Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 22 juin 2019

Hervé de Lépinau : “Pour les municipales, je constitue une plateforme d’union avec le général de La Chesnais”

Coup de tonnerre à Carpentras (Vaucluse), ce samedi matin : Hervé de Lépinau, leader de l’opposition au conseil municipal de Carpentras, conseiller départemental RN et ancien suppléant de Marion Maréchal ainsi que le Rassemblement national ont annoncé qu’ils allaient soutenir une plate-forme d’union et de projet avec le général de corps d’armée (2S) Bertrand de La Chesnais, ancien numéro deux de l’armée de terre. Ainsi, le général de La Chesnais prendra la tête d’une liste, qui ne sera pas RN mais soutenue par le RN, aux élections municipales de Carpentras en 2020. Une décision qui marque la volonté d’ouverture et de rassemblement de la première force politique dans le Vaucluse et dans une ville où Marion Maréchal fut députée.

Au micro de Boulevard Voltaire, Hervé de Lépinau.


Vous avez annoncé ce matin que vous ne vous représenterez pas comme tête de liste aux municipales de Carpentras.
Vous rejoignez une liste d’union avec, en tête de liste, le Général de La Chesnais qui n’est inscrit dans aucun parti.
Pourquoi avoir fait ce choix ?

Nos concitoyens ont clairement exprimé qu’ils privilégient les hommes aux partis. Ils veulent de la proximité. Il est absolument nécessaire que les politiques entendent ce message. Le Rassemblement national, par la bouche de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, l’a encore exprimé à La Rochelle la semaine dernière. Le Rassemblement national a proposé des plateformes de projet et d’union. Ce que je décide de faire à Carpentras s’inscrit dans cette stratégie.


Sera-t-elle une liste Rassemblement national ?

Ce ne sera pas une liste Rassemblement national, mais une liste soutenue par le Rassemblement national. La plateforme de projet et d’union que j’aurai constituée avec Bertrand de La Chesnais sera ‘’apolitique’’ puisque la tête de liste n’est pas encartée dans un parti.


Vous aurez en face de vous un candidat soutenu par la République En Marche et un candidat les Républicains.
Cet électorat des Républicains va-t-il se retrouver déchiré entre votre candidat et le candidat LR ?

Le maire de Carpentras sortant va se représenter. Je pense qu’il sera parfaitement Macron compatible. C’est dans l’air du temps. Concernant la liste des Républicains, sa tête de liste s’est déclarée pas plus tard que mercredi dernier. Il professe la nécessité de l’union, mais il a rajouté ‘’sans le Rassemblement national’’.
À Carpentras cela sera compliqué. Le RN constitue un socle électoral au premier tour extrêmement stable de 35 %. Si on regarde les quatre, cinq derniers scrutins, les résultats n’ont pratiquement pas varié. Le maire sortant et son équipe arriveront au-delà des 30 %. Sachant qu’il va y avoir d’autres listes, je vois mal comment les LR qui sortent à 7,3 % aux dernières européennes sur la ville de Carpentras espèrent pouvoir constituer la force majoritaire.
Il faut être raisonnable et lucide sur ce que pèsent aujourd’hui les Républicains sur Carpentras.

Aux dernières élections municipales de Carpentras, vous aviez perdu à très peu de voix en raison d’une triangulaire.
Il y avait deux listes de droites contre une liste de gauche. La gauche avait gagné parce qu’il y avait deux listes de droite.
Est-ce pour ne pas rééditer ce scénario que vous changez de stratégie ?

Je pars du principe que sur Carpentras les victoires se font toujours sur le fil. J’ai perdu de 306 voix en 2014. Je ne voudrais pas que cela recommence. Vous avez justement rappelé qu’à l’époque existait une machine à perdre dont les clés étaient détenues par Julien Aubert. Elle est en train de se remettre à nouveau en position de départ pour les municipales de 2020, avec cette fois-ci les clés confiées à monsieur Melchior, le suppléant de monsieur Aubert.
Pour certains, la stratégie perdante constitue l’objectif à atteindre.


Avez-vous contacté l’équipe autour de Julien Aubert et de monsieur Melquior pour essayer de travailler ensemble ?

Monsieur Melquior est visiblement sourd à nos propositions. Lors de son lancement officiel dans la campagne, il a déclaré qu’il voulait faire l’union avec tout le monde, sauf avec le Rassemblement national. Au regard de la recomposition du paysage politique telle qu’on la connaît actuellement, monsieur Melchior est totalement Macron-LRM compatible. Il faut arrêter de mentir aux électeurs de droite. Monsieur Melquior peut parfaitement aujourd’hui revendiquer l’investiture de la République En Marche. Il est dans le schéma.

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