France Télévisions. Lorsque, dans son rapport sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle a proposé une série de mesures pour garantir une meilleure neutralité, impartialité et éthique du service public, le groupe France Télévisions a contre-argumenté dans une littérature fleuve pour expliquer qu'en la matière, « des obligations renforcées s’appliquent déjà aux personnes les plus exposées ». Les Français ne sont pas des dindes.
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20 commentaires
Qui dit service public dit compte à rendre! L’audiovisuel public contrairement à ce qu’elle pense n’est pas un quatrième pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) et doit se conformer à des normes ou du moins du bon sens. De plus, tout politiser ne donne aucun répit au peuple et ne représente en rien ses aspirations. Oui le peuple de France n’est plus de gauche et l’audiovisuel public ne représente en rien ce pour quoi il paie. La démocratie c’est aussi représenter le peuple!
Ceux qui s’en prennent aujourd’hui au Groupe Bolloré se souviennent-ils qu’avant son intervention bien des Entreprises qu’il gère aujourd’hui allaient dans le mur, faillite inévitable à la clef ? Croient-ils que ceux qui y travaillaient étaient plus heureux et libres qu’aujourd’hui ? Pensent-ils que le fil conducteur de Bolloré était la politique ? Evidemment, non. Leurs critiques aujourd’hui sont stériles voire même malfaisantes.
A propos du Canon français : les chiens aboient. La caravane passe.
Posons-nous cette question de fond : qui, au sens large, est à l’origine de ce déséquilibre social qui conduit à des tensions, des agressions, des actes barbares au quotidien , à une détestation du pouvoir politique ?
En tête de gondole, le premier de cordée par son esprit fantasque, ses indécisions, ses comportements et fréquentations hors sol. Il est gaillardement secondé par les agents de LFI lesquels ne sont que des Macron au carré, sans pudeurs. Là où le Président fait silence, LFI supplée, prend la parole et développe (cf notamment affaires Quentin Deranque , antisémitisme, génocide palestinien ). La paire a le même objectif, la déconstruction de la France. La paire laisse vivre une délinquance qui participe, une justice aux abois à en perdre toute crédibilité. Macron observe sans un mot, se tenant éloigné de sa prétention « l’effet Notre Dame » a ne surtout pas appliquer dans la construction de ces prisons indispensables. Ce qui serait contraire à la conduite de son objectif.