Editoriaux - Histoire - Industrie - Justice - Presse - Société - Table - 7 juillet 2017

GPA : après la décision de justice vient le temps de l’offensive médiatique

Avez-vous remarqué l’offensive médiatique en cours des défenseurs de la GPA ? En l’espace de trois jours, profitant d’un arrêt de la Cour de cassation qui favorise la GPA en reconnaissant le statut de parents aux commanditaires d’un enfant à l’étranger, les interviews de promoteurs de cette pratique se sont multipliées sur les ondes. Deux exemples très significatifs parmi d’autres :

Mardi, c’est France Info qui diffuse l’entretien d’une jeune femme ayant vendu son corps dans ce qu’elle présente bien évidemment comme une démarche de pure charité pour soulager les souffrances psychologiques d’un couple en mal d’enfant. Questions non dérangeantes et bien orientées de la journaliste avec des réponses bien préparées avec les “éléments de langage” des lobbys pro-GPA.

Jeudi, c’est Europe 1 qui procède à “l’interview vérité” d’un papa gay ayant avec son conjoint deux petites jumelles conçues au Canada. Mais ce papa gay s’empresse de nous rassurer : au Canada, la GPA est très encadrée avec des normes éthiques élevées, notamment sur l’aspect financier, car les femmes porteuses ne sont défrayées que pour leurs frais et les contraintes. De la charité pure, on vous dit !

Avec la complicité des journalistes bobos qui ne cachent pas leurs opinions pro-GPA dans leurs questions, tout est fait pour marteler encore et toujours que la GPA est inévitable, que l’interdiction ne sert à rien car elle est largement contournée (on devrait aussi mettre fin à l’interdiction de la violence dans la société, étant donné qu’elle est violée tous les jours), que ces enfants n’ont pas de mère car ce ne sont pas les enfants biologiques de la mère porteuse (mais si, ils l’affirment vraiment ! Celle-ci n’est donc qu’un utérus ambulant) et que ces enfants sont le fruit d’une belle histoire d’amour merveilleuse qui se concrétise, qu’ils sont aimés et chéris par leurs deux papas ou leurs deux mamans, etc.

Jamais ne sont abordées les questions fondamentales soulevées par cette pratique telles que la commercialisation du corps de la femme avec l’apparition d’une industrie qui générera inévitablement des enjeux financiers et une nouvelle forme d’esclavage cachée dans les pays pauvres. Ou encore la négation complète de la relation biologique et psychologique entre un enfant et sa vraie mère qui l’a porté et nourri biologiquement pendant neuf mois (n’en déplaise aux idéologues de la GPA). Bref, la moralité de vendre son corps et ses capacités, puis d’abandonner contre rémunération un enfant qui porte ses gènes.

Cette rémunération qui est gênante puisqu’elle consacre la commercialisation du ventre des femmes et l’achat de bébés. Alors tout est fait pour l’occulter (ne pas en parler, ne pas révéler combien ils ont payé) et la détourner (c’est pour les frais engagés). Évidemment, les journalistes n’insistent pas et ne sont pas aussi pugnaces que lorsqu’il s’agit d’interroger Marine Le Pen. Mais rassurez-vous… la légalisation de la GPA n’est pas à l’ordre du jour en France.

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