se démultiplie dans les médias, fait entendre sa petite musique et chercherait même, selon Le Monde, à « se placer au centre du jeu pour 2022 ». Jeudi, il a donc tenu une conférence de presse depuis le Sénat, passant en revue les grands sujets du moment et dressant un réquisitoire systématique contre la politique d’.

Sur la crise épidémique, il n’a accordé aucune indulgence à l’exécutif, lui reprochant ses « prises de parole contradictoires anxiogènes pour les Français » et déplorant que « la France se contente depuis le début de gérer des pénuries avec peu d’anticipation », sur les masques, les tests et maintenant les vaccins.

Mais il a élargi sa critique à l’ensemble de la politique du gouvernement, faisant déjà le bilan du quinquennat dans tous les domaines. Macron le grand réformateur ? « Hormis la SNCF, la réforme de l’assurance chômage est restée au milieu du gué, celle des retraites ne verra probablement pas le jour, la dépendance n’a finalement jamais été sérieusement engagée, quant à la réforme réelle de notre système de santé, elle s’est limitée à des dispositifs salariaux et n’a jamais franchi les murs de l’avenue de “Ségur” ». Sécurité et immigration ? « Je ne suis pas sûr que le bilan de la sécurité, celui de l’immigration soit excellent. »

En outre, il a porté le fer sur la politique financière : « Le quoi qu’il en coûte ne peut pas être un mode de vie pour la République ! […] L’endettement public a atteint près de 120 % du PIB, fin 2020. Nous constatons déjà un triple renoncement : la maîtrise de la dépense publique, la réduction du déficit et le désendettement du pays. »

À partir de ces constats, Gérard Larcher a déroulé un programme de rigueur vieux comme Raymond Barre : « Seule une maîtrise rigoureuse de nos dépenses publiques avec une politique ambitieuse de réformes structurelles nous permettra, la pandémie passée, d’assurer la soutenabilité de la dette, puis réduire progressivement notre taux d’endettement. » Et il n’a pas hésité devant la métaphore : « On se met au régime ! »

Fort de son rang de troisième personnage de l’État et de sa capacité à tenir tête à Emmanuel Macron (notamment sur la réforme constitutionnelle et l’éventuel nouveau report des élections départementales et régionales), Gérard Larcher nourrirait l’ambition de représenter la droite et le centre à la présidentielle, puisque aucune figure ne parvient à émerger, pour « éviter un remake de 2017 ». Cela a le don d’agacer les amis de Xavier Bertrand, nous apprend encore Le Monde, qui ne manquent pas de rappeler les 71 ans du président du Sénat.

Mais les 78 ans et la personnalité falote de Biden doivent donner des ailes à Gérard Larcher. Il ne lui manque plus que le tour de taille. Mais il l’a promis : « On se met au régime ! »

6 février 2021

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