Emmanuelle Ménard est à son poste dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour débattre de l'instauration du passe vaccinal. Elle se dit favorable au vaccin pour tous mais pas pour les mineurs. Une position souvent mal comprise dont elle s'explique au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

 

Pourquoi êtes-vous favorable à l’instauration d’un passeport vaccinal ?

Nous n’avons pas le choix aujourd’hui. Je suis quelqu’un de pragmatique et pas du tout d’idéologique, j’aimerais faire autrement et ne pas être obligée de passer par là. Aujourd’hui, la seule chose qui a démontré son efficacité, c’est le vaccin. Je vois les chiffres du centre hospitalier de Béziers : 46 patients Covid, 12 patients en réa. Sur ces 12 patients, 11 ne sont pas vaccinés et un a des comorbidités et n’avait pas fait son rappel à temps. Je vois aussi le personnel soignant qui est à bout de souffle et n’en peut plus. Je vois le service de réanimation qui arrive à saturation, rempli à 96 %. On organise le départ de certains patients vers l’hôpital de Toulouse car on n’a plus les capacités nécessaires pour les accueillir à Béziers. En temps normal, il y a 12 lits de réa et nous sommes passés à 21 ; 20 sont occupés en permanence. S’il y a un pépin, il ne nous reste qu’une place.

Je me base sur des faits et, aujourd’hui, le vaccin montre son efficacité, le reste, ce sont des mots.

Ce passeport vaccinal concerne l’ensemble de la société française, notamment les enfants qui, à terme, seront privés d’activités périscolaires s’ils ne sont pas vaccinés.

J’aimerais que l’on n’impose pas le passe vaccinal aux mineurs, car si les parents ne souhaitent pas que leur enfant soit vacciné, celui-ci sera privé de toute activité sportive ou culturelle en dehors du temps scolaire. La crise sanitaire dure depuis deux ans et on voit l’impact négatif, voire catastrophique, qu’elle peut avoir sur les enfants : les pensées suicidaires, les dépressions, les risques psychologiques accrus. Il ne faut pas jouer avec cela, c’est pourquoi les enfants devraient être exclus du passe vaccinal.

Vous êtes très attachée aux libertés, votre décision de voter pour ce passe vaccinal a été peu comprise par la plupart des lecteurs de Boulevard Voltaire et par une grande partie de la rédaction...

Cela ne m’étonne pas ! J’ai montré les chiffres de Béziers à des députés républicains autour de moi qui ont voté contre le passe. Ils me répondent que c’est une question de principe.

Vous savez que le combat pour la sauvegarde des libertés est le combat de toute ma vie. Mais aujourd’hui, même si certaines décisions sont absurdes et n’aident pas à la confiance, comme celle de ne pas boire un café debout, je raisonne avec pragmatisme devant la réalité des faits. Comment pouvons-nous faire autrement ? Il faut absolument réussir à convaincre 5 millions de Français récalcitrants, et même moins si on enlève les mineurs. Il ne faut pas que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner aillent dans certains lieux où ils pourraient être contaminés par les vaccinés qui peuvent transmettre le virus. On n’a jamais dit que le vaccin empêchait de transmettre le virus.

C’est la première fois qu’une société fait le choix de sacrifier sa jeunesse au profit des personnes âgées, c’est une question philosophique qui avait été soulevée par François-Xavier Bellamy.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’interview de François-Xavier Bellamy pour lequel j’ai beaucoup d’estime et d’admiration. Simplement, je ne raisonne pas en termes de sacrifice, je raisonne en termes de responsabilité collective. Aujourd’hui, c’est une question de responsabilité collective. Si on veut s’en sortir, tout le monde doit faire un effort et y mettre du sien. Je sais que ma position n’est pas comprise par tout le monde, mais j’essaye de faire selon ma conscience.

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4 janvier 2022

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