Dans un précédent article consacré à l’économie, j’ai évoqué de façon rapide un risque de troisième guerre mondiale qui serait à nos portes. J’avais envie de revenir sur ce sentiment, voire cette certitude, qui m’habite.

Faire un parallèle avec l’histoire est toujours un jeu risqué et dangereux car les mêmes causes ne produisent pas systématiquement les mêmes effets et, surtout, on nous a assez bassinés avec "les heures sombres de notre histoire".

Pourtant, parmi d’autres facteurs, il y a deux causes majeures au déclenchement des précédentes guerres mondiales : la crise économique et l’humiliation. C’est une Allemagne humiliée par le traité de Versailles et ruinée à un niveau inimaginable aujourd’hui qui a envahi la Pologne.

Quel jeu sommes-nous en train de jouer avec la Russie ? De quel droit donnons-nous des leçons de démocratie, nous qui vivons sous un régime recueillant 13 % d’opinions favorables ? De quel droit montrons-nous les muscles quand on réprime dans la violence de grandes manifestations familiales et quand on laisse la rue aux émeutiers lors de grands rassemblements ? De quel droit parlons-nous de d’expression quand on interdit à un humoriste (aussi peu drôle soit-il) de se produire ? De quel droit parlons-nous de valeurs quand on légalise de facto la marchandisation de l'humain avec la GPA ? Mais surtout de quel droit nous immisçons-nous dans l’aspiration d’un peuple à renouer avec ses racines, quand nous-mêmes souhaitons le remplacement de notre peuple ?

Sur le fond, nous ferions mieux de nous abstenir de donner des leçons moisies à Vladimir Poutine qui, lui, a le soutien de son peuple. Mais sur la forme, cette étrangère suiviste et de pieds nickelés est d’une dangerosité inouïe. Isoler la Russie est la dernière des bêtises à faire. Les Russes sont un peuple fier à qui on dénie la chance historique de reprendre la place qui est la sienne sur la scène internationale et dans l’histoire. Nous sommes en train de les humilier en leur préférant la Françafrique et ses conflits, les États-Unis d’un en perdition, et en luttant contre l’État islamique après avoir contesté le droit des Russes à combattre leurs propres terroristes de Tchétchénie. Sur l’Ukraine, nous avons encore tout faux, aveuglés par les soi-disant aspirations européennes de ce peuple, alors que cette révolution a notoirement émané de groupes néo-nazis. Nous combattons l’antisémitisme en France mais en faisons un allié en Ukraine. Allez comprendre.

Nos gouvernants sont en train de faire une erreur historique. La Russie de Vladimir Poutine est un partenaire naturel et une puissance avec laquelle il faut compter. Penser que l’on peut s’essuyer les pieds sur un tel homme n’est que pure folie. Alors que notre société décadente renie allègrement ses valeurs, son patrimoine, son histoire en faisant de nos pays européens un grand terrain vague ouvert aux quatre vents économiques et culturels, le peuple russe affirme sa volonté de retrouver sa grandeur. Il refuse cette mondialisation, cette perte des identités nationales. Il refuse la demi-mesure, les compromis qui deviennent des compromissions. Nous pensons pouvoir imposer à la Russie – entre autres - les valeurs que nous pensons universelles et nous avons terriblement tort.

L’histoire nous a montré que les peuples qui refusaient de disparaître étaient prêts à tout pour sauvegarder leurs convictions et leur mode de vie. De notre côté, sommes-nous prêts à tout pour sauvegarder cette parodie de société ?

12 octobre 2014

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