Flambée du prix des carburants : et si on suspendait les certificats d’économie d’énergie ?
Un mois après le début du blocus iranien du détroit d’Ormuz, les prix à la pompe ont flambé, mais alors que les professionnels manifestent, voilà que la pénurie menace.
💬 Hausse du carburant : « Sans camions, la France n’avance pas ; la France s’arrêtera, et l’économie aussi », les routiers manifestent à Nantes pic.twitter.com/HUxt5Hz3IQ
— LCI (@LCI) March 31, 2026
Difficile de savoir, exactement, combien de pompes à carburant sont à sec Le 30 mars au soir, les estimations faisaient état de quelque 800 stations-service manquant de carburant. Ce 31 mars, le chiffre serait monté à plus d’un millier, sur les près de 10.000 stations que compte la France, comme le confirme la carte en ligne penurie-carburant.fr.
L’effet TotalEnergies
Ce gonflement subit serait dû au réseau TotalEnergies. Le pétrolier avait, en effet, décidé de bloquer ses tarifs à la pompe dans ses 300 stations métropolitaines, au début de la crise, et ce, pour une période d’un mois. Le prix du litre des carburants essence est donc actuellement bloqué à 1,99 euros et celui des diesel à 2,09 euros.
💬 "Maintenant, je viens chez Total parce que c'est moins cher"
➡️ Face à l'augmentation des prix du carburant, les automobilistes affluent dans les stations TotalEnergies où les prix sont bloqués pic.twitter.com/6onm7KV726
— BFM (@BFMTV) March 31, 2026
TotalEnergies ayant confirmé mettre fin à ce gel tarifaire à la fin mars, les automobilistes ont été nombreux à se ruer sur la station de la marque la plus proche pour faire le plein avant le 1er avril, ce qui a mis à sec de nombreuses réserves. La direction du groupe a, depuis, annoncé, dans la journée du 31 mars, proroger son gel des prix jusqu’au 7 avril.
Mais la valse tarifaire dans le réseau TotalEnergies n’explique pas à elle seule la pénurie constatée. Pour le spécialiste de l’énergie Philippe Charlez, contacté par BV, ce qui arrive n’est pas si surprenant. « Il y a un mois, sur la question de savoir si nous subissions un nouveau choc pétrolier, j’avais expliqué que dans un tel cas, il y a deux étapes. Dans un premier temps, on constate une augmentation des prix qui anticipe une pénurie, puis arrive la pénurie physique elle-même. »
Serions-nous donc au début de cette deuxième phase ? « Les pétroliers qui acheminent le pétrole depuis Abou Dabi sont ralentis dans une file d’attente lors de leur passage du canal de Suez, puis reprennent leur route jusqu’à Rotterdam. Ce voyage leur prend environ un mois. » Voilà qui correspond donc bien au temps passé depuis le début du blocus du détroit d’Ormuz… « En effet, confirme Philippe Charlez, les derniers pétroliers qui ont pu passer arrivent en ce moment en Europe. Jusqu’à présent, les premiers cas de pénurie que l’on constate sont purement d’ordre psychologique. Mais désormais, les raisons en seront physiques, du fait d’une baisse des quantités livrées. »
Une pénurie importante, mais partielle
La tension montante autour de cette crise pétrolière a relancé les débats autour des « stocks stratégiques ». Leur existence remonte aux années 1970. « Ils ont été créés à la suite du premier choc pétrolier par les pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], adhérents de l'Agence internationale de l'énergie, qui en gère les stocks et une utilisation mutualisée », rappelle Philippe Charlez. Et c’est une partie de ces stocks, 426 millions de barils, qui a été mise progressivement sur le marché à partir du 19 mars afin de freiner la flambée des cours. « Après une montée rapide des prix à plus de 100 dollars le baril, cela a permis de stabiliser les prix et nous sommes restés depuis un mois entre 100 et 117. »
En France, tous les carburants sont touchés par la hausse, mais plus fortement le gazole, du fait du parc professionnel, mais aussi du parc existant encore important sur le marché des voitures pour particuliers. N’oublions pas, non plus, la pénurie d’engrais azotés, qui sont fabriqués à base d'ammoniac au Moyen-Orient.
