Editoriaux - Médias - Société - 22 mars 2018

Grèves à la SNCF : la CGT veut bouter les souverainistes hors des cortèges

La CGT devrait être classée monument historique. En biogéographie, on appelle ça une formation relique, témoin survivant d’un autre âge climatique, comme les crocodiles nains de certaines gueltas du Sahara.

À propos de la grève de la SNCF, extrayons quelques morceaux choisis de littérature relique directement issus, après adaptation, du répertoire stalinien des années cinquante :

L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux, ni nulle part ailleurs ! La CGT ne tolèrera […] aucune utilisation abusive des médias ou réseaux sociaux pour venir soutenir la stratégie d’imposture sociale de l’extrême droite. Du Front national aux Patriotes, en passant par différents mouvements favorables au “Frexit”, des organisations identitaires, xénophobes et racistes [Ah, nous y sommes !] se travestissent en pseudo-alliés […] des travailleurs en lutte. La “priorité nationale” est contraire à nos valeurs, comme aux valeurs républicaines.

Résumons nous :

Je suis souverainiste, mais la CGT m’interdit de manifester, bien qu’usager depuis 49 ans de la SNCF. Soit dit en passant, ayant fait en train plusieurs fois la distance de la Terre à la Lune (et retour), j’ai eu le temps de la voir progresser et évoluer dans le bon sens, sur des trajets variés.

Je suis souverainiste et je n’ai de place “nulle part ailleurs”. Je m’excuse de vivre, pitié, Monsieur Martinez ! Comme tous mes semblables, je suis d’ailleurs catalogué immédiatement comme raciste et xénophobe. C’est bien pratique pour faire taire l’adversaire. Notons que tuer père et mère n’est rien à côté de mon délit d’opinion.

La priorité nationale est contraire aux valeurs de la CGT (précisez, SVP) et aux valeurs républicaines. Expliquez-moi donc, alors, pourquoi défendre cette Société nationale des chemins de fer français ? Laissez donc, Monsieur Martinez, dans ces conditions, la Bundesbahn bouffer la SNCF, tiens ! Mais vous perdrez de la cotisation syndicale ; ah, on ne peut pas penser à tout, vous n’êtes pas joueur d’échecs…

Ce qui me sidère, c’est l’aplomb du camp du bien stalinien. Ils sont propriétaires des luttes sociales, toute opinion déviante ou concurrente est bannie et interdite. Normal, il s’agit là de leur fonds de commerce. Bien vu, le positionnement marketing, vous auriez dû faire Sup de Co, Martinez. La SNCF appartient à la CGT, les réseaux sociaux sont surveillés, tous ceux qui pensent comme moi sont exilés.

Le résultat tangible de ces brillants calculs devrait être de convaincre les Français, écœurés, du bien-fondé de la réforme macro-européiste. Applaudissements et sons de trompes. Jeunes filles en tenue gymnique agitant des rubans multicolores !

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