Il souhaitait « brûler un peu sa femme pour lui laisser des marques », rapporte le procureur de Bordeaux au sujet du meurtre commis par Mounir B., indiquant également que Chahinez, la victime, « était encore en vie au moment de l’immolation ». L’inhumanité poussée jusqu’à son paroxysme permet qu’aujourd’hui en France, et en plein jour, on égorge un prêtre, décapite un professeur, tire à bout portant sur la et, désormais, brûle vive une femme. Après le chaos sanitaire, le chaos sécuritaire.

Le meurtrier était pourtant connu « défavorablement » des services de et de la Justice, il avait déjà été condamné sept fois pour conduite sous l’empire de l’, violences avec usage d’une arme, vol avec destruction ou dégradation, et violences par conjoint en présence d’un mineur. Condamné le 25 juin 2020 à 18 mois de , dont 9 mois avec sursis probatoire pendant deux ans. « Il avait obten, à compter du 5 octobre », une mesure de placement extérieur spécifique pour les auteurs de . Libéré le 9 décembre 2020, « il était depuis suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation de la Gironde », indique Le Figaro.

Service pénitentiaire manifestement défaillant ou dépassé par ce dossier puisque celle qui arrivait régulièrement avec des yeux au beurre noir n’a pas pu être protégée de la cruauté de son époux. Tout savait qu’elle était en danger. « Il y a près de deux mois, il l’a une nouvelle fois agressée devant un supermarché. Il a réussi à la faire monter dans son fourgon et a tenté de l’étrangler. Elle est parvenue à s’enfuir », témoigne une voisine, dans Sud-Ouest. Céline Piques, présidente d’Osez le féminisme !, pointe l’inaction de l’État sur France Info : « Sur 200.000 plaintes, 70 bracelets électroniques ont été placés, c’est une blague ? » De son côté, Anne-Sophie Chazaud poste sur Facebook « Je rappelle donc que, pendant de longs mois, notre police a été dévoyée délibérément dans le but de réprimer l’opposition sociale et politique visant la critique de l’action macronienne laquelle consiste à liquider le pays. »

Cette famille s’était installée dans un quartier pavillonnaire tranquille de Mérignac. La mère de trois enfants, âgée de 31 ans, était employée de mairie dans une cantine. Elle aspirait à une vie paisible mais le couple ne s’entendait plus. L’Algérienne, arrivée en France il y a cinq ans, avait obtenu la nationalité française après son mariage avec Mounir. Elle aspirait à vivre « comme une française » en portant des jeans ou sortant dans des cafés, son mari ne voulait pas. Combien de Chahinez vivent, aujourd’hui en France, dans le silence, la peur et l’humiliation permanentes, cette tension entre deux cultures et ne peuvent s’assimiler librement sans se trouver en danger de mort ? Combien de victimes de la barbarie laissera-t-on périr encore ? L’ a du sang sur les mains. Notre indifférence et nos renoncements aussi.

7 mai 2021

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