Quand elle remporta le championnat d’ de lancer de poids, en 1986, elle s’appelait Heidi Krieger. Devenue Andreas Krieger en 1997, cet.te ancien.ne athlète ex-allemand.e a rendu sa médaille et demandé à ce qu’on efface ses records des tablettes.

Entre 1972 et 1988, la RDA a remporté, aux Jeux olympiques d’été, 144 médailles d’or, 120 médailles d’argent et 120 autres de bronze, soit un total de 384 podiums. Le dopage institutionnel portait un nom : « Plan d’État 14-25 ». Une machine de guerre sportive à base d’anabolisants et de stéroïdes qui a transformé des générations de jeunes filles en trans bodybuildés pour mieux écraser les adversaires de leur supériorité physique.

C’était il y a trente ans. Une éternité… Et dans un retournement dont notre époque est friande, le problème qui se pose aujourd’hui est « pourquoi ne pourrait-on inclure les sportives trans dans les équipes féminines ? » À comprendre inclure les Andreas Krieger devenus Heidi Krieger, ce qui change tout, forcément : se transformer en homme quand on concourt chez les femmes, c’est de la triche ; l’inverse, non.

À quelques mois des Jeux olympiques de Tokyo, la question est épineuse et le débat fait rage aux États-Unis. Ainsi Caitlyn Jenner, ancienne athlète de haut niveau, icône et candidate au poste de gouverneur en Californie, vient de mettre les pieds dans le plat. Traître à la cause, elle s’est déclarée opposée à l’« inclusion des jeunes filles trans dans le sport féminin à l’école ». « C’est une question d’équité », dit-elle. Une position odieusement conservatrice qui fait scandale.

On apprend, par Le HuffPost du 5 mai, que plusieurs États américains sont néanmoins sur cette ligne et veulent interdire aux femmes transgenres de participer aux compétitions sportives féminines. Deux jeunes sportives « cisgenre » (autrement dit, femmes se vivant comme femmes) ont même porté plainte contre l’Idaho pour que soit rétablie une loi en ce sens.

Mais si leur avocat affirme que « les hommes ont naturellement des avantages athlétiques sur les femmes et leur identification [à un autre genre, NDLR] ne change rien au fait qu’ils ont en moyenne une plus grande force physique, une plus grande vitesse et une plus grande endurance », l’argument n’est pas partagé par tout .

Le HuffPost a interrogé une doctorante en STAPS à l’ Paris-Saclay, Lucie Pallesi, auteur d’une thèse sur « La transidentité et le sport de compétition ». On me pardonnera cet a priori, mais ça sent le militantisme à plein nez… D’ailleurs, consultant son portrait sur les réseaux (LinkedIn), je la découvre avec une fine moustache et un embryon de barbichette. Bref, Lucie est formelle : ce sont de « pseudo-arguments scientifiques sans fondements ». Sa consœur Anaïs Bohuon, même profil et même métier d’enseignante à Paris-Saclay, l’affirme : « Tous les records olympiques sont le fait d’hommes. Mais ces records s’inscrivent dans une et ne sont pas la résultante de quelque chose de naturel. » Si les femmes sont moins performantes, c’est parce qu’elles ont été « limitées à certaines pratiques sportives qui ne sollicitaient pas la robustesse et la force, mais plutôt la grâce et l’élégance », cela, pour ne « pas mettre en danger leurs organes reproducteurs ».

Elles sont soutenues dans leur analyse par un professeur de civilisation américaine à l’université de Rouen, Peter Marquis. Pour lui, « le sport moderne, né au XIXe siècle, repose sur une vision sexiste de l’humanité » et les différences de résultats tiendraient davantage à « l’investissement financier » qu’à la force physique.

Anaïs Bohuon en est sûre : on rejette « les femmes de ces compétitions sportives pour des raisons philosophiques, parce que ça remet en cause nos définitions de la binarité et de ce que ça veut dire que d’être une “vraie femme” autorisée à concourir ».

Il reste une solution : faire courir ensemble les +, avec ou sans moustaches.

7 mai 2021

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