Le ministère de l’Intérieur, ce lundi, a réuni son « instance de dialogue » pour un islam de France.

Parmi les invités, Tareq Oubrou, membre de l’UOIF, branche française des Frères musulmans ; M’hammed Henniche, le secrétaire général de l’Union des associations musulmanes de St Denis-93, suspect de connivences salafistes, et Fateh Kimouche, le fondateur du site Al-Kanz, sur lequel on découvre un article au titre explicite « Get your “terrorist costume” ». Et si le jeune leader salafiste émergent de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, n’était pas de la partie, son cas, selon plusieurs sources, a néanmoins été discuté. Des personnes dont « chaque nom a été soupesé », dit-on dans l’entourage de Bernard Cazeneuve. On n’ose imaginer si tel n’avait pas été le cas…

En ne souhaitant pas la présence de « personnalités » ou « d’associations » identifiées comme salafistes, l’État reconnaît donc clairement leur existence sur le sol français ! Quel aveu d’impuissance, six mois après les attentats de janvier… Et, justement, de quoi ont-elles parlé, ces 150 personnalités, lors de cette instance de dialogue ?

Quatre thèmes ont été abordés. Le premier a concerné la sécurité des mosquées et l’image dégradée de l’islam « dans les médias et l’opinion publique ». Dans les médias ? Le second portait sur la construction et la gestion des lieux de culte musulman. Le troisième, sur la formation et le statut des aumôniers et cadres religieux. Quant au quatrième thème, il évoquait les pratiques rituelles : abattage et certification halal, abattoirs et carrés musulmans jugés en nombre insuffisant.

La radicalisation ? Six mois et 17 morts plus tard, le sujet n’était pas à l’ordre du jour ! « Nous avons estimé que ce serait un mauvais message adressé aux Français et à la communauté musulmane […] », indique le ministère de l’Intérieur.

Manuel Valls a enfoncé le clou en déclarant qu’« il n’y aura pas de loi, il n’y aura pas de décret, pas de circulaire pour dire ce que doit être l’islam ». Autrement dit, les seules personnes habilitées à parler de l’islam sont les musulmans eux-mêmes. Au peuple – vous savez, celui qui nourrit des « incompréhensions, des a priori, du rejet » […} quand il ne fait pas des « amalgames » -, un droit : celui de se soumettre.

Aucun risque, dans ces conditions, d’entendre le père Boulad dans une réunion d’« instance de l’entre-soi ». Le père Boulad, Égypto-Libanais d’origine syrienne qui, invité le 27 mai à l’Assemblée nationale par le député républicain Jean-Frédéric Poisson, ne mâche pas ses mots :

L’islam est totalitaire, suprémaciste, globalisant. C’est un fascisme. Ce n’est pas une religion.

Et Valls a ce projet, ce projet grandiose, ce projet fou, celui de « faire la démonstration pour le monde entier que la France et l’islam sont pleinement compatibles »

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