Editoriaux - Société - 26 septembre 2019

Jouets « genrés » : cachez ce stéréotype que nos enfants ne devraient voir !

Eh oui, encore une parodie du Tartuffe ! Carl von Clausewitz a énoncé que l’art de la guerre, c’est aussi celui de la multiplication des fronts afin de disperser, si c’est possible, les forces de l’adversaire et concentrer en un point son attaque décisive pour y gagner localement, puis tout emporter. L’agenda des progressistes en témoigne : la « mère des batailles » sur le théâtre des opérations anthropologiques est actuellement celle de la PMA sans père, mais des diversions existent. Leur monde rêvé se profile, où l’État s’efface, où se délite la famille et où rien n’entrave plus la domination des intérêts du « grand capital » sur la personne. Le genre, cette théorie qui n’existerait pas, continue de s’insinuer sournoisement partout. Une charte pour une représentation mixte des jouets devrait être signée entre l’État et les producteurs et distributeurs de jouets.

L’idée est d’éradiquer tout stéréotype de genre qui serait véhiculé par la conception ou la commercialisation d’un jouet : ne pas réserver aux garçons les jouets scientifiques, aux filles les jouets ménagers, obliger les notices à la neutralité, faire qu’une gamine se déguise en mousquetaire et son frangin en princesse. La rémanence d’un cliché encombre immédiatement à l’esprit, celui de Najat Vallaud-Belkacem, un temps calamiteux ministre de l’Éducation nationale, contemplant avec un sourire triomphal un enfant dans une école maternelle en train de jouer avec une poupée.

On peut sourire quand on réfléchit à la portée effective d’une telle charte. Combien d’industriels français du jouet existe-t-il encore, aujourd’hui, qui survivent à la puissance de l’ogre chinois ? Et l’ogre chinois se laissera-t-il imposer par ses distributeurs français des notices et des emballages qui seraient conformes à cette charte ? Le doute est permis…

Est-il permis de douter encore ? Est-ce de moins jouer avec des jouets dits scientifiques qui fait que les cohortes d’ingénieurs hommes dépassent celles des femmes ? La pratique de la dînette enfant induit-elle un déterminisme qui pousserait dans le futur vers les tâches domestiques ? Produisez vos preuves !

Les cas pathologiques marginaux d’intersexuation ou de dysphorie de genre existent et méritent les soins bienveillants de la société, mais il serait temps qu’ils cessent de servir d’alibi à ces élucubrations. Bien sûr, le genre fantasmé des progressistes se fracassera un jour contre le mur du réel. On ne choisit pas d’être d’un sexe ou de l’autre, ou de passer de l’un à l’autre au gré de ses envies, ou de n’en point avoir. Le suggérer à des enfants est un mensonge – un de plus – pour vendre un brouet transhumaniste où l’argent pourrait abolir les limites de notre corps et de notre esprit. Notons, aussi, le paradoxe de cette nouvelle itération du « et en même temps » : ils se disent écologistes mais tentent de supplanter dans l’homme lui-même ce que la nature impose.

Les jouets, c’est pour les enfants, ces personnes encore fragiles et en construction que l’État veut éduquer « à l’insu du plein gré » de leurs parents respectifs. Ce n’est pas nouveau, tous les régimes totalitaires ont succombé à la tentation de façonner la jeunesse pour la rendre conforme à ses idéologies. Totalitaire ? Oui, d’un genre soft et hypocrite, mais je pèse mes mots.

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