[Émeutes] Petit tour de la presse européenne

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De son panorama de la presse étrangère, Le Monde retient trois mots : « feu », « incendie », « honte ». Autant dire qu’il ne dit rien : tout le monde est capable de rendre compte du phénomène de combustion d’une poubelle, d’un tramway, d’un bus, par le mot « feu » ou « incendie ». L’intérêt d’un journaliste n’est pas tant de qualifier les crémations que de poser les bonnes questions. Dans ce registre, Le Monde n’est guère plus génial. À sa décharge, il ne fait que rendre compte de la médiocrité du paysage médiatique européen.

La question de savoir quels sont « les motifs de la défiance […] entre les habitants [des banlieues populaires] et les forces de l’ordre », posée en ces termes, est, de fait, sans grand relief. À l’image des principaux titres de presse de nos voisins européens, qui se contentent de comptes rendus mécaniques, quand ils ne proposent pas de petites interprétations du phénomène.

En Belgique, La Libre constate « le chaos », tandis que Le Soir s’étonne de la violence de ce « face-à-face glaçant », des averses d’insultes qui fusent vers les policiers.

Au Royaume-Uni, l’Express dresse le bilan des émeutes et conclut par ce qui doit être le nœud du problème : la culpabilité du policier meurtrier de Nahel. Sans doute par goût de l’absurde, du décalage, le quotidien publie la vidéo d’un homme dégustant son sandwich au milieu du no man’s land, « chose la plus française » que l’on puisse voir. Un reste d’humanité dans cette tempête de barbarie ? Cependant, si l’oreille britannique supporte la dissonance, il y a des limites : en témoigne l’indignation du Sun devant la vidéo de Macron dansant au concert d’Elton John alors que Paris brûle. Une résonance du chant de Néron devant les flammes de Subure ?

El País, qui est, en ligne, le quotidien espagnol le plus consulté au monde, voit dans cet « incendie de la banlieue » le signe « des profondes fractures » qui existent sur le territoire français. El Mundo se fend prudemment de résumés factuels incolores.

Pour l’hebdomadaire italien L’Espresso, les émeutes sont la conséquence du coup de feu du policier, lequel n’est pas un cas isolé. Celui-ci s’inscrit dans un phénomène d’augmentation de l’usage des armes à feu par la police, qui est « la conséquence d'une loi de sécurité que le gouvernement français a votée en 2017 ». Donner plus de ressort aux forces de l’ordre pour maintenir la sécurité aboutirait donc… à l’insécurité : c’est logique.

L’Allemagne est plus audacieuse sur le sujet. Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung ose s’emparer du sujet brûlant et tabou des violences policières… Pour Thomas Kirchner, correspondant à Paris, la question de fond, c’est le problème des « violences policières en France ». Plus équilibrée se révèle être l’analyse de son compatriote Nikolas Busse, du Frankfurter Allgemeine Zeitung, puisque la « désinhibition » des faits de violences est le fait « de certaines parties de l'État et de la société ». Aveu timide, mais aveu tout de même ! Après avoir approximativement interprété cette situation comme étant le fruit du « lourd héritage du colonialisme français en Afrique du Nord », Nikolas Busse ouvre une perspective intéressante : la perspective politique. Chose que fait aussi son confrère et compatriote Klaus Geiger, responsable de la politique étrangère du quotidien Die Welt. Le premier lance cette sentence lapidaire : « Le gouvernement Macron n'a pas encore trouvé de solutions viables pour cela, c'est pourquoi seuls Le Pen et Zemmour bénéficieront politiquement des émeutes. » Le pronostic du second n’est pas moins tranchant : Marine Le Pen, qui « s’est présentée comme la voix de la raison soutenant l’État, a les meilleures chances de devenir le prochain Président du pays ».