Parlant de pénurie, elle est tout de même relative. « Le trafic normal du détroit d’Ormuz est de vingt millions de barils/jour », rappelle Philippe Charlez, qui note cependant que le pipeline qui traverse la péninsule Arabique, « pour l’instant encore en service malgré la menace des Houthis, a un débit de sept millions de barils/jour ». Par ailleurs, le blocus d’Ormuz n’est pas hermétique, « il y a quelques pétroliers qui sortent. Au total, disons qu’il y a actuellement un déficit de dix à onze millions de barils/jour sur les marchés mondiaux. Environ 10 % de la production habituelle. C’est beaucoup, mais tout n’est pas bloqué. »
Francis Pousse, président de la branche stations-service et énergies nouvelles au syndicat Mobilians sur la crainte d'une pénurie de carburant: "Je ne suis pas spécialement inquiet, car les stocks en dépôt sont bien alimentés" pic.twitter.com/x3ylPE6zGm
— BFM (@BFMTV) March 9, 2023
La péninsule Arabique n’est pas la seule région productrice, rappelle Philippe Charlez : « L'Afrique, la Chine, les États-Unis ou encore la Russie continuent de produire. Et peuvent donc nous alimenter ? Sauf que cela nous coûte cher, puisque nous ne sommes pas producteurs nous-mêmes, mais seulement consommateurs. Y compris de pétrole russe, d’ailleurs, de façon détournée. Nous l’avons toujours été et le resterons. » Dans cette affaire, il ne faut bien sûr pas oublier le gaz et le kérosène. La crise pourrait bientôt pénaliser le trafic aérien.
Suspendre les certificats d'économie d'énergie ?
Que faut-il faire pour faire revenir les tarifs à des niveaux acceptables ? « Le blocage des prix à la pompe, que réclame LFI, est irréaliste, et "faire payer TotalEnergies" est de la pure démagogie », explique Philippe Charlez. « Je ne suis pas non plus convaincu qu’il soit une bonne solution que de baisser la TVA de 20 à 5,5 %, comme le propose le RN, car cela pèserait sur les finances publiques, et donc sur notre endettement. »
La solution serait, selon lui, le temps que la crise se résolve, « une suspension temporaire des certificats d'économie d'énergie, qui financent les énergies renouvelables. Cela ferait descendre le prix du carburant à la pompe de 17 à 18 centimes le litre. » Une solution économiquement viable et intéressante, en effet, mais politiquement peu envisageable. Tout ce qui touche au financement des usines à gaz écologiques en général, et à celui des éoliennes en particulier, fait partie du pacte passé entre Sébastien Lecornu et ses soutiens socialistes et écologistes. Son passage en force sur la PPE3 montre combien tout ce qui est « vert » est tabou, pour le gouvernement. Question de survie.
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33 commentaires
« canal de Suez, puis reprennent leur route jusqu’à Rotterdam. » Y a plus de port pétrolier à Marseille?
on a toujours pas de pétrole……..et l on a toujours pas d idées……………CQFD
Une baisse de la TVA profiterait aussi aux professionnels de la distribution de carburant , voir l’histoire de la baisse de la TVA sur les restaurants.
La Cour des comptes a récemment dressé un constat précis du coût des politiques de soutien aux énergies renouvelables en France. Entre 2016 et 2024, ces dispositifs ont représenté une dépense cumulée de 26,3 milliards d’euros pour les finances publiques, soit une moyenne annuelle de près de 2,9 milliards d’euros.
Et si on réduisait les aides aux migrants , les plus généreuses de l’UE , et si on réduisait les subventions aux associations , et si on réduisait l’aide au développement , et si on réduisait …
et si on réduisait …les cadeaux aux pays qui nous crachent dessus
Vous êtes sur la bonne voie ! Halte à l’immigration, remigration, seule solution pour rétablir les finances du pays
Une éolienne pollue un socle en béton est comparable a un blockhaus
Et « en même temps », comme dit l’autre, les bobos qui déclenchent des dizaines de milliers d’euros pour « économiser » les dépenses de chauffage… les pigeons sont en train de de se faire plumer douloureusement… jusqu’à quand ?
