Insécurité : le maire (RN) du Pontet (84) prend la défense de ses agents municipaux
La mort par balle, dans la nuit du 15 au 16 juillet, d’un individu neutralisé par la police municipale du Pontet, près d’Avignon (84), a suscité, en fin de semaine dernière, de vives réactions à l’extrême gauche.
L’homme de 29 ans, qui circulait sans permis de conduire, s’était engagé en pleine nuit dans une course-poursuite avec les forces de l’ordre après un refus d’obtempérer, blessant au passage un policier. L’occasion, pour certains députés de La France insoumise, de remettre en cause la toute nouvelle loi, votée le 7 juillet à l’Assemblée nationale, visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions.
La récupération par l’extrême gauche
La polémique engagée par l’extrême gauche a tourné, samedi, à une tentative d’attaques politiques lorsque Raphaël Arnault, député LFI de la première circonscription de Vaucluse, a reproché au maire RN du Pontet d’avoir apporté son soutien au policier mis en examen.
Le maire RN du Pontet, dans la droite lignée de JM Le Pen, a d'ores et déjà appelé publiquement à retenir la légitime défense pour ce drame, alors que l’instruction vient à peine de s’ouvrir
Voilà ce que viennent de voter main dans la main macronistes et ext-droite à l’Assemblée pic.twitter.com/CfWCmtSQbz
— Raphaël Arnault (@ArnaultRaphael) July 18, 2026
À ce sujet — « Quand on fait usage de notre arme, c’est qu’on n’a pas le choix » : la réalité derrière les tirs policiers
Le Parti communiste de Vaucluse a emboîté le pas en publiant, le 18 juillet, un communiqué de presse dénonçant, dans un premier temps, de tels délits routiers et l’agression contre le policier, puis, dans un second temps, les « choix politiques ayant rendu possible une telle situation », en l’espèce celui de la mairie, coupable d’avoir armé sa police municipale.
Des accusations que le PCF a élargies aux communes dirigées par le Rassemblement national : le RN « porterait cette orientation […], faisant de l’armement et de la surenchère sécuritaire un fonds de commerce idéologique et électoral ».
Un soutien assumé du maire RN
Ces imputations, Joris Hébrard les balaie. Lorsque le maire RN a pris ses fonctions en 2014, remplaçant la municipalité UMP, les agents municipaux étaient déjà équipés d’armes à feu, une autorisation qui relève d’ailleurs du préfet et non du seul choix de l’édile. « Si [ils] ne l’avai[en]t pas été, je l’aurais demandé », assume-t-il auprès de Boulevard Voltaire.
Pour le maire, réduire l’armement des polices municipales à une « surenchère sécuritaire » revient à nier une réalité de terrain. « Il n’y a pas de surenchère sécuritaire, il y a de l’insécurité. Pas un sentiment d’insécurité, de l’insécurité », insiste-t-il. Une situation qui justifie, selon lui, l’implication croissante des communes dans le maintien de la tranquillité publique, même si la sécurité demeure une compétence régalienne de l’État. « À partir du moment où l’État est défaillant en ne mettant pas plus de moyens et de personnels au maintien de la sécurité, c’est bien au maire d’assurer la sécurité et la paix civile dans sa commune », estime l’élu.
Son soutien au policier municipal impliqué dans le tir mortel, Joris Hébrard l’assume aussi entièrement. Après avoir attendu la fin de la garde à vue et l’audition devant le juge, il a pris position en faveur de l’agent mis en cause. « Par principe, ma confiance va aux policiers municipaux. Je les connais. » La qualification des faits par le juge d’instruction, à rebours des réquisitions du parquet, laisse désormais espérer que la légitime défense puisse être retenue à l’issue de l’enquête. Si cette dernière le déterminera, l’élu dénonce, lui, une « défiance a priori à l’égard des forces de l’ordre », chez le député fiché S et ses soutiens.
En attendant, Joris Hébrard préfère saluer le « travail remarquable » de ses hommes au Pontet. Pas plus tard que la semaine dernière, ils étaient félicités par le préfet de Vaucluse pour avoir « co-participé à l’empêchement de l’enlèvement d’un homme et son vraisemblable assassinat par des voyous ». À l’extrême gauche, il laisse les polémiques inutiles et l’idéologie. Devant le « grand professionnalisme » et le « sang-froid » de ses agents municipaux, qu’y a-t-il à dire de plus ?
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48 commentaires
Bravo Monsieur le maire.
La surenchère sécuritaire ? Tiens, je suis surpris : en suivant l’actualité on a plutôt l’impression qu’il existe une surenchère de la violence. Et mon petit doigt me dit que, hors enragés d’extrême gauche, la majorité des Français a plutôt envie de sécurité que de politique de l’autruche version Dupont Moretti en ce moment.
C’est incroyable de réagir comme LFI et de toujours considérer les forces de l’ordre « a priori » comme coupables alors qu’ils cherchent juste à mettre hors d’état de nuire un délinquant avéré dangereux pour la population. Ce délinquant circulant sans permis de conduire et qui s’est engagé en pleine nuit dans une course-poursuite avec les forces de l’ordre après un refus d’obtempérer avait déjà « blessé » un policier ; fallait-il attendre qu’il en blesse ou en tue un autre ? …
C’est édifiant de mettre en examen un Policier Municipal. Ca devient infernal de vivre dans ce pauvre pays où rien ne va plus. Si les Services d’Ordre sont armés c’est bien pour se servir de leur arme en cas de besoin sinon, ils vont tous finir par donner leur démission comme un seul homme et c’est Macron qui fera le boulot lui-même ainsi, il comprendra peut-être ce qu’est cette profession. En tout cas, on peut dire qu’il est plus facile de mettre en examen un Policier qu’une espèce de racaille.