Editoriaux - 20 septembre 2019

L’art européen n’est pas mort, il renaît encore !

Lorsque les anciens Grecs ornaient leurs temples de statues d’Athéna, ils dévoilaient la présence de la déesse au centre de leurs cités. Bien sûr, ces représentations varièrent au fil des siècles, au gré des styles, archaïque ou classique. Selon les modes de l’époque, Athéna arborait une chevelure bouclée ou non, portait le bouclier, la lance, ou les deux, le caque à poils ou à plumes, l’égide de papa, la toge plus ou moins plissée… Mais elle restait toujours Athéna, reconnaissable par tous, grâce à une symbolique explicite.

La beauté de ces œuvres antiques charme aujourd’hui encore le public. Depuis cette « aube grecque », les artistes européens n’ont eu de cesse de « re-présenter » à leur façon la femme-vierge, la déesse, la guerrière. Car l’art européen est bel et bien un art de la représentation. Il en fut ainsi jusqu’à l’émergence de l’art qualifié de « contemporain », qui vint rompre avec cette tradition plurimillénaire. Ce courant, apparu au XXe siècle (que Dominique Venner définit comme le « siècle de 14 »), est essentiellement un art du non-sens et de la non-représentation. Oscillant entre iconoclasme militant et vacuité abyssale, ce nouvel art « officiel » laisse la plupart du temps le public errer entre absurdité et abjection.

Depuis le traumatisme de la Première Guerre mondiale, l’Europe est entrée en crise, crise à la fois politique, sociale, spirituelle et civilisationnelle. L’Europe ébranlée doute de son génie. Elle perd pied et se laisse envahir par un art dont les codes et la plastique ne lui sont en rien familiers. Et pourtant, l’art dit « contemporain » n’a plus beaucoup d’avenir. C’est déjà un art du passé, un art « dépassé ».

L’art est porteur de sens, un sens propre à chaque peuple enraciné sur sa terre. C’est pourquoi l’art européen doit retrouver ses racines spécifiques, réapprendre à puiser la sève créatrice dans le socle de notre nature et la longue mémoire de nos traditions. Il nous appartient maintenant de déterminer quelle forme de création nous souhaitons mettre au cœur de notre cité ; retrouver le chemin de l’excellence et l’horizon de la beauté. C’est ce que propose l’Institut Iliade, avec une très belle exposition intitulée RENAISSANCE(S) – Portraits et Figure d’Europe à Paris du 20 au 25 septembre 2019.

Tout a commencé en 2015 par une carte blanche donnée à des artistes, auditeurs ou amis de l’Institut, pour illustrer les thèmes abordés lors des différents colloques. C’est aujourd’hui à une présentation officielle de ces œuvres que vous convie l’Institut : tableaux, dessins, statue-modelage, foulard, court-métrage, etc.

Rendez-vous Galerie 54, rue Mazarine, avec la possibilité pour le public de rencontrer quelques artistes, d’acheter ou de commander des reproductions signées, ou tout simplement de constater que l’art européen n’est pas mort mais renaît encore grâce à de jeunes talents !

RENAISSANCE(S) – Portraits et Figure d’Europe
Une exposition proposée par l’Institut Iliade
Galerie 54, rue Mazarine, Paris 6e
du 20 au 25 septembre, de 10 à 19 h
nocturne le mercredi 25 jusqu’à 21 h.