Il est énarque, magistrat à la Cour des comptes, relativement jeune (55 ans). Il a été directeur de cabinet de Xavier Bertrand au ministère de la Santé, puis du Travail, de 2006 à 2007. Il a travaillé à l’Élysée sous Sarkozy : conseiller social en remplacement de l’inoxydable Raymond Soubie, secrétaire général adjoint de l’Élysée. Donc, il connaît bien l’appareil étatique.

Il est élu local, pas dans un arrondissement parisien doré sur tranche mais dans les Pyrénées-Orientales : élu maire de Prades, sous-préfecture de 6.000 habitants, en 2008 (étiquette UMP), réélu en 2014 et en 2020 (avec plus de 60 % des voix au premier tour), conseiller départemental en 2015.

Il a l’accent ! Important, l’accent. Je cherche dans ma mémoire, mais il me semble que c’est le premier Premier ministre de la Ve République qui a l’accent. On a tant reproché à la Macronie d’être déconnectée de la France périphérique, déconnexion qui a été payée au prix cher lors de la crise des gilets jaunes.

Prades : 45 kilomètres de Perpignan, chef-lieu du département mais, surtout, nouveau fief du Rassemblement national. On dirait que les hasards du calendrier et de la géographie font bien les choses…

Il est de droite, on l’aura compris. Enfin, de droite comme on l’entend dans ce qu’il est convenu d’appeler la « droite et le centre ».

Jusqu’à ce jour, il était en charge du déconfinement du pays.

Bref, pour , est le mouton à cinq pattes pour engager la course à l’élection présidentielle. Une course qui commence aujourd’hui !

Les LR ne peuvent, évidemment, se réjouir de la nomination de l’un de leurs petits camarades à Matignon car elle ajoute un clou au cercueil de cette formation politique qui, visiblement, ne fait plus envie : rappelons le sondage récent qui donne à peine 12 % à Baroin ou Bertrand en cas d’élection présidentielle demain. Une nomination qui ne peut donc que les gêner aux entournures. Les LR réduits à devenir un « vivier », pour employer une expression RH, de ministrables pour la Macronie.

En nommant Castex, Macron parie sans doute sur une capitalisation au centre droit. S’il passe le premier tour de l’élection présidentielle, qu’il se trouve face à Marine Le Pen ou, autre hypothèse, face à un candidat sur sa gauche (écolo-socialo ou Mélenchon), il peut espérer confirmer ce que le sondage récent prédisait, c’est-à-dire sa victoire. Il lui reste moins de deux ans pour poursuivre le siphonnage de l’électorat LR. La nomination de Castex devrait lui donner un sacré coup de main.

Notons que ceux qui pariaient sur une inflexion verdissante au sommet de l’État en sont pour leur argent. Reste à voir quels seront les ministres qui entoureront le nouveau Premier ministre et si le « en même temps » a fait son temps.

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