Femmes djihadistes : et si on écoutait vraiment tout ce qu’elles disent ?

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Allons-nous, à l'avenir, connaître des attentats commis par des femmes musulmanes radicalisées sans avoir mis un pied ni en Irak ni en Syrie ? À la lecture de l'article paru le 5 mai dans Le Monde intitulé "Depuis quatre ans, douze projets d'attentats ont impliqué des femmes", on s'interroge. En outre, Le Monde du 4 mai nous apprend que l'État islamique, en difficulté militaire, appelle désormais les femmes à rejoindre les hommes au combat. Ce que certaines font, tandis que d'autres décident de quitter « le califat ». 

Elles sont vingt-deux Françaises à avoir envisagé de tuer ou encore à être, sans le succès escompté, passées à l'acte. Vingt-deux Françaises parmi lesquelles neuf mineures et neuf converties. Avec des envies d'attentats plein la cervelle ou celle de devenir « la veuve » d'un homme "rentré dans l'Histoire". Quel projet...

Toutes ces filles, des produits de l'école, des médias, de la société entière, des filles en mal de foi et de virilité qui se sentent « opprimées » par les nouvelles valeurs de « l'Occident » en lesquelles elles ne se reconnaissent pas ? Se poser la question, non pas pour justifier leurs actions mais pour regarder en face la société - le "terreau", comme on dit - où elles ont grandi.

Vingt-deux djihadistes femmes arrêtées et, pour certaines d'entre elles, jugées (et qui, à l'instar de la quinzaine de « revenants » déjà libérés, un jour pas si lointain, recouvreront elles aussi leur liberté) qui constituent une "menace endogène", laquelle "se maintient à un haut niveau", conclut l'étude de la Direction des affaires criminelles et des grâces. S'y ajoutent, depuis le 19 janvier 2018, vingt-six « revenantes » mises en examen, dont quinze en détention provisoire et six déjà jugées... Bref, un seul islamiste pouvant tuer 85 personnes, toutes ces données cumulées font froid dans le dos.

Et elles sont encore 298 Françaises, soit la moitié – la moitié ! - des 676 adultes adultes recensés (hors décès survenus depuis) sur les zones de guerre.

Alors, quoi d'autre les motive à quitter leur pays ? La recherche d'une vie en communauté, le renforcement identitaire, un idéal de solidarité, écrit le rapport de la DACG, qui leur a posé la question. Mais aussi un idéal féminin à rebours de celui de la femme occidentale prôné par le magazine Dar Al-islam : la totale soumission à leur mari djihadiste. Sauf que...

Sauf que, l'État islamique manquant de combattants, il leur accorde désormais une « place grandissante ». Fini de laver les caleçons du mari et d'être une machine à faire des enfants. Elle se bat, avec de vraies armes, pour tuer de vrais gens. Et, le moins que l'on constate, c'est que, dans le fanatisme, la femme musulmane radicalisée n'a rien à envier à son pendant masculin.

"On a peut-être été trop scrupuleux au début en se disant que les femmes suivaient leurs maris et se cantonnaient à des tâches ménagères en Syrie", reconnaissait, il y a deux ans, le procureur de Paris. Et oui, elle flagelle, elle mène des attentats : la « muhajirat » (femme migrante) en zone de guerre s'émancipe ! Ces femmes, définitivement irrécupérables puisque, à leur retour, expriment toujours "une adhésion idéologique assumée" et leur "aversion" pour l'Occident ? On les croisera un jour ici ou là, funestement ou non, et leurs enfants conditionnés grandiront...

Mais les autres, celles qui ont vécu un « cauchemar », violées, qui ont vu de leurs yeux vu "les lapidations de femmes accusées d'adultère, des parties de foot des enfants avec des têtes coupées ou des exécutions suivies d'exposition publique des corps mutilés", sont-ce toutes ces horreurs qui les ont décidées à rentrer ? Pas vraiment ! C'est la faute... aux "bombardements", qui commençaient à pleuvoir sur leur tête ou parce qu'elles se sont rendu compte qu'elles "n'avaient pas le droit de vivre".

Mais il faudrait peut-être entendre vraiment le cri du cœur de l'une de ces femmes revenues de l'horreur : "Maintenant je ne suis plus musulmane car je suis dégoûtée vu tout ce qui m'est arrivé..." Espérons que l'on ne lui fera pas de procès pour son amalgame entre islam et islamisme...

Caroline Artus
Caroline Artus
Ancien chef d'entreprise

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