Typhaine D. est « autrice, comédienne, metteuse en scène, youtubeuse, professeuse d’art dramatique, coach, formatrice, conférencière engagée pour l’écoféminisme, l’enfantisme, l’antispécisme ». Autant dire qu'elle ne doit pas s'ennuyer dans la vie. Elle est l’inventeuse ou l’inventrice – on ne sait plus trop comment il faut dire – de la « Féminine universelle », une sorte de novlangue qui consiste à s’exprimer exclusivement au féminin - pardon : à la féminine. On sait gré à La Voix du Nord d’avoir déniché sur les cette pépite qui ne demandait qu’à être extraite du fond de sa mine pour être mise en lumière.

Invitée par la chaîne YouTube Le Crayon à débattre sur le thème « La discrimine-t-elle les femmes ? », Typhaine D. nous fait part de ses inventions linguistiques. On s’accroche au bastingage - pardon : à la rampe. Ainsi, dans sa « langue » à elle qu’elle parle couramment et sans le moindre accent, on ne doit pas dire « Il pleut » mais « Elle pleut ». Pourquoi pas. On dit bien « Il pleut comme vache qui pisse ». Autant aller jusqu’au bout du process. En toute logique, on ne devrait donc plus dire « Il fait chaud » mais « Elle fait chaude ». Très chaude, chaude à suer… Typhaine D. pratique la Féminine intégrale comme d’autres le nu intégral. Une hygiène de vie, en somme. Dans une interview donnée à HITEK.fr, elle explique : « Je parle quotidiennement la Féminine Universelle. Je la pratique donc dans la vie, avec mes sœurs de lutte [NDLA