Le Liban est un pays étrange ! On a accusé le Hezbollah de remplacer l'État et l'armée, dans la défense du pays, et c'est vrai. Pourtant, sans le Hezbollah, le Liban aurait été à la merci d'Israël et de ses alliés : les pays occidentaux et du golfe Arabique ; comme on le voit aujourd'hui, avec le risque de guerre, à cause des prétentions israéliennes sur ses frontières terrestres et maritimes et ses droits d’exploitation de son gaz sous-marin. Sans le Hezbollah, le Liban aurait été à la merci d'Israël et des Américains, venus le presser d’accepter de "discuter" de ses propres droits, comme si on demandait à une banque de discuter avec un voleur de l’argent qu’il lui a volé, manu militari.

La même chose pour le parti Al Moustakbal de Saad Hariri. Sur ordre, l'Arabie saoudite avait kidnappé le Premier ministre libanais puis, sur ordre aussi, l'avait libéré, grâce à l'action du président Aoun et... du Hezbollah, qui a donné au Liban la force nécessaire à tenir tête aux desiderata saoudiens, obéissant à ceux des États-Unis et, disent certains, des Israéliens, agresseurs et ennemis du Liban.

Pourtant, aujourd'hui, on trouve normal que Hariri aille en Arabie saoudite recevoir ses ordres et ses fonds électoraux de la même Arabie saoudite qui l'a kidnappé, devancé en cela par le parti "très chrétien" des Forces libanaises qui a été le fer de lance chrétien de la très wahhabite Arabie saoudite, accusée d’avoir financé les terroristes djihadistes qui ensanglantent tous les pays du Levant - dont le Liban -, comportements qui, dans d'autres pays que le Liban, auraient été qualifiés de haute trahison.

Comment, donc, accepter Hariri et les chefs des Forces libanaises comme députés et dirigeants de la nation ? Or, justement, au Liban, non seulement c'est accepté par tout politique et c'est même populaire, mais c'est aussi encouragé. En effet, l’Arabie saoudite est considérée aujourd'hui comme le "Sultan" par la majorité populaire sunnite et, surtout, détient le pouvoir de mettre le Liban en faillite, après avoir réussi à contrôler les finances libanaises, grâce à l’action du père de Saad Hariri, envoyé pour cela par la même coalition qui prétend, aujourd'hui, combattre les terroristes de Syrie.

Voilà pourquoi le navire Liban a besoin, à la fois, du Hezbollah et de l'Arabie saoudite pour continuer à zigzaguer entre les récifs de la politique et des guerres au Moyen-Orient.

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5 mars 2018

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