Un collectif d’universitaires et de chercheurs vient de lancer une pétition, relayée par Le Monde, avec ce titre lapidaire et brutal : « Vidal démission ! » À l’origine de cette pétition, « Université ouverte », qui déclare sur son site : « Nous regroupons […] des outils pour la mobilisation de l’enseignement et de la recherche, sur la précarité des étudiant·es comme des travailleur·ses, sur la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche et sur les retraites. » Tout un programme.

Passons sur l’emploi systématique de l’écriture inclusive, qui est déjà un marqueur idéologique. Mais si l’on avait des doutes sur les intentions des concepteurs de cette pétition, sa lecture laisserait à penser qu’elles ne sont pas dénuées d’a priori politiques. Ils accusent Frédérique Vidal de « diffamer une profession et, au-delà, toute une communauté, à laquelle, en tant qu’universitaire, [elle] appartient pourtant ». Un appel classique à la solidarité corporative, qui peut abuser des universitaires qui en feraient une lecture hâtive.

Bien plus ! Quand on lit qu’« elle fait planer la menace d’une répression intellectuelle et, comme dans la Hongrie d’Orbán, le de Bolsonaro ou la Pologne de Duda, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l’intersectionnalité sont précisément ciblés », on comprend à qui on a affaire sans avoir besoin d’éplucher la liste des signataires.

Si, malgré tout, subsistait encore un doute, les lignes suivantes le dissiperaient définitivement : « Chercheur·es au CNRS, enseignant·es chercheur·es titulaires ou précaires, personnels d’appui et de soutien à la recherche (ITA, BIATSS), docteur·es et doctorant·es des universités, nous ne pouvons que déplorer l’indigence de Frédérique Vidal, ânonnant le répertoire de l’extrêmedroite (sic) sur un “islamo-gauchisme” imaginaire. » Notre ministre de l’ en prend pour son grade, sans ménagement.

La conclusion de la pétition est du même acabit : « La ministre Vidal se saisit du thème complotiste “islamo-gauchisme” pour faire régner le soupçon et la peur, et bafouer nos libertés académiques. Nous estimons une telle ministre indigne de nous représenter et nous demandons, avec force, sa démission. » Ses quelque 600 signataires voudraient démontrer que Frédérique Vidal a raison de dénoncer l’islamo-gauchisme à l’université qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

Ces pétitionnaires, du moins ceux qui ont lu la pétition avant de la signer, manifestent sans retenue leur inclination pour l’extrême gauche et, sous prétexte de universitaire, confortent l’existence des courants qui alimentent, non innocemment, une partie de la recherche. Il ne s’agit pas de leur interdire de telles études, si elles se font objectivement, mais, en l’occurrence, ils semblent leur porter une sympathie qui dépasse la curiosité inhérente à la recherche.

Quoi qu’on pense de Frédérique Vidal, eût-elle voulu jouer, maladroitement, la bonne élève du gouvernement – qui n’hésitera pas à la lâcher si elle devient gênante –, il n’est pas très glorieux de tirer sur une ambulance.

21 février 2021

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