J’attire ici l’attention sur un point qui – au regard des innombrables fronts qui s’ouvrent dans la lutte contre le coronavirus – peut, de prime abord, sembler anodin mais qui, le moment venu, ne manquera pas d’être problématique : le 29 mars prochain (soit dans neuf jours seulement) doit s’effectuer le passage à l’heure d’été.

Par-delà l’opinion que chacun peut avoir sur la suppression, à terme, de ce dispositif saisonnier d’avancement des pendules (qui, depuis un an, fait l’objet, au sein de l’Union européenne, d’un débat cacophonique comme elle seule en a le secret), tout le monde s’accorde à reconnaître les effets néfastes qu’il produit dans la (les) semaine(s) suivant immédiatement le passage à l’heure d’été : perturbation du sommeil, augmentation des pathologies – notamment cardiovasculaires –, fatigue, etc. Le confinement devant être toujours en vigueur le 29 mars, l’avancement de l’heure aura, cette année, peu d’effets sur l’ensemble de la population. En revanche, il frappera de plein fouet ceux sur qui repose actuellement la charge essentielle de la lutte contre le coronavirus : équipes de soignants (qui sont déjà dans un état d’intense surmenage), personnels mobilisés pour assurer la continuité des services essentiels, etc. On sait, d’autre part, que le changement d’heure entraîne d’inévitables cafouillages qui, cette année, équivaudront à ajouter de la pagaille à la pagaille. Dans les circonstances exceptionnelles que nous vivons, il est impératif que le passage à l’heure d’été soit annulé.

Les semaines écoulées ont malheureusement montré que l’anticipation n’était pas la qualité la plus remarquable du pouvoir en place ; il est donc à redouter qu’il n’a pas anticipé lesdits effets du changement d’heure et qu’il se contentera d’en constater les conséquences après coup. Des associations ont déjà écrit au président de la République et aux responsables européens pour demander cette annulation ; mais seule une forte pression des citoyens et de grandes voix du monde politique et médiatique serait en mesure de les conduire à cette décision.

L’annulation du changement d’heure, le 29 mars, est une mesure simple à prendre et à appliquer (bien plus simple, par exemple, que la fourniture de masques). Il en résulterait, évidemment, un certain nombre de problèmes techniques. Parmi les difficultés communément avancées pour bloquer les décisions en matière de changement d’heure légale figure, au premier chef, la question des horaires des compagnies aériennes. Or, il se trouve que, du fait de la pandémie, la plupart des avions sont cloués au sol pour une durée indéterminée et que les transports ferroviaires sont considérablement réduits. Les compagnies auraient donc tout loisir d’adapter leurs calendriers à une décision de maintien de l’heure actuelle. Les inconvénients d’ordre technique sont évitables par l’anticipation et ils sont, en tout état de cause, moins graves que l’exposition de l’ensemble de nos forces actives au choc chronobiologique de l’avancement d’une heure.

NB : rappelons que les dispositions adoptées, l’année dernière, au niveau des institutions européennes laissent aux États l’entière liberté du choix de leur heure légale. La seule obligation est que le changement d’heure (si changement il y a) intervienne le même jour que dans les autres pays de l’Union européenne.

change.org #PouruneFranceAuSommeilRetrouvé

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