« Fantasme d’extrême droite » : pour Mathilde Panot, vos ancêtres n’ont pas existé

Sous des airs souriants et faussement débonnaires, Mathilde Panot a des propos d’une brutalité rare.
Capture d'ecran
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Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube d’extrême gauche Le Média, Mathilde Panot qualifie la France blanche et chrétienne de « fantasme d’extrême droite » et célèbre, au contraire, « la nouvelle France ». Ces propos marquent-ils un tournant dans le discours de LFI ?

Il faut citer précisément ses mots : « Les fantasmes d’extrême droite ne sont pas la réalité de ce que les gens vivent. » Puis : « La nouvelle France est pour nous un concept très puissant. » Plus loin, encore : « Une France blanche, une France chrétienne […] c’est un fantasme complet sur ce qu’est le pays. » Avant d’ajouter, sans voir la contradiction : « On a un peuple qui a profondément changé depuis 1958 », notamment parce qu’« un Français sur trois » aurait désormais un grand-parent étranger (contre un sur dix, alors).

Sur le simple plan logique, cela ne tient pas. Si la France blanche et chrétienne n’a « jamais existé », comment peut-il y avoir une « nouvelle France » ? Nouvelle par rapport à quoi ? Reconnaître qu’un peuple a « profondément changé », c’est admettre qu’il existait auparavant sous une autre forme. La contradiction saute aux yeux.

En réalité, cette rhétorique révèle quelque chose de plus profond : l’obsession identitaire de LFI. Désormais, aucun entretien d’un cadre insoumis ne semble pouvoir se dérouler sans référence à la couleur de peau. Tout y ramène. Et l’on retrouve toujours la même association : « blanc » et « chrétien ». Comme si une religion était une pigmentation.

Ce raisonnement est emprunté à d'autres latitudes. En Afrique subsaharienne ou au Moyen-Orient, les islamistes assimilent souvent les chrétiens aux « Blancs » ou aux complices de l’Occident. Au Nigeria, où des massacres de chrétiens continuent dans une indifférence presque totale de la gauche française, des prêtres expliquent que les catholiques sont suspectés d’être culturellement occidentaux, bien qu’ils soient noirs.

Mais le plus intrigant est le glissement du discours vers l'effacement assumé d'un fait historique, culturel et patrimonial. Que cette réalité ait reculé est une chose. Prétendre qu’elle n’a jamais existé en est une autre. Pendant des années, la gauche radicale dénonçait la « France rance », mais elle ne niait pas son existence. Puis vint le temps où le « Grand Remplacement » était présenté comme un fantasme : « Vous ne voyez pas ce que vous voyez. » Désormais, une étape supplémentaire est franchie : ce fantasme, ce serait vous. Vos ancêtres, vos villages, vos églises, vos tableaux, vos photos, vos livres d’histoire.

À écouter Mathilde Panot - que l'on savait déjà mauvaise en géographie, on la découvre aussi nulle en histoire ! -, les calvaires aux carrefours, les églises dans chaque commune, les milliers de villages portant des noms de saints seraient des illusions d’optique. Pourtant, la France compte environ 50.000 lieux de culte chrétiens et plus de 4.500 communes portant un nom de saint. Rien qu’en Bretagne, on recense plus de 20.000 croix. Le moine Raoul Glaber écrivait déjà, vers l’an mil, que l’Europe s’était couverte d’un « blanc manteau d’églises ».

Violence du discours

Et c’est là toute la violence de ce discours. Il ne consiste plus à dire « Nous voulons transformer la France » mais à effacer l’héritage antérieur comme s’il n’avait jamais existé. Faire table rase : la vieille tentation révolutionnaire inscrite dans les paroles de l'Internationale. On connaît ces méthodes. Les plus zélés pour les mettre en œuvre, les plus obséquieux sont souvent ceux qui ont des gages à donner : on se souvient de sa mine déconfite lorsqu'à ses côtés, Rima Hassan avait claironné que le temps du porte-parolat était révolu. Son prénom de reine médiévale, mère du fondateur du Saint Empire germanique et sainte patronne des mères de famille nombreuse, la rattache plus à la France-blanche-et-chrétienne-qui-n'existe-que-dans-les-fantasmes-de-l'extrême-droite qu'à la nouvelle France qu'elle appelle de ses vœux. On cherche désespérément ses quartiers de diversité. Gare, en voulant faire le grand ménage, de ne pas partir avec l'eau du seau à serpillière.

Sous des airs souriants et faussement débonnaires, Mathilde Panot a des propos d’une brutalité rare. Ce ne sont pas les premiers. On se souvient déjà de sa phrase sur Némésis : « Sinon, ça va mal finir. » Que voulait-elle dire, au juste ?

