Euthanasie : l’écart (et l’étau) se resserrent
Ce 30 juin, les députés viennent d’adopter, pour la troisième fois en deux ans, ce texte sur la fin de vie, après les votes de mai 2025 et février 2026. « On y est arrivé, non sans mal, mais on y est arrivé. » À l’Assemblée nationale, Philippe Vigier, soulagé, savoure cette nouvelle victoire. Dans la salle des Quatre Colonnes, le rapporteur de la proposition de loi tombe dans les bras d’Olivier Falorni, l’ancien député de Charente-Maritime et grand artisan de ce texte sur l’euthanasie. Privilégiant son mandat de maire de La Rochelle, ce dernier a quitté le palais Bourbon et laissé son rôle de rapporteur il y a quelques semaines. Les deux élus MoDem se congratulent chaleureusement. « Je mets quiconque au défi de revenir un jour sur ces lois sociétales », lançait, quelques heures auparavant, sur LCP, le rapporteur Vigier.
En première lecture au printemps 2025, 305 députés s’exprimaient favorablement, et 199 contre. Neuf mois plus tard, les partisans étaient 299, les opposants 226. Pour ce nouveau vote, on compte 295 partisans et 232 opposants. Autrement dit, l'écart entre les pour et les contre n'a cessé de se réduire : 106 voix au printemps 2025, 73 voix début 2026, 63 voix ce 30 juin.
Unanimité contre à l'UDR
Les partis sont totalement divisés. Seul l’UDR d’Éric Ciotti a voté contre à l’unanimité. Au RN, 14 députés ont voté en faveur du texte. Au sein du groupe de Gabriel Attal, sur 91 membres, 17 se sont opposés au texte. À La France insoumise, la tempétueuse députée de Paris Sophia Chikirou fait partie des deux élus à avoir voté contre. Quatre socialistes ont voté contre le texte quand le groupe Horizons est divisé en deux : 16 pour et 18 contre. Ces nuances démontrent les tensions qui augmentent au fil des discussions. Et prouvent que les arguments explicatifs des opposants à l’euthanasie sont utiles.
À l’occasion des explications de vote, la droite a continué à marteler ses arguments contre un changement anthropologique en insistant sur la « prudence ». « Changer les mots permet parfois plus facilement de changer les consciences », insiste Hanane Mansouri, qui dénonce l’euthanasie qui avance masquée. « Ce texte inverse progressivement notre échelle de valeurs », insiste la députée UDR de l’Isère, qui était présente à Paris avec les 5.000 manifestants réunis ce dimanche 29 juin. « Lorsque que quelqu’un souffre, on le soigne », a plaidé celle qui invite à combattre « la solitude ». « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément : c’est le serment d’Hippocrate. » Orateur du Rassemblement national, Christophe Bentz évoque des « garde-fous provisoires » et évoque une « loi [qui] veut légaliser le suicide sous une autre forme ». Le député de la Haute-Marne a invité en tribune ses collègues hésitants, « sceptiques », à agir avec « prudence ». « C’est le moment d’appliquer le principe de précaution », a plaidé le parlementaire mariniste.
Le principe de précaution
Un argument vivement repris par la députée LR Justine Gruet : « Le doute devrait toujours conduire à plus de prudence. » « Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent responsable », a évoqué la parlementaire, pour insister sur la responsabilité individuelle de chacun de ses collègues avant qu’ils ne s’expriment par leur vote. « Certaines limites, une fois franchies, sont irréversibles. » Dans les couloirs du palais Bourbon, les opposants ne désarment pas, même si le temps presse. « C’est une loi immorale », confie, à BV, Emmanuel Fouquard (RN, Bouches-du-Rhône). « Donner la mort n’est pas un acte médical », insiste ce député, qui se réjouit de la liberté de vote laissée au sein de son groupe. Certaines opinions évoluent en son sein. Guillaume Bigot, par exemple, député RN du Territoire de Belfort, a évolué et vote désormais contre le texte.
Après son passage au Sénat, le texte sera définitivement voté le 15 juillet. La réduction de l’écart dans les votes est une preuve pour les opposants, qui réclament un référendum, que le débat porte ses fruits pour éclairer les consciences. Encore quinze jours pour convaincre.
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99 commentaires
Il va donc falloir désormais supprimer le serment d’Hippocrate pour les futurs médecins….sinon il y aura parjure…
Ça ne servira à rien. Celui qui ne voudra pas faire cet acte aura ses propres raisons. Vous savez, on en trouvera qui accepterons.
Cette lois est un coin dans la porte à donné la mort et elle ne peut que
s ouvrir davantage,c est une loi qui nous rappelle des heures sombre de l histoire.
