Feux de forêts : face à un phénomène croissant, la réponse pénale appelée à évoluer

Devant ces incendies amenés à se répéter, la réponse judiciaire est-t-elle à la hauteur ?
Les pompiers sur la ligne de feu en Gironde - Crédit photo SDIS 33
Les pompiers sur la ligne de feu en Gironde - Crédit photo SDIS 33

Alors que les incendies qui sévissent à travers la France continuent de mobiliser d’importants moyens de secours, la Justice commence à répondre, avec les premières condamnations pour départs de feu.

À Mont-de-Marsan, ce mardi, le tribunal a condamné un homme d’une trentaine d’années, « très défavorablement connu des services de police » selon Ici Nouvelle-Aquitaine, pour avoir provoqué deux incendies ayant parcouru deux hectares de forêt dans les Landes. Le 23 juillet au soir, alors que l’incendie de Biscarrosse faisait déjà rage depuis plusieurs heures, l’homme avait jeté des mégots de cigarette par la fenêtre de sa voiture. Il a été condamné à quatre ans de prison, dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Une peine également motivée par d’autres faits commis contre les gendarmes lors de son interpellation en état d’ébriété : agression sexuelle, exhibition et menaces de mort.

Ailleurs, comme à Toulon, Rennes, Béziers ou encore Fontainebleau, les arrestations se suivent là où les pompiers s’activent pour éteindre les flammes. Au regard de l’émotion légitime que suscitent ces scènes infernales, les décisions de justice à venir seront sans nul doute scrutées de près, neuf feux sur dix étant d’origine humaine, selon l’Observatoire des forêts françaises.

Car, nous l’avons compris, ils l’ont répété, les incendies tels que la France en connaît actuellement sont amenés à se répéter de plus en plus fréquemment. Devant des massifs fragilisés par les sécheresses successives et une végétation de plus en plus inflammable, la réponse judiciaire sera-t-elle à la hauteur ?

À la lecture des différentes décisions rendues ces dernières années, il est permis d’espérer une évolution de ce côté.

Une réponse pénale pas vraiment convaincante

Le 25 juillet, le parquet de Rennes a ainsi indiqué que l’homme mis en examen après avoir reconnu quatre départs de feu à Cesson-Sévigné avait déjà été condamné par le passé pour des faits similaires qui lui avaient valu une incarcération puis un sursis probatoire arrivé à son terme en 2025, rapporte CNews.

En 2022, un jeune pompier volontaire pyromane, responsable de cinq départs de feu dans les Landes entre avril et juin, avait été condamné par le tribunal de Mont-de-Marsan à trois ans d’emprisonnement, dont deux assortis d’un sursis simple, peut-on lire dans Ouest-France. Une sentence affaiblie par son jeune âge, avait justifié la présidente de la cour.

Quelques mois plus tard, en septembre de la même année, un homme de 25 ans était reconnu coupable par le tribunal d’Évreux de « destruction involontaire par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d’autrui due à la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », rappelait Le Parisien. Sa peine, pour avoir causé le plus important incendie connu dans le département depuis 1976 en allumant un barbecue en forêt en plein mois d’août : seulement 4 mois avec sursis.

Plus exemplaire, cette fois, en août 2025, Ouest-France révélait qu'un trentenaire avait été reconnu coupable d’une dizaine de départs de feu en Anjou et condamné à 24 mois de prison, dont 10 avec sursis probatoire. Le juge du tribunal de Saumur avait ordonné qu’il écope des 14 mois restants en prison.

Plus récemment, encore, en mai 2026, le tribunal correctionnel de Fontainebleau a condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire un quadragénaire responsable de cinq départs de feu en Seine-et-Marne et dans le Loiret, rapporte encore Le Parisien. Deux hectares de forêt avaient été détruits, le 9 avril.

Des propositions de loi pour durcir la répression des incendies volontaires

Face à la hausse de ces feux d'ampleur, et en considération du contexte météorologique, les députés UDR et RN, Matthieu Bloch (Doubs) et Emmanuel Taché (Bouches-du-Rhône), entendent faire bouger le droit pour que de telles conséquences soient plus durement punies. Ainsi, le premier a annoncé, ce mardi, déposer une proposition de loi pour « renforcer la répression des incendies volontaires de forêt commis en période de risque exceptionnel de propagation », tandis que le second déposait hier une proposition allant dans le même sens pour « instaurer une réponse pénale ferme et systématique aux incendies volontaires ».

« À l’heure où les conditions climatiques amplifient considérablement les conséquences des incendies volontaires, il appartient au législateur d’adapter notre droit pénal à cette nouvelle réalité », explique, aujourd'hui, le député UDR du Doubs, qui souhaite faire alourdir la peine maximale à 30 ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende pour les cas les plus graves et lorsqu'un « risque exceptionnel de propagation aura été constaté », contre les 15 ans de prison et 150.000 euros actuellement prévus par la loi.

Vos commentaires

59 commentaires

  1. en provence , les forêts ne sont pas entretenues!
    les gardes forestiers ne gèrent pas la forêt.
    ils font de la répression idiote.
    En bourgogne , on fait les affouages et de ce fait les forêts sont entretenues et les semis ne sont pas étouffés!
    les gardes gèrent les arbres qu’il faut couper et ceux que l’on doit laisser!

  2. Les auteurs de ces incendies en matière criminelle doivent être sévèrement punis par de lourdes peines de prison et le cas échéant privés de tous le bien comme ils privent ce qui en ont en mettant le feu volontairement. Les auteurs d’incendies par imprudence ou négligence doivent également payer l’addition au prix fort.

  3. He allez voilà une bonne raison pour permettre au deputes de s’occuper er s’echarpper,durant des semaines a voter des
    lois que les juges n’appliqueront pas .Pourtant les pyromanes comme les pédophiles sont la plupart du temps des récidivistes qui ne » peuvent s’empecher »,xnx’est pour cela qu’il fait recréer les bagnes et les écarter a vie..Au Kerguelen pour mettre le feu..bon courage!

  4. Il y a la peine pour celui qui boute le feu,mais je me demande s’il est bien toujours seul ou avec un copain, s’il n’y a personne plus haut, genre idée pour un lotissement, des éoliennes, des « fermes » solaires, des complexes touristiiques, des campings…il y a tellement de complots ! Je vois bien cette petite tendance anodine qui se dessine doucement, trop de monde où vous allez en vacances ? Regardez ce petit coin tranquille, charmant, il n’y a personne et c’est pas loin, c’est encore intact…

  5. Les pyromanes détruisent des régions, des économies, tuent des gens et des animaux et ne sont pas punis, c’est scandaleux … 20 ans de taule quand ce n’est pas l’euthanasie en vue des dommages causés, en France on cultive le voyou et on s’étonne des conséquences.

  6. En fait, il n’y a pas besoin de durcissement des peines qui existent mais ne sont pas appliquées par les juges. Il suffit d’instaurer des peines plancher qui les empêcheront de contourner la loi. Idem pour les pilleurs et casseurs, en fait idem pour tous les faits de criminalité et de délinquance.
    Les seules peines plancher existant sont pour les usagers de la route, c’est à dire ceux qui ne sont pas des délinquants.

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