Nous connaissons tous l’expression populaire qui préconise de laver son linge sale en famille. C’est une évidence, à moins d’avoir le talent d’un Marcel Pagnol rédigeant ses Souvenirs d’enfance.

Mais puisque nous sommes invités en ce moment, par toute la Hallyday, à un grand déballage, autant y aller de son couplet !

Dans cette médiatique, qui s’adresse essentiellement au dangereux tribunal de l’opinion publique, vient de se livrer, dans les colonnes du Point, à une « grande confession » où elle déclare : "On me vole mon deuil. On me roue de coups." Je serais tenté de répondre à l’intéressée que, du temps où elle inondait les de sa vie avec le défunt, elle ne se plaignait pas de cet étalage. On ne peut toujours s’exposer pour le meilleur, le pire réclame souvent sa part. Ceci vaut pour le camp d’en face.

« “On nous assigne, mes filles et moi, en précisant bien que nos enfants sont des enfants adoptées. C’est d’une violence !”, s’insurge encore Laeticia Hallyday » (Le Figaro). Si c’est avéré, ce n’est effectivement pas propret. À leur défense, ni Laura ni David n’ont, à ma connaissance, publiquement accablé Jade et Joy qui, explique leur mère, "réclament des nouvelles de leur frère et de leur sœur". Les deux petites filles de Johnny sont surtout des victimes collatérales d’une sordide affaire de famille.

"Auraient-ils osé faire cela du vivant de leur père ? […] Mon homme n’étant plus là pour répliquer, on m’accable, on me fait passer pour celle que je ne suis pas" (op. cit.), argumente encore dans cet entretien calibré pour, peut-être, influer sur la décision de qui doit être rendue vendredi "sur le gel des biens immobiliers et des droits artistiques de Johnny Hallyday, ainsi que sur le droit de regard sur son ultime album. […] Le règlement sur le fond de sa succession interviendra bien plus tard" (ibid.).

S’il est vrai, comme le rappelle la veuve de Johnny, que les deux aînés poursuivent une carrière professionnelle plutôt réussie, leurs demandes, concernant notamment un droit de regard sur l’album posthume à venir, ne sont cependant pas illégitimes. Quant aux difficultés relationnelles avec leur père, ce dernier semble y avoir pas mal contribué avec la vie qu’il a longtemps menée, il me semble.

Enfin, et ce sera ma seule suspicion avouable, je me demande parfois s’il n’y aurait pas une certaine rancœur, du côté de Laeticia Hallyday, de n’être ni Sylvie Vartan ni Nathalie Baye, deux femmes iconiques françaises et respectivement mères biologiques – c’est ainsi – de David et Laeticia.

Au moins, chez Bill Gates, la question de l’héritage a été réglée depuis longtemps. Il a ainsi déclaré, à propos de ses enfants, que "leur transmettre [sa] fortune ne leur aurait pas rendu service" et décidé de leur donner dix millions de dollars chacun, pas un cent de plus !
"Familles, je vous hais !", écrivait André Gide ; ce à quoi Hervé Bazin répondit : "Familles, je vous ai."

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12 avril 2018

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