Editoriaux - Politique - Tribune - 21 décembre 2019

Homme de droite, ai-je encore ma place chez LR ?

Qu’on ne s’y méprenne pas, ce texte n’a pas pour but d’attaquer telle ou telle personne ni de semer le trouble (qui est déjà largement assez présent dans nos rangs). Je n’ai pas d’ambitions politiques à mon âge, même si parfois je bous sur mon siège. Mais aujourd’hui, il me semble nécessaire de formaliser ce que beaucoup ressentent et déplorent.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai rejoint en 2017 à l’arrivée de Laurent Wauquiez pour son positionnement clairement à droite. Car je le crie haut et fort : je suis de droite (et non pas « à droite », expression qui vous situe sur un échiquier politique entre DLF et LREM ; c’est vous dire le grand écart avec risque de rupture des quadriceps). Jusque-là, rien d’extraordinaire, ayant des parents profondément gaullistes et tellement attachés à la liberté, surtout quand on a connu la guerre et les privations qui y sont liées. Tout ça pour dire que ce mot liberté a tellement été chéri par mes parents qu’ils me l’ont transmis comme on transmet une pierre précieuse.

Ce goût pour la liberté de parole, je l’aurai probablement jusqu’à mon dernier souffle, parce que c’est l’essence même de ma vie. S’exprimer, en étant adhérent d’un parti politique, n’a rien de choquant, d’autant plus que l’apport de contradictions contribue à la dynamique d’un groupe, permet d’enrichir le débat et préserve de tout risque d’autocratie.

Erik Tegnér et Maël Camerlynck avaient probablement décidé de s’exprimer en marge de la ligne dictée par la présidence. Cette option leur a été fatale. Mais pourquoi donc, alors que Laurent Wauquiez, quand il était président, avait non pas soutenu, mais respecté des points de vue divergents, estimant que chacun pouvait s’exprimer. Laurent avait prouvé, au passage, qu’être de « droite forte » ne veut pas dire être liberticide, bien au contraire. Je lis certains commentaires d’amis sur mes publications qui m’enjoignent de rester strictement sur la ligne stratégique du président pour ne pas fracturer le groupe. J’ai beau avoir un grand respect pour , mais si je pense qu’il fait une erreur et qu’il risque d’accélérer la perte du parti, devrais-je donc le laisser faire ? A-t-on, quand on est membre d’un parti, le choix entre être d’accord et… être d’accord, sans oublier, bien sûr, de payer sa cotisation ?

Ce parti a un réel potentiel mais il a succombé, au fil des années, à l’appel des sirènes de gauche, et il a une immense difficulté à se séparer de cette emprise idéologique qui, elle, est vraiment liberticide ! Notre droite a-t-elle peur du vide pour toujours se raccrocher à ce qui, finalement, l’a tuée ; je veux dire « la gauche » ? La « gauche » à travers LREM et tous les petits partis qui gravitent autour comme les rémoras autour des requins ? La droite vaut bien mieux que cela. Elle doit simplement se repositionner car les Français ont horreur de ne pas savoir où ils se situent.

Le « ni droite, ni gauche » était un piège dans lequel il ne fallait surtout pas tomber.

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