Editoriaux - Environnement - International - 20 septembre 2019

Greta et Ségolène sont dans un bateau. Greta tombe à l’eau…

Voilà une photo qui ne manquera pas de figurer dans les livres d’histoire : Greta Thunberg et Barack Obama ont échangé, mardi, un « check ». Poing contre poing, comme les rappeurs. Entre djeuns, ex et futur prix Nobel de la paix. La classe…

Pour l’occasion, la jeune fille avait troqué ses tresses contre une longue longue longue queue de cheval, symbole d’une coiffure bio nourrie aux embruns. Elle poursuit donc son périple sur le territoire américain, rencontrant à Washington le président d’hier puisqu’elle refuse de discuter avec un Trump en exercice. En ligne de mire, le sommet sur le climat de l’ONU, qui rassemblera tous les dirigeants (ou presque) de la planète. Une manifestation monstre est prévue samedi à New York, encouragée par les époux Obama. Barack a rassuré la sainte climatique – « Toi et moi, on forme une équipe ! » – avant d’échanger un second « fist bump ».

Il faut dire que la frêle enfant bénéficie, aujourd’hui, de toutes les attentions. Pas un chef d’État, pas une tête couronnée, pas un politique en campagne qui ne rêve, désormais, de poser avec elle sur la photo envoyée illico à ses millions de followers. Non seulement il faut en être, mais il faut le faire savoir, toutes choses qui, on le sait, remplacent avantageusement l’absence de savoir-faire.

Ainsi notre nationale Ségolène Royal, qui court déjà les plateaux de télé pour laisser supputer une candidature en 2022. Elle aura alors 69 ans, l’âge de toutes les promesses, et compte bien défier son ancien compagnon Hollande et, derrière lui, tous les vieux éléphants du marigot PS.

Et Ségolène aime Greta. Elle l’a dit, samedi soir, sur le plateau d’« On n’est pas couché » : « Je la trouve formidable, extrêmement brillante », et du coup, elle « trouve scandaleux les attaques qui sont dirigées contre elle-même par certains intellectuels ». D’ailleurs, ajoute-t-elle, « ce que ne supportent pas un certain nombre d’adultes c’est qu’elle soit très jeune et qu’elle sache parfaitement ce qu’elle dit ». Pas comme elle, mère de famille nombreuse au regard critique sur ses concitoyens : « C’est comme des parents qui ne tolèrent pas que leurs enfants leur disent leurs quatre vérités. Elle vient, elle dit ses quatre vérités, elle arrive à soulever des lycéens à travers la Terre entière. »

Ségolène Royal est une femme de combat. De combat écolo. C’est pour cela qu’Emmanuel Macron l’a nommée ambassadrice des pôles, un job qui l’occupe autant qu’il lui tient à cœur. Elle l’affirme chez Ruquier : « Que dit la France ? Qu’est-ce que je dis au nom de la France dans ces instances, et notamment dans ce qu’on appelle le Conseil de l’Arctique ? C’est d’attirer l’attention sur les conséquences du dérèglement climatique. » Ah ségolène, quelle bravitude !

Sauf qu’un certain Mikaa Mered, spécialiste des pôles, chercheur et enseignant à l’Institut libre d’étude des relations internationales censé fréquenter notre pasionaria, est formel : l’ancien ministre de l’Environnement, ambassadrice des pôles, a séché absolument tous les rendez-vous du Conseil de l’Arctique. « En deux ans, Ségolène Royal ne s’est JAMAIS rendue à la moindre réunion de la moindre instance diplomatique arctique officielle et n’a mené AUCUNE action contre les fuels lourds… Mais qui vérifie ? », s’indigne-t-il sur Twitter. Et de conclure : « Ce n’est pas juste hallucinant. Ça fait peur… »

Vérifications faites par « Checknews » (émanation du service Desintox de Libération, pas vraiment à droite, donc), l’ex-présidente de Poitou-Charentes n’a effectivement honoré de sa présence aucune des quatre rencontres des « Senior Arctic Officials ».

Justification de son cabinet : « Ségolène Royal décide de ses déplacements en fonction de ses engagements et de son empreinte carbone. »

Qu’en dit sainte Greta ?

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