La chose est depuis longtemps avérée : les mômes ne respectent plus grand-chose, et surtout pas leurs parents. Voilà qui se disait naguère à droite, mais devient de plus en plus flagrant à gauche. Salauds de jeunes !

Ainsi, Sciences Po, sanctuaire des mâles blancs dominants de plus de cinquante ans, est-il en train d’essuyer un nouvel assaut pubertaire avec les manifestations hebdomadaires du collectif GARCES (Groupe d’action et de réflexion contre l’environnement sexiste) fondé, à en croire son site Internet, « à la fin de l’année 2010 et, plus précisément, suite au constat, frappant et récurrent, d’une prise de parole inégale entre étudiants et étudiantes en assemblée générale ».

Ce qui pousse ensuite ce collectif à « organiser des réunions non mixtes, intergénérationnelles, afin de discuter ». Soit un apartheid sexué, mais ici justifié : « Les réunions non mixtes ne visaient donc pas à exclure les hommes [mais un peu tout de même, par voie de fait, NDLR], mais à permettre aux femmes de se sentir plus à l’aise dans un cadre mixte. » Mixte ou pas mixte ? Surtout lorsque les mêmes nous annoncent que « des réunions mixtes ont été alors organisées pour en débattre ». Plus limpide, on ne saurait faire.

Au fait, qu’exigent les GARCES, aujourd’hui ? Rien de moins que la démission de Frédéric Mion, le patron de Sciences Po. Pourquoi ? Parce que le successeur du défunt Richard Descoings aurait tu ce qu’il savait quant à Olivier Duhamel et ses errances libertaires. Bref, Frédéric Mion « savait » et n’a rien dit.

Charmante insouciance de la jeunesse qui ignore que, par nature et principe, les institutions constituées se protègent immanquablement contre leurs propres turpitudes. Pourtant, Frédéric Mion aura donné plus que son écot à la modernité triomphante. Dès 2011, il s’engage pour l’égalité hommes-femmes sur les campus universitaires. Bien vu, mais avec un peu de retard à l’allumage, ses cancres d’élèves refusant désormais d’être assignés à la condition d’« hommes » ou de « femmes ».

Mieux : cinq ans plus tard, le même Frédéric Mion milite pour le mariage homosexuel et l’ d’enfants par ces derniers. Mais cela ne suffit toujours pas. Quoi de plus pour se faire accepter par ces jeunes et turbulentes pousses ? À part la bite au cirage, si chère à nos années de service militaire, on ne voit pas.

Car c’est que « celles et ceux » qui nous occupent donnent plus dans le jusqu’au-boutisme que dans la nuance. La preuve par le manifeste des GARCES : « Notre collectif trouve sa légitimité parce qu’un certain s’est érigé en consensus. Puisque s’est instauré un féminisme de façade qui masque bien des réflexes et des logiques sexistes, cette lutte s’impose avec une nécessité accrue. » Ou quand les gosses de riches s’amusent à rejouer le Vercors résistant en interdisant de parole en leur sacro-sainte enceinte, celle de Sciences Po, des personnalités telles qu’Alain Finkielkraut ou Sylviane Agacinski, au risque de sombrer dans la misogynie, si ce n’est l’, ces deux philosophes n’étant pas précisément de vieux Français de souche.

En attendant, l’irremplaçable Alice Coffin, élue EELV à la mairie de , participe de ces happenings hebdomadaires, assurant : « On ne lâchera rien ! » On notera qu’il est assez marrant qu’elle puisse ici reprendre, mot pour mot, les slogans de .

Ironie de l’, ces néo-puritains sous influence américaine reprochent à leurs parents leurs frasques de jadis, alors qu’avant, c’était plutôt ces derniers qui stigmatisaient filles pour s’être mariées en blanc cassé et fils d’aller au bordel avant de fonder une famille digne de ce nom. À croire que les réactionnaires d’antan préfiguraient l’avant-garde progressiste d’aujourd’hui.

Les enfants, ça ne devrait jamais grandir.

Addendum dernière minute : Frédéric Mion, directeur de Sciences Po, vient d’annoncer sa démission.

9 février 2021

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