Selon un sondage, publié ce 3 février, réalisé en par l’institut OpinionWay, 73 % des « Français issus de la diaspora africaine » estiment que « l’intégration des personnes d’origine étrangère dans la société française fonctionne mal ». Le sondage n’a porté que sur mille personnes d’une communauté dont le nombre total, important, est inconnu faute de statistiques ethniques officielles. La étant proche parente de la manipulation, on notera que le ressenti négatif évoqué s’étend aux « personnes d’origine étrangère », comme pour en démultiplier l’importance par effet de solidarité.

Financé par les contribuables français, ce sondage a été commandé par le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), institution étatique créée par le Président Macron peu après son arrivée au pouvoir. Statutairement, le CPA comprend des « personnalités de France et d’Afrique issues de la société civile ». En réalité, une seule sur dix est française de souche, activiste féministe. Au total, il compte sept femmes et trois hommes d’origines africaines diverses. On sait combien les binationaux africano-français constituent un réservoir décisif d’électeurs potentiels, indispensable pour un président qui manque d’assise territoriale, comme l’ont montré les dernières élections législatives.

Diable, la France serait-elle donc si injuste et cruelle envers les étrangers malgré une politique d’accueil inconditionnel et des largesses sociales et financières sans équivalent ni réciprocité en Afrique ? Mais alors, que d’argent public dépensé en vain ! Pour Wilfrid Lauriano do Rego, coordonnateur bénino-français du CPA, ce sondage a le mérite de mettre en lumière un « malaise. Il est là, on ne l’a pas inventé », clame-t-il sur la défensive, comme pour désamorcer les réactions lassées par les discours victimaires incessants.

Le CPA évoque le fameux « vivre ensemble », incantation politique dont les idéologues au pouvoir nous rebattent les oreilles sans en définir le contenu ni le mode d’emploi. Nos gouvernants mettent dos à dos des communautés considérées artificiellement et injustement sur un pied d’égalité, en leur rejetant la responsabilité de tensions explosives qui aggravent la ghettoïsation de la France. Ce mot au passé historique lourd oppose la fusion intérieure (geto, mot italien) et la séparation extérieure (ghet, terme talmudique).

Parmi les « victimes sondées », 62 % regrettent que « l’ascenseur social » ne fonctionne pas aussi pour eux. Il est vrai qu’en régime capitaliste de copinage, où règnent le corporatisme et le pantouflage, l’ascenseur social – peu importe sa capacité maximale – est perçu comme normal, préférable à un « escalier social » qu’il faudrait gravir avec effort, marche par marche, au mérite et au résultat. Par ce modèle de facilité partagée, on comprend que toute mesure de – donc négative pour les Français de souche – sera la bienvenue, avec des quotas imposés par la loi aux entreprises et aux administrations, qui en alourdiront encore le fonctionnement et en grèveront la compétitivité. C’est ce à quoi nous préparent les discours officiels, leurs médias obéissants et ce type de rapport pré-orienté.

Ce recours coûteux à la longue liste d’observatoires socio-économiques illustre bien la présidence de Macron par l’audit permanent d’une société dont il est déconnecté. On notera, d’ailleurs, que le coordonnateur du CPA préside le conseil d’administration du cabinet d’audit KPMG France. Pourquoi, alors, ne pas créer un Conseil présidentiel pour chaque diaspora, dont la France ne manque pas ?

Les expatriés français en Afrique, où sont écrites ces lignes, n’attendent heureusement pas d’un État africain qu’il se dote d’un Conseil pour les Français, alors que leurs contributions fiscales, exorbitantes pour un usage et un retour très incertains, constituent l’essentiel des recettes locales. C’est l’inverse de la France, qui accueille et naturalise sans limite ni condition, accordant des aides gratuites qui n’incitent pas au travail, avec des discours officiels qui n’incitent pas à la reconnaissance, ni à l’intégration culturelle.

Enfin, on peut se demander si l’État français n’en fait pas trop pour se préoccuper du ressenti des étrangers naturalisés quand la majorité des Français de souche et de culture, déconsidérés et déclassés, souffrent d’une précarisation croissante. Faudra-t-il créer un Conseil présidentiel pour les Français de souche en France ?

9 février 2021

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