À noter l’intérêt que porte La Razón, autre quotidien espagnol, classé très à droite, au profil des émeutiers. Des « jeunes qui sont la troisième et la quatrième génération [et qui] restent dans une auto-marginalisation qui explose périodiquement, au fur et à mesure que les nouvelles générations atteignent l'adolescence ». La Razón : en français, La Raison. Voilà un journal qui porte bien son nom.

Jean de Lacoste
Jean de Lacoste
Journaliste stagiaire à BV, étudiant en master d'histoire du droit.

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Dernière minute : McRond annulera-t-il les JO pour cause de manifestations et de désordre civil ? Après. Charles III et Olaf, un nouveau rendez-vous sera-t-il manqué ?

  2. Vous ne citez que des pays européens, et donc, soumis aux oukases de Soros relayés par VanderLeyen, qui ont à leur pogne, subventions obligent, l’ensemble des media. J’aimerai avoir les échos (traduits) des presses russes, chinoises, brésiliennes ou suisses.

  3.  » Donner plus de ressort aux forces de l’ordre pour maintenir la sécurité aboutirait donc… à l’insécurité : c’est logique. » Une logique purement médiatique, donc aux ordres.

    • Bien avant ! La France. accueillait les membres du M.N.A. (Mouvement National. Algérien) qui fuyaient l’Algérie, car les rebelles du F.L.N. (Front de Libération National) voulaient leur couper le cou. On peut don remonter aux années 50.

  4. Les Pays de l’Est bruts de décoffrage post-coco ont les pieds sur terre. Ils ont beau jeu de rire aujourd’hui de la France éternelle donneuse de leçons qui a perdu son identité et sa paix civile. La France est le contre-modèle dont ils ne veulent surtout pas.

  5. Une petite illustration de la déclaration de Bardella sur le Président  » mélomane ». C’est tout à fait semblable aux guignoleries organisées à l’Elysée, ou au couple Présidentiel conspué au théâtre lors de la crise du Covid. Il y a tout de même quelques bonnes décisions : la visite d’Etat du roi Charles III différée ou l’annulation de la visite d’Etat du Président Macron en Allemagne. Serons-nous en état d’assurer les jeux Olympiques de 2024 ?

    • On peut même se poser des questions sur le 14 juillet. Il suffirait de quelques mortiers de Nahel ou un drone facétieux pour flanquer une belle pagaille dans le défilé.
      Le monde est stupéfait de voir la France sombrer à ce point, même si on la voyait nettement à la ramasse depuis une ou deux décennies.

      • Comme je l’ai déjà dit, il faut annuler les JO à Paris. Les Français n’en ont pas les moyens, ni le coeur à la fête. D’ailleurs les JO ont perdu l’esprit sportif pour devenir maintenant politique.

    • Si tout le monde avait votre bon sens et votre culture, la France serait sauvée. Malheureusement, nous avons l’ENA.

  6. Vous oubliez de citer la presse hongroise, globalement d’accord avec Orban qui refuse la société multiculturelle. On peut vivre avec les musulmans, à côté mais pas mélangés, dit-il. D’où ses excellentes relations avec Erdogan. Mais aussi son refus catégorique de l’immigration musulmane et des quotas de relocalisation des clandestins que l’UE veut imposer à tous les pays européens.

    • Pas d’accord avec la citation de Victor Orban ; on ne peut pas . mais lui, au moins, tente de protéger son pays ..

  7. Que l’islamo gocho bobo Hidalgo se rassure, elle pourrai faire économiser aux Parisiens l’achat des feux d’artifice pur la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques ! Tous ces petits anges manifestants et saccageant Paris les lui fourniront gratuitement ! D’ailleurs, que pense le comité olympique de ce qui se passe en France actuellement ? Comment voient-ils la sécurité des jeux olympiques qui approchent ? Quel pourcentage de nos forces de sécurité, police et gendarmerie, sera encore en état d’assurer sa mission ?

    • Beaucoup de municipalités annulent les feux d’artifice pour risques sécheresse. Heureusement les mortiers de Nahel les remplacent avantageusement.

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