On sent revenir la vague brune et le bruit des bottes …
Des décisions aussi graves devraient être prises à l’unanimité et non à la majorité et suite à une consultation nationale. La vie est trop importante pour être confiée seulement à des politiques.
En : des traîtres !
Donc je ne voterai pas RN en 2027
Il faut conserver la liste des votants pour cette loi, elle servira plus tard…
Ce texte est aussi la condamnation des soins palliatifs. Pourquoi atténuer la douleur de patients en fin de vie puisque la fin est inéluctable. Et pendant ce temps-là, des individus continuent à semer la mort dans nos rues et bénéficieront de toute l’indulgence de ceux qui les jugent en notre nom.
Ont ne doit pas donné la mort volontairement,je suis contre l’euthanasie de macron,je vote contre.
Référendum, référendum, quel est ce mot que l’on prononce ici ou là ? Et qui jamais, jamais n’est proposé au peuple ?
Un question de plus sur laquelle ni les Français ni leurs représentants ne sont d’accord. Sur un sujet de cette importance et aussi clivant, soit on le retire s’il recueille moins de 80 % de votes – ce qui n’est sans doute pas constitutionnel soit on passe par un référendum et là on peut se dire en Démocratie.
Même en connaissance des conséquences potentiellement négatives, on n’a interdit ni l’alcool, ni la voiture, ni l’avortement : on les a encadrés. Pour l’aide active à mourir, bien avant la France, de nombreux pays ont sauté le pas, sans dysfonctionnement important. Il est à noter qu’aucun de ces pays n’a souhaité revenir en arrière. En France, la levée de boucliers à laquelle on assiste a été la même pour l’avortement : la loi Veil a été votée après quelque vingt-cinq heures de débats houleux, parfois virulents, animés par 74 orateurs : on a prédit les pires dérives. 50 ans après, ces prédictions ne se sont pas vraiment vérifiées, et seule une petite minorité reste réprobatrice. Pour l’aide à mourir, avec le temps et la réflexion, les acteurs du débat évoluent, les uns après les autres. Par exemple l’Académie nationale de médecine qui, à rebours de ses positions passées sur le sujet, a déclaré (12 juillet 2023) : « Il serait inhumain de ne pas répondre à la désespérance de certains malades souhaitant abréger leurs souffrances. »
On veut tuer les « vieux » qui ont été honnêtes toute leur vie et pendant ce temps là ,notre Président prend position contre la peine de mort pour les assassins !! C’est cela la civilisation ???
Rappelez vous ce film prophétique « Soleil vert » et bien nous y sommes .
Un visionnaire 1/2 siècle avant !! Et nous n’avons même plus de bonnes tomates !!
Je suis très triste et inquiète de ce vote. On dit l’extrême droite dangereuse, mais veut tuer légalement ? Qui est contre ?
Cette loi sur l’euthanasie sera irréversible et destructive pour notre société, car elle marque le début de la fin de notre humanité.
Je vais prier pour que le vote du 15 juillet n’approuve pas cette loi, et réaffirme le droit à la vie…
Je crois que Marine Le Pen et Bigot ont voté contre mais elle a laissé ses députés voter comme ils le voulaient. C est la démocratie même si cela ne satisfait pas tout le monde. Nous verrons le 15 juillet.
Pourquoi ne as faire un double référendum ? Pour ou contre l’euthanasie et pour ou contre la peine de mort ? L’avortement, tel qu’il a été dénaturé depuis la loi Weil que j’ai approuvée, pourrait aussi être questionné. Il s’agit là de sujets sociétaux plutôt proches, liés au droit à la vie.
Référendum ??? Mais l’état ne les respecte pas !!! Naïf…
C’est là tout le problème de la législation du « sociétal ». Un groupe de pensée fait voter un texte qui parait à première vue raisonnable voire nécessaire. A l’usage, il n’est souvent qu’une première marche pour une « avancée » selon les idées de ce groupe et l’on se retrouve devant des lois que l’on n’aurait jamais votées soit on n’a pas pris le temps d’en peser les conséquences par exemple en étudiant la situation prévalant dans d’autres Pays. En conclusion, moins on légifère moins on a à le regretter. C’est plutôt le « régalien » qui est « en manque » de textes sans parler de l’application de celles qui existent.
On fait beaucoup de sociétale dans notre pays. On fait même de l ingérence dans les familles. Parcontre réindustrialiser pour créer de l emploi et remplir les caisses, c est plus difficile, ils n ont pas d idées.
C’est fou comme dans cette république on tient peu compte de l’avis de la majorité .