Il est devenu courant d’affirmer que la droite et la , en politique, sont des notions relatives, certains allant même jusqu’à penser qu’elles n’ont plus de sens. En fait, la boussole de la pensée politique indique toujours le pôle de droite. C’est seulement le paysage qui a changé. On date la naissance de l’opposition entre droite et gauche à la répartition qui s’est faite lors de la Révolution française, le 11 septembre 1789, entre les députés de l’Assemblée constituante qui étaient favorables au veto royal, placés à la droite du président, et ceux qui le refusaient, à sa gauche. La droite est foncièrement légitimiste. Elle repose sur l’idée qu’il y a un ordre juste qu’il faut préserver. Rien n’est plus faux que de croire que c’est le revenu qui fait la distinction entre l’homme de droite et celui de gauche, qu’il y aurait une droite bourgeoise et un « peuple de gauche ».

Comme on le voit aisément aujourd’hui, les grandes fortunes sont rarement conservatrices, puisque c’est sur le mouvement qu’elles se sont constituées, certaines carrément sur la spéculation. Le désordre accéléré de notre époque, où se succèdent les crises, est plutôt favorable à leur développement et à l’écart croissant entre les très riches et les pauvres. C’est la raison pour laquelle le souci de retrouver un ordre juste, qui est le fil conducteur de la droite, est devenu populaire, et dénoncé comme « populiste » par la bourgeoisie de gauche qui accapare les pouvoirs économiques, politiques et médiatiques. Cet ordre repose sur des idées simples telles que la primauté du travail, le respect de la propriété, la liberté comme responsabilité des actes qui peuvent être récompensés ou punis, la solidarité entre les membres de la nation, la transmission des valeurs qui constituent le identitaire d’un peuple, la de la traditionnelle sans laquelle la continuité du pays et de sa est menacée.

Chaque jour apporte son lot d’atteintes à cet ordre légitime, comme si le progrès devenait fou et tournait à l’envers sans en avoir conscience. Comment accepter, par exemple, que le propriétaire d’une résidence secondaire occupée par des squatteurs doive se livrer à des démarches administratives ou judiciaires complexes, heureusement simplifiées depuis quelques mois, pour retrouver la jouissance de son bien ? La propriété est un des quatre droits fondamentaux inscrits dans le préambule de notre Constitution. Les trois autres sont la liberté, la sûreté et la à l’oppression. Dira-t-on que la première est respectée lorsque l’expression est de plus en plus soumise aux tribunaux du politiquement correct, que les déplacements sont limités et contrôlés, que la technique permet le traçage des personnes ? Qui voudrait croire que la sûreté est assurée dans notre pays alors que des quartiers entiers obéissent à une autre loi ? Quant à la résistance à l’oppression, la répression féroce des manifestations de gilets jaunes et la dissolution de Génération identitaire montrent qu’une dictature qui ne dit pas son nom, qui est faite d’une inégalité de traitement inspirée par l’idéologie et qui peut aller jusqu’à la préférence étrangère, s’est installée en .

Alors, avec beaucoup de cohérence, la vraie droite, légitimiste, conservatrice, nationale, a retrouvé la voie de la contestation, voire de la rébellion. Péguy disait : « L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. » La liberté est une idée ancrée à droite, contrairement à l’égalité, et elle consiste à choisir de se conformer à l’ordre quand on le croit juste, mais à refuser de s’y soumettre lorsqu’il n’est que le visage trompeur du désordre et de l’inversion des valeurs. De ce point de vue, , le 18 juin 1940, était typiquement un homme de droite.

16 avril 2021

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