Editoriaux - Politique - 16 mars 2020

Jusqu’à quand la démocratie ringarde du papier ?

54,5 % d’abstention pour ce vote maintenu dans la plus totale incohérence avec les autres mesures draconiennes concernant les rassemblements.

Les citoyens ont écouté le Premier ministre : ils ne se sont pas rassemblés dans les bureaux de vote !

Mais au siècle de l’informatique, du Net et des télécommunications actives, il demeure un double non-sens dans l’exercice pour le moins « rétro » du passage devant une urne bien matérielle qui, pour cette échéance, rappelle bien inopportunément sa consœur des services funéraires !

D’abord, la consommation pléthorique, redondante, pour ne pas dire inutile, de papier durant la campagne s’ajoutant à celle du jour du scrutin. L’écologie est bien mise à mal, sans que les Verts ou Greta Thunberg ne s’en offusquent.

Ensuite, le déplacement physique des citoyens vers des bureaux de vote qui nécessitent nombre de présidents, assesseurs et agents divers. Dépouillements, pour conclure, qui rappellent les criées d’un autre siècle.

Nous communiquons avec les banques, les fournisseurs d’énergie et d’eau, les mutuelles, les administrations – dont le fisc, très en pointe sur ce champ – via notre ordinateur. Un exemple vécu : le changement d’adresse d’une carte grise ne peut se faire, désormais, que par Internet.

Nous pouvons élire les membres d’un bureau de société, d’association, lancer une pétition, passer des commandes en toute sécurité en cliquant tranquillement dans le confort reposant de sa maison.

Pourquoi le bel exercice et droit de vote ne peut-il s’exercer par la même voie ?

Contraire à une réelle et exacte expression  démocratique, risque de défauts, saturations ou fraudes massives à l’exemple des cartes vitales ? Ou, pire, « bug » (en français, « bogue ») massif et, bien plus dangereux encore, attaque des « hackers » (en français « hackeur » et « hackeuses ») russes ou chinois, voire américains ?

D’aucun prétendront que certaines personnes âgées, dépendantes ou handicapées, ne sauraient utiliser ce moyen. Je crois le contraire – surtout en ce jour de réclusion forcée des personnes en EHPAD -, avec l’aide d’associations dûment autorisées.

Si le Covid-19, bien plus retors que ces obstacles, pouvait engendrer un effet secondaire positif, la société française, la démocratie et, pour tout dire, notre République y gagneraient sans doute…

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