Les parents affligés d'un nouveau-né privé de membres supérieurs méritent une immense compassion, c'est pourquoi l'alerte lancée il y a quelques semaines dans l'Ain devrait être abordée avec un maximum de scrupules et d'honnêteté. Or, c'est tout le contraire que l'on découvre, à mesure qu'on se plonge dans cette triste affaire.

Fin septembre, le Registre des malformations en Rhône-Alpes (REMERA) révèle que sept bébés sont nés sans mains ou avant-bras dans le même secteur dans l'Ain, en l'espace de cinq ans.

Premier étonnement sur son site, le REMERA est une association loi 1901, créée sous cette forme à la demande de Santé publique France (anciennement INVS, Institut de veille sanitaire). Moi, je croyais qu'il existait un ministère de la Santé pour étudier ce de phénomène. Apparemment pas…

Puis on apprend que ces naissances ont eu lieu entre 2009 et 2014, soit quatre ans avant de lancer l'alerte. On se hâte lentement, au REMERA !

Puis on indique que plusieurs de ses sources financières ont été coupées. Alors, pour Mediapart, l'affaire est entendue : "Le lien de causalité entre l'alerte et la fin du financement de l'association, s'il n'est pas certain, semble fortement établi..." Peut-être, mais dans quel sens, la causalité ? Parce que le retrait du financement de l'association par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et le non-versement de la subvention par la région semblent nettement antérieurs à la médiatisation du "scandale sanitaire", lequel tombe sacrément à pic pour contrer l'argument de l'INSERM selon lequel "l’apport du registre pour la recherche est très faible".

Quant à l'« épidémie » de malformations, elle est loin d'être prouvée. Pour Santé publique France, le nombre de cas de l’Ain n’est pas, statistiquement, supérieur à la moyenne nationale.

Mais il faut forcément un coupable, et la farandole écolo (Rivasi, Batho, Lepage) est emmenée par le député européen Yannick Jadot, selon lequel "il y a un faisceau de présomptions qui me dit que ce sont les pesticides qui sont à l'origine de ces malformations". Il ne dit pas glyphosate, mais il le pense très fort, c'est la mode !

Pendant ce temps-là, c'est crêpage de chignons général dans ce milieu du sanitaire (ultra-féminisé, je n'y peux rien…) qui échange des accusations de mensonges, complotisme, irresponsabilité, manipulation d'opinion publique, attaques calomnieuses, etc.

Subventionnite, politique, diffamation, querelles d'ego, médiatisation… toutes les tares de notre époque, loin desquelles la vraie science devrait toujours être tenue.

Dimanche, le ministre de la Santé Agnès Buzyn annonçait qu'une enquête allait être relancée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) et Santé publique France. Il est temps.

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22 octobre 2018

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