Sans surprise, offre une tribune « droit de réponse » à suite aux vives réactions suscitées par ses propos invitant les Blancs à se taire lors des réunions de personnes de couleur. Deuxième effet non surprenant : elle n’a pas dit ce qu’elle a dit. Tout au moins, pas comme ça, pas de cette manière, ou alors autrement, mais comment les gens n’ont-ils pas deviné qu’il manquait des mots ?

En réalité, l’adjointe d’Anna Hidalgo a voulu dire que les Blancs devaient écouter ce que les victimes du avaient à raconter. Ne pas parler durant les interventions. Pas lever le doigt, se moucher, tousser. Un silence absolu. « Là où j’invitais simplement à écouter, sans l’interrompre, la parole de victimes, qui doivent pouvoir être les premières à s’exprimer, la et l’, complaisamment relayées, ont fait croire et répété à l’envi que je voulais empêcher la parole », écrit Audrey Pulvar.

La sacralisation de la parole du non-Blanc, par essence victime, se voit en quelque sorte confirmée par cette justification alambiquée qui, tout bien pesé, ne change rien aux propos précédents. Plutôt que se taire, l’avocate de sa propre cause explique que le Blanc peut assister à ces colloques sous réserves d’écouter religieusement, de ne surtout pas interrompre, de se tenir à carreau enfin… Comment appelle-t-on cela, déjà ? Ah oui : se taire.

Grâce à la tribune de l’académicienne Audrey Pulvar, le lecteur du Monde a désormais la définition exacte du verbe pronominal « se taire ». « La boucler », « la fermer », « s’écraser » figurent parmi la liste de synonymes que la chroniqueuse viendra proposer prochainement aux abominables non-Noirs de droite et d’extrême droite. La technique pour parvenir à ce silence monacal sera également disponible dans les pages bricolage du Monde. Fabrication du bâillon, élastique de blocage des mâchoires… À la manière de Pif Gadget, le grand quotidien offrira à ses abonnés l’accessoire indispensable pour se rendre à une réunion de personnes noires, marron clair et blanc cassé. Nuancier sur demande au secrétariat d’Audrey Pulvar.

En préambule de son plaidoyer, la chroniqueuse précise qu’en ces temps de sanitaire, il est parfaitement inconvenant de parler d’un autre sujet que le Covid-19. À l’évidence, la dame aux lunettes hors de prix rêve d’un verbal. Par respect des malades, de la pandémie, de l’info en continu et de sa propre personne… Un peu de silence, s’il vous plaît. Le mélodrame antiraciste se joue à guichets et bouches fermés.

31 mars 2021

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