Certains balaient ces déclarations d’un revers de main au motif que tout ce qui est excessif serait insignifiant. Ils ont tort. Mathilde Panot pèse (encore) lourd dans le parti : co-fondatrice de LFI, elle en préside le groupe à l’Assemblée nationale. Or, aujourd'hui, dans un sondage Odoxa, Jean-Luc Mélenchon talonne Édouard Philippe pour l'accession au second tour de la présidentielle.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

132 commentaires

  1. Je me demande d’où elle sort et ses collègues aussi. Qu’est-ce qui a bien leur passé par la tête ?

  2. L’information nationale est saturée par les propos de LFI. Pas un jour sans que cette secte ne nous abreuve de propos délirants. N’oublions pas une seule chose ,c’est qu’a travers le discours d’une « nouvelle France  » se cache le retour d’une idéologie communiste la plus dure dont on connaît les effets sur l’humanité et les malheurs des peuples. LFI c’est le retour au passé ,pas celui d’une nouvelle France mais d’un universalisme teinté d’esprit révolutionnaire et de ses corollaires. Un nouveau Staline pour la France? une nouvelle nomenklatura? quelle avancée ! Seule la couleur de ses thuriféraires a changée, le blanc n’adhère plus, il n’y a qu’a flatter les gens de couleur. Demain notre pays sera confronté à une réalité: le retour à l’obscurantisme idéologique ou bien le destin d’une nation qui se retourna contres ses bourreaux.

  3. Effectivement la rhétorique de Panot rejoint celle de Macron quand il disait que la France n’a pas de culture les frères ennemis ont des accointances verbales qui font vraiment frémir !!!

  4. Le problème de Mathilde Panot, comme pour beaucoup de ses amis de LFI, c’est que sortis des villes à forte population émigrée, il y a la France. Celle dans laquelle ses discours lui vaudrait, au mieux, une volée de tomates trop mures.

  5. Il faut surtout la laisser parler. Et ne pas l’écouter plus que ça : moins on l’écoute, plus elle a besoin de dire des énormités encore plus grosses pour se faire entendre.

  6. «  »Violence des propos » » de M.Panot… Inversement proportionnels aux résultats ds les urnes : sur plus de 500 municipalités « revendiquées », 7 sont conquises… Quel raz de marée !!! Cette suffragette n’a aucune importance ! Sauf celle que lui donnent les tambours médiatiques prompts à amplifier l’insignifiance des propos tenus par cette personne… Quant aux « restes » socialistes, 2027 se chargera de les remettre à leur vraie place: celle des fossoyeurs d’une France toujours combative, enfin débarrassée de leur idéologie mortifère.

  7. son discours est complètement illogique. Mais, étant donné l’inculture actuelle, on l’écoute et on la suit. Elle est dangereuse.

  8. Une nouvelle provocation dont les « bordelisants » ont le secret. Ils n’hésitent pas à sortir sciemment des contrevérités aussi grosses qu’eux et celle-ci est de taille (et pour cause). Cela leur permet d’exister médiatiquement. Ce bruit permanent finit quand même par lasser.

  9. Pourquoi tant de haine à vouloir détruire une France qui n’a jamais existé ? Détruire un néant, il n’y a que LFI pour concevoir une telle idée.

  10. Dans quel monde vit cette dame . Faut-il lui rappeler que chaque jour ce qu’elle se plait à marteler « la nouvelle France » c’est celle de ces voyous venant des quartiers de Nantes si chers à Mme Rolland , avec ce dernier exemple en date à la Baule-Escoublac qui viennent pour en découdre avec les autochtones ou les touristes .
    Ou bien encore ce jour même ces garnements qui ont ouvert les bornes à incendie en pleine ville , des crimes perpétrés dans la ville de Grenoble . Vraiment ces ultra gauchistes ne savent rien proposer , que de vilipender ce qui à forger la société française par son histoire , ses moeurs et sa religion judéo-chrétienne. Et penser que Mélenchon est crédité de 16% d’intentions de vote au premier tour , on se dit que ces soutiens sont des révoltés, des révolutionnaires, des antisémites ou des soutiens inconditionnels au terrorisme . De grâce Mme Panot ouvrez les yeux , écartez grand vos oreilles et surtout mettez votre logorrhée abondante et inepte en sourdine.

  11. « …la nouvelle France, c’est la nôtre…. » disait Monsieur Mélenchon il y a peu. Une « nouvelle France » qui, par miracle, pourrait être présidée dans un an par un « nouveau dirigeant » de 76 ans, ce serait cocasse, non ?

  12. J’ai eu la « chance » d’avoir vécu dans un pays communiste avant la chute de Ceaucescu. Mais même eux n’ont jamais nié l’origine des roumains : les geto-daces.
    Mathilde Panot ignore les gaulois, les francs, la France qui a fait que sa langue et sa culture ont fait le tour du monde. Sur le premier étage de la Tour Eiffel, sont présentés les nombreux savants qui ont fait la gloire de la France.
    Tout cela pour faire plaisir à des nouveaux arrivants sur cette terre péninsule du continent européen.

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