A quand la décision d’exploiter nos ressources en hydrocarbures de schiste avec de l’heptafluoropropane plutôt que de l’eau très risqué pour les nappes phréatiques. Décidément les écolos d’Europe et surtout français sont les grands châtieurs pour les français qui bossent et qui payent.
Au large de la Guyane et de l’ile europa nous avons des gisements de pétrole.
Il fut un temps où j’ai pensé que nous avions du pétrole dans nos territoires ultramarins et que les gisements de gaz de schiste étaient importants en France.
Étonnant.
Suspension immédiate et définitive des certificats d’économie d’énergie, qui ne font qu’augmenter la dette publique et ne servent à rien ! Nous n’avons pas besoin d’éolien et de solaire: nous avons ce qu’il faut avec les centrales nucléaires et les barrages hydroélectriques. Nous avons besoin de faire des économies pour réduire la dette publique et venir en aide aux automobilistes, transporteurs routiers, marins pêcheurs et agriculteurs.
Budget de l’agence française pour le développement pour le tiers monde 16 milliards. Agence qui sert strictement a rien .
Qui fait double emploi avec les aides de l’ue
Les ennemis des français sont au pouvoir depuis cinquante ans !
Pleurez et payez braves gens : … »pacte passé entre Sébastien Lecornu et ses soutiens socialistes et écologistes. »
On se réveille quand ??
pacte passé entre Sébastien Lecornu et ses soutiens socialistes et écologistes.
On reste sur sa faim après avoir lu le titre car il n’ est pas du tout dit ce que sont les « certificats d’économies d’énergies ».
Il est toujours temps de faire des économies d’énergie. On peut se féliciter du développement des voitures électriques et de l’isolation thermique. La crise serait pire sinon.
Le bon capitalisme, c’est le respect de la loi de l’offre et la demande. Il serait de plus malsain pour les finances publiques de réduire la TVA habituelle sous prétexte de montée des prix.
La France n’a pas de pétrole et doit trouver de meilleures idées. La France libre doit se passer de pétrole et optimiser son petit potentiel nucléaire et les énergies renouvelables.
« On peut se féliciter du développement des voitures électriques et de l’isolation thermique. » Y en aura au moins un…
Il est important de réduire la dépendance au pétrole et la pollution notamment la terrible pollution plastique.
Comme pour réduire la consommation de tabac, il est important de veiller à taxer le consommateur. C’est bon pour la France qui ne produit guère de tabac ni de pétrole. Que cela s’appelle taxe ou droit douanier peu importe.
Nouvelle preuve, s’il en fallait une, de l’impuissance congénitale de notre système politique : la survie d’un gouvernement issu d’alliances douteuses voire contre-nature (un comble pour un écolo me direz-vous) passe avant le bien commun et les français, cochon de payeurs. Nous ne sommes bons qu’à ça de toute façon, payer et la fermer. Et en disant merci qui plus est.
Oui, le pétrole en France il faut le pomper chez les autres et le payer.
C’est bête, on en avait et on l’a bradé avec le gaz en lâchant le Sahara. Mais ça, c’est une autre histoire.
Promesses faites aux écolos ? Et alors ? Celles faites aux Français ne les engagent pas apparemment. S’en souvenir lors de l’élection présidentielle
S Knafo estime a 90 milliards les dépenses inutiles au budget. Immédiatement applicables et on pourrait couper dedans.
Juste question de volonté.
Quand on voit deja 16 milliards pour les aides au développement du tiers monde , les subventions aux comites bidules et a l’europe et a la guerre a l’ukraine
Les dépenses pour subventionner la consommation de pétrole font partie des dépenses inutiles au budget.
Pour le remboursement de la dette un peu d’inflation ne fera pas de mal. Seule une dévaluation des milliers de milliards d’euros de dette peut permettre de s’en sortir.
Merci de m’éclairer quant aux subventions au pétrole. Quand je fais un plein de 100€, je paie 40€ de carburant plus 60€ de taxes, ce qui fait une taxation à 150%.