[PEOPLE] Désistement successif d’Amir et Amel Bent à Bruay-La-Buissière… ville RN

Les médias s'empressent de parler de boycott, mais est-ce si sûr ?
Photo by Valery HACHE / AFP
Photo by Valery HACHE / AFP

« Et rebelote ! Après Amir, initialement programmé le 21 juin à Bruay-La-Buissière pour la fête de la Musique, c’est Amel Bent qui devait assurer le show en remplacement ce vendredi 19. Mais la chanteuse vient d’annuler, deux jours avant son concert » racontait La Voix du Nord le 17 juin dernier. Mais, qu’y a-t-il donc de si repoussant à Bruay-La-Buissière ? Selon le journal local, « la rumeur circulait en ville depuis quelques heures : Amel Bent ne viendrait pas. Parce que la ville est gérée par le Rassemblement national ? » La presse a rapidement fait le lien entre ces annulations et la couleur politique de la ville du Pas-de-Calais mais ce n'est pas si clair.

Le RN, repoussoir à artistes ?

La Voix du Nord ne se mouille pas trop, et rappelle que si la chanteuse « n’a jamais caché ses désaccords avec le parti de Marine Le Pen [elle] était pourtant déjà venue chanter en 2023, alors que le RN est aux manettes depuis 2020 ». Libération, qui rapporte qu’Amir, le premier invité, a annulé à cause d’une « incompatibilité d’agenda », et qu’Amel Bent a, de son côté invoqué « l’indisponibilité de dernière minute d’une partie de l’équipe technique », titre tout de même « Boycott. Déjà boudée par le chanteur Amir, la mairie RN de Bruay-la-Buissière essuie le refus d’Amel Bent ». Conjectures, interrogatives et suppositions, en tout cas, pour Libé, le lien est fait et l’annulation successive des deux artistes est une aubaine puisque le journal avait déjà épinglé cette mairie pour l’élagage de son budget culture, un crime pour la gauche comme chacun sait. Forcé de reconnaître que pour la mairie c'est tout de même « un mal pour un bien » puisque « selon les arrêtés municipaux de la ville de Bruay-la-Buissière, la commune économise au passage les 95 000 € qu’auraient dû coûter le concert d’Amir et les 50 000 € à débourser pour celui d’Amel Bent ».

Pour la presse le lien est fait !

La mairie RN de Bruay-La-Buissière serait-elle un répulsif ? La presse semble bien en avoir décidé ainsi ! Sur Facebook, Libé explique qu’en ce qui concerne « Amel Bent [,] sa philosophie, c'est de ne pas accepter les sollicitations des mairies RN » ; Pour 20 Minutes, « la municipalité Rassemblement national a la poisse cette année » ; Midi Libre, lui, titre : « Fête de la musique : "Nous regrettons cette situation"… Amir et Amel Bent annulent leur venue dans une ville dirigée par un maire RN » ; quant à Ouest France, le journal suggère aussi un lien de cause à effet entre le parti politique du maire et l’annulation de ces concerts : « après Amir, Amel Bent annule à son tour son concert dans cette ville dirigée par le RN ». En bref, si Le Figaro reste mesuré, la presse s’est empressée de souligner, avec insistance, ce qui ne peut être selon elle une coïncidence.

Pas voulu ou pas pu venir ?

Du côté de la mairie, dans son communiqué publié sur les réseaux sociaux, aucune évocation d’une quelconque dissonance politique entre ces artistes et la majorité municipale. Et à Ouest France qui demandait sarcastique « quel artiste va-t-il rester sur la scène de la Fête de la musique à Bruay-la-Buissière ? » la municipalité du Pas-de-Calais a répondu de la meilleure des manières en proposant à ses administrés un programme qui, d’après les commentaires dithyrambique postés sous les vidéos des concerts sur Facebook, a su largement compenser ceux qui ont été annulés. Celui de Billy Crawford, notamment, a fait dire aux Bruaysiens présents qu’ils n’avaient « pas perdu au change », ou que « c [‘est] quand même mieux que l’autre qui n’a pas voulu venir ». Pas voulu ou pas pu venir ?

Parce que si Libération a rappelé qu’Amel Bent « avait déjà fait part dans le passé de son opposition au parti d’extrême droite », Amir, lui, dans une émission de C à Vous en janvier dernier expliquait avoir « toujours chanté pour fédérer » quand Elisabeth Lemoine revenait sur la difficulté de son année 2025. Le chanteur avait dû faire face à des insultes, des menaces, des appels au boycott de ses concerts pour avoir rendu hommage aux victimes du 7 octobre dans une de ses chansons, et a même été accusé par des membres de LFI d’avoir « participé à la colonisation illégale en Palestine au sein de l’armée israélienne ». Alors, il serait difficile, pour celui qui expliquait n’avoir « jamais tenu le moindre propos, le moindre mot, la moindre déclaration qui n’était pas celle de la paix, du vivre ensemble […] » de justifier une annulation en raison de désaccord politique. D'autant qu'il ne serait pas anodin pour des artistes de mépriser une partie de leur public... Laissons-leur, donc, le bénéfice du doute !

Vos commentaires

2 commentaires

  1. Tant mieux, on pourra écouter de la vraie musique dans cette ville ainsi assainie de propagande!
    Une inculture quittant le navire France, c’est la sélection naturelle.
    « C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique ».(La Bruyère)

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