Familles nombreuses : malheureuses peut-être, écolos sûrement !

Plutôt le moral en berne, ces familles de trois enfants et plus ; à lire cette enquête de l’UNAF, c’est « 62 % des familles nombreuses qui jugent leur image négative ». Elles avouent se sentir assimilées à « des gens qui profitent », « qui vivent des allocations au lieu d’aller travailler ». Leurs concitoyens les jugent, dans l’ensemble, « bruyantes », « trop envahissantes » et « encombrantes ». Quel triste bilan !

Mais ce n’est pas tout. Au regard négatif de certains, on pourrait rajouter le mépris officiel du président de la République qui, avec cette petite phrase assassine, « Présentez-moi une femme parfaitement éduquée qui ait 7, 8 ou 9 enfants », aurait un peu tendance à prendre les mères de familles nombreuses pour des demeurées.

Ne parlons pas de ces écologistes pour qui les parents sont, à la limite de la délinquance, coupables de procréation. Un nouveau modèle vertueux d’individus est né : les « No Kids », ceux qui renoncent à avoir des gosses pour sauver la planète Terre.

En toute logique, dans leur grande majorité, les familles interrogées par l’UNAF ont le sentiment d’être de moins en moins soutenues par la politique familiale. Plus qu’une impression, c’est la réalité : depuis 2012, les baisses du quotient familial, la modulation de leurs allocations et la disparition des dispositifs locaux (gratuité des transports scolaires, tarifs préférentiels dans la restauration scolaire…) n’ont fait qu’appauvrir les familles. La première de leurs difficultés est d’ordre matériel : 73 % des familles de quatre enfants ont du mal à boucler leurs fins de mois.

Sans encouragement financier, c’est inéluctable : « Le niveau de vie des familles nombreuses est très inférieur à celui des familles de un ou deux enfants. Celles ayant 3 enfants à charge perdent 14 % de leur niveau de vie médian par rapport à celles qui n’en ont que 2. »

Et pourtant, contre toute attente, malgré l’abandon et le mépris des politiques, « les familles nombreuses, loin d’être une population marginale ou résiduelle, sont un phénomène massif et durable ». Plus d’un enfant sur trois, en France, vit en famille nombreuse. Malgré les écolos, malgré les gouvernements successifs, envers et contre tout ; quel héroïsme ! Selon l’UNAF, « avoir 3 enfants demeure l’idéal personnel d’un tiers de la population ». Mystère et grandeur de l’âme humaine qui ne se contente pas d’un bonheur purement matériel vanté par une société consumériste à souhait ?

Osons le mot : la famille n’est pas une espèce nuisible. Elle est même utile : à son prochain, à la société dans son ensemble. Ça vaudrait vraiment le coup de s’en préoccuper. Ne serait-ce que pour penser au renouvellement des générations… et pour plein d’autres raisons : le paiement des retraites, la dynamique d’un pays, la transmission des savoirs, de la culture, de l’identité, l’éducation des citoyens de demain, la solidarité gratuite, l’apprentissage et la consolidation du lien social, la prise en charge des aînés, le refuge des plus fragiles… Tout cela mérite bien d’alourdir un peu la facture la carbone, non ?

Encore que… en matière d’écologie, justement, la famille n’a pas attendu Emmanuel Macron pour avoir des idées : qui dit famille nombreuse dit niveau de vie diminué, choix à l’économie, non-gaspillage, recyclage des vêtements… Dans une famille nombreuse, on « fait attention » à ce que l’on possède, on ne gâche pas, on ne brûle pas beaucoup le kérosène des compagnies d’aviation. Pour Jean-Philippe Vallat, responsable des études à l’UNAF, « avoir une famille nombreuse n’est pas forcément antinomique avec un comportement écolo, au contraire ». N’aurait-on pas sous les yeux le premier cercle vertueux où le geste écologique se pratique et se transmet ?

Trop simple pour nos responsables politiques qui sacrifient « la poule aux œufs d’or » toujours au bénéfice de l’Autre : l’autre modèle familial homosexualiste pour qui on n’en fait jamais assez, l’individu venu d’ailleurs qu’il faut accueillir, loger, soutenir. C’est la France…

Ailleurs, en Europe, certains, comme l’Italie, la Hongrie ou la Pologne, ont pris la mesure de l’enjeu : « rebooster » le moral des familles et soutenir la natalité n’est pas un programme dépassé ou moisi. C’est un défit civilisationnel qui engage l’avenir des nations. Et qui va toujours de pair avec le refus de l’immigration de remplacement.

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