Audio - Editoriaux - Entretiens - International - Politique - 27 septembre 2018

José Maria Ballester : «Valls est bien accueilli par l’establishment barcelonais, mais il est inconnu des petites gens”

Manuel Valls a officialisé sa candidature à la mairie de Barcelone, sa ville natale.

José Maria Ballester évoque l’accueil contrasté qui est réservé à l’homme politique dans la capitale catalane et fait le point sur les forces en présence pour les élections municipales de mai 2019.

Manuels Valls a officialisé sa candidature à la mairie de Barcelone. Une décision qui est assez inédite dans l’histoire, puisque Manuel Valls est un ancien ministre de l’Intérieur et ancien Premier ministre de la France. Aujourd’hui, il est candidat dans la ville d’un pays étranger. Comment les Catalans et les Espagnols voient-ils cette candidature ?

C’est vrai que c’est un fait assez exceptionnel. Cela dit, Barcelone est sa ville natale. Il a continué à la fréquenter toute sa vie. Il ne la connaît pas suffisamment encore pour être maire.
Du côté d’un certain establishment barcelonais, l’accueil est plutôt favorable. Dans les milieux centristes et de la gauche modérée, la réception est plutôt positive. Mais il est très peu connu dans certains quartiers de Barcelone et par ce qu’on pourrait appeler “les petites gens”. Nous sommes fin septembre, les élections sont en mai, Barcelone est une ville de plus de deux millions d’habitants, il ne s’agit donc pas seulement de lancer un défi contre les indépendantistes, mais il s’agit aussi de connaître la réalité des Barcelonais au jour le jour.

Puigdemont et les indépendantistes catalans se sont globalement montrés hostiles et moqueurs à son encontre. Il a, néanmoins, reçu le soutien de Ciudadanos. C’est tout de même celle qui est arrivée en tête aux dernières élections. Peut-on supposer qu’il peut y arriver ?

Il faut nuancer. Ciudadanos voulait en faire sa tête de liste sur une liste que le parti aurait établie avec ses noms, ses réseaux, ses alliés et ses soutiens. Valls a reçu le soutien de Ciudadanos, mais il y va un peu en candidat libre. D’emblée, il n’a pas mis sur sa liste celle qui était jusqu’alors la porte-parole du Ciudadanos au conseil municipal de Barcelone. C’est une ancienne figure du Parti populaire barcelonais. Les négociations entre Ciudadanos et Valls s’annoncent délicates dans les prochains mois.
Aujourd’hui, nous avons lu dans la presse que Pablo Casado, le président du Parti populaire au niveau national, envisageait de présenter un candidat connu à la mairie de Barcelone. Sous-entendu : il n’a pas l’intention de s’agenouiller devant Valls. Certains prétendaient que Valls pourrait unir tous les constitutionnalistes et tous les partisans de l’unité espagnole. Pour l’instant, ça ne marche pas. Que se passera-t-il dans deux mois ? Je n’en sais rien !
Il rencontre pas mal de difficultés.
Les indépendantistes l’ont déjà taclé sévèrement. Que ce soit Ernest Maragall, le candidat de la gauche républicaine de Catalogne à la mairie de Barcelone, ou l’actuel maire, Ada Colau, qui a un pied dans l’indépendantisme et un autre dans l’unionisme, ils n’ont pas été tendres à son égard, notamment au sujet de son manque de connaissance des réalités de la ville.
L’effet d’annonce s’est bien passé. Le plus dur va arriver à partir de la semaine prochaine.

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