Feux de forêts : face à un phénomène croissant, la réponse pénale appelée à évoluer
Alors que les incendies qui sévissent à travers la France continuent de mobiliser d’importants moyens de secours, la Justice commence à répondre, avec les premières condamnations pour départs de feu.
À Mont-de-Marsan, ce mardi, le tribunal a condamné un homme d’une trentaine d’années, « très défavorablement connu des services de police » selon Ici Nouvelle-Aquitaine, pour avoir provoqué deux incendies ayant parcouru deux hectares de forêt dans les Landes. Le 23 juillet au soir, alors que l’incendie de Biscarrosse faisait déjà rage depuis plusieurs heures, l’homme avait jeté des mégots de cigarette par la fenêtre de sa voiture. Il a été condamné à quatre ans de prison, dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Une peine également motivée par d’autres faits commis contre les gendarmes lors de son interpellation en état d’ébriété : agression sexuelle, exhibition et menaces de mort.
Ailleurs, comme à Toulon, Rennes, Béziers ou encore Fontainebleau, les arrestations se suivent là où les pompiers s’activent pour éteindre les flammes. Au regard de l’émotion légitime que suscitent ces scènes infernales, les décisions de justice à venir seront sans nul doute scrutées de près, neuf feux sur dix étant d’origine humaine, selon l’Observatoire des forêts françaises.
Car, nous l’avons compris, ils l’ont répété, les incendies tels que la France en connaît actuellement sont amenés à se répéter de plus en plus fréquemment. Devant des massifs fragilisés par les sécheresses successives et une végétation de plus en plus inflammable, la réponse judiciaire sera-t-elle à la hauteur ?
À la lecture des différentes décisions rendues ces dernières années, il est permis d’espérer une évolution de ce côté.
Une réponse pénale pas vraiment convaincante
Le 25 juillet, le parquet de Rennes a ainsi indiqué que l’homme mis en examen après avoir reconnu quatre départs de feu à Cesson-Sévigné avait déjà été condamné par le passé pour des faits similaires qui lui avaient valu une incarcération puis un sursis probatoire arrivé à son terme en 2025, rapporte CNews.
En 2022, un jeune pompier volontaire pyromane, responsable de cinq départs de feu dans les Landes entre avril et juin, avait été condamné par le tribunal de Mont-de-Marsan à trois ans d’emprisonnement, dont deux assortis d’un sursis simple, peut-on lire dans Ouest-France. Une sentence affaiblie par son jeune âge, avait justifié la présidente de la cour.
Quelques mois plus tard, en septembre de la même année, un homme de 25 ans était reconnu coupable par le tribunal d’Évreux de « destruction involontaire par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d’autrui due à la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », rappelait Le Parisien. Sa peine, pour avoir causé le plus important incendie connu dans le département depuis 1976 en allumant un barbecue en forêt en plein mois d’août : seulement 4 mois avec sursis.
Plus exemplaire, cette fois, en août 2025, Ouest-France révélait qu'un trentenaire avait été reconnu coupable d’une dizaine de départs de feu en Anjou et condamné à 24 mois de prison, dont 10 avec sursis probatoire. Le juge du tribunal de Saumur avait ordonné qu’il écope des 14 mois restants en prison.
Plus récemment, encore, en mai 2026, le tribunal correctionnel de Fontainebleau a condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire un quadragénaire responsable de cinq départs de feu en Seine-et-Marne et dans le Loiret, rapporte encore Le Parisien. Deux hectares de forêt avaient été détruits, le 9 avril.
Des propositions de loi pour durcir la répression des incendies volontaires
Face à la hausse de ces feux d'ampleur, et en considération du contexte météorologique, les députés UDR et RN, Matthieu Bloch (Doubs) et Emmanuel Taché (Bouches-du-Rhône), entendent faire bouger le droit pour que de telles conséquences soient plus durement punies. Ainsi, le premier a annoncé, ce mardi, déposer une proposition de loi pour « renforcer la répression des incendies volontaires de forêt commis en période de risque exceptionnel de propagation », tandis que le second déposait hier une proposition allant dans le même sens pour « instaurer une réponse pénale ferme et systématique aux incendies volontaires ».
Les députés @groupeRN_off ,à l’initiative du député des Bouches du Rhône Emmanuel Taché, demandent l’instauration d’une réponse pénale ferme et systématique aux incendies volontaires. La fermeté est aussi un gage de prévention… pic.twitter.com/bvA9wiH4in
— Sébastien Chenu (@sebchenu) July 27, 2026
« À l’heure où les conditions climatiques amplifient considérablement les conséquences des incendies volontaires, il appartient au législateur d’adapter notre droit pénal à cette nouvelle réalité », explique, aujourd'hui, le député UDR du Doubs, qui souhaite faire alourdir la peine maximale à 30 ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende pour les cas les plus graves et lorsqu'un « risque exceptionnel de propagation aura été constaté », contre les 15 ans de prison et 150.000 euros actuellement prévus par la loi.
Nous devons adapter notre droit pénal aux nouvelles menaces.
Allumer un feu dans une zone sensible alors qu’on est en période critique est un crime !
Je dépose une proposition de loi pour créer une circonstance aggravante. pic.twitter.com/wz54qQjJ0Q— Matthieu Bloch (@MatthieuBloch) July 28, 2026
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59 commentaires
Ce que nous attendons de la justice c’est avant tout une protection des victimes puis une punition des criminels. Il n’est pas interdit d’avoir de l’imagination non plus. Par exemple dans l’application des peines. Pour tout pyromane 2 ans de prison ferme à réaliser en 6 ans pendant les mois de juin à septembre chaque année remplirait ces deux objectifs.
Il s’agit de crimes, les peines ne sont pas assez lourdes ni dissuasives telles qu’elles sont ..
La ville d’Arcachon (comme toute la Gironde) est placée en vigilance noire : interdiction d’aller en forêt (même de petits bois enclavés dans la ville), pas de rassemblements dans les lieux publics arborés, et interdiction, dans les jardins, des barbecues, des feux de toute sorte, et des outils susceptibles de provoquer des étincelles.
Moyennant quoi, une amie ayant constaté près de chez elle que des jardiniers professionnels utilisaient des débroussailleuses ou des taille-haies électriques, elle a téléphoné à la mairie et à la police municipale. Réponse de la réceptionniste, après avoir pris les coordonnées de l’appelante : je prends bonne note, et je vais faire remonter l’information. Et que croyez-vous qu’il se soit passé ? Rien du tout !
Vous auriez préféré une débroussailleuse thermique ?
La réponse pénale est pourtant simple, si on s’en donne la peine.
C’est le simple bon sens ! Au vu des incendies de cet été, et il n’est pas fini, le laxisme actuel n’est pas dissuasif.
Avant, les paysans et bûcherons brûlaient eux-même leurs déchets végétaux d’une manière maîtrisée (ce qui éliminait aussi la vermine). Maintenant les forêts et les haies sont un fouillis sans nom de broussailles et de branches mortes. Pas étonnant que çà s’enflamme à la moindre étincelle et que çà se propage.
des lignes du code pénal modifiées el alourdissant les peines……..mais comme celles qui exxistent ne sont pas appliquées par les juges rouges !……ils s’auto-occupent, comme d’habitude pour ….aucune conséquence dans les faits
Certes de la prison ferme pour les pyromanes . MAIS ,également un procès devant un tribunal populaire pour ceux qui ont gouvernés et ceux qui gouvernent . Des canadairs cloués au sol par manques d’entretiens , sans parler des canadairs que Attal a jugé bon d’annuler les commandes ,avec l’aval de Macron bien sur !!!!
Il le faudrait !
Certains politiques gesticulent et proposent une surenchère de lois en prenant des poses de matamores… Il suffirait que la justice applique ce qui existe déjà :
« En France, l’incendie volontaire de biens d’autrui est puni de 10 ans de prison et de 150 000 euros d’amende de base, selon l’Article 322-6 du Code pénal. Ces peines augmentent fortement selon les dégâts causés et la nature des lieux ciblés. »
Il me semble même que l’amende est passée à 300 000 et la prison 15 ans
Pourquoi voter des peines encore plus sévères si nos juges rouges se refusent à les prononcer ?
Ce sont certains juges que l’on devrait enfermer !
Allumer un feu c’est « mise en danger de la vie d’autrui » . La photo des incendiaires doit être publiée pour qu’on les reconnaisse . Et les condamner à payer à vie pour réparations.
Actuellement la justice n’est pas à la hauteur dans tous les domaines !! L’idéologie a remplacé la logique et le bon sens !!Un exemple simple , on manque d’eau ,c’est la sècheresse ,mais la justice demande de détruire des « bassines » réserves d’eau !!
Ça vient du XVIe siècle
« Quand larrons au gibet iront, alors le bon temps reviendra « .
Et pourquoi ne pas faire évoluer les peines en condamnant les pyromanes à des sanctions utiles : assortir la prison ferme à de la semi-détention, pas semi liberté, la nuit en prison et le jour a planté des arbres sous surveillance pénitentiaire.
Napoléon avait réglé le problème des pyromanes, le peloton d’exécution.
Ancien Régime: La nature du supplice : Provoquer volontairement un incendie (en ville ou dans les campagnes) était considéré comme un crime d’une extrême gravité, assimilé parfois à la trahison ou à l’empoisonnement en raison du danger collectif. Les incendiaires reconnus coupables étaient condamnés à mort, souvent par le bûcher ou la pendaison, et l’arrêt prévoyait fréquemment des peines infamantes complémentaires.
Le Code pénal de 1791 : Il maintient la peine capitale pour le crime d’incendie, en remplaçant toutefois les anciens supplices cruels par la décapitation (la guillotine). Les condamnés pour incendie devaient d’ailleurs se rendre au supplice vêtus d’une chemise rouge distinctive. Le Code pénal de 1810 : Promulgué sous Napoléon Ier, il punissait de la peine de mort quiconque mettait le feu à des bâtiments, habitations, ou autres biens réglementés. Cependant, face à cette sévérité maximale pour des destructions parfois jugées purement matérielles, les jurés des cours d’assises prononçaient souvent des acquittements par indulgence, ce qui a conduit le législateur à tempérer progressivement les textes au cours du XIXe siècle.
Napoléon avait du courage, le sens de l’anticipation et l’amour de la France. Une société débridée sur le point de devenir folle par le biais, entre autres, de réseaux sociaux où le plus choquant, le plus stupide parfois passe pour un acte héroïque ou un exploit. Après des décennies de laxisme et d’idéologie politique gauchiste ou affiliée, on ne pourra s’en sortir que par des mesures à la hauteur du mal qui nous ronge et qui risque de nous tuer. Que celui qui aurait d’autres idées en tête essaie donc la psychologie et le dialogue avec « une fierté », terme donné à un groupe de fauves dans notre cas enragé.
Ils étaient fusillés sous Napoléon. Il est évident qu il ne se faisait pas des amis et il fallait avoir du courage pour prononcer ces peines.
Des pompiers sont morts, les incendiaires sont en conséquence des criminels.
Tout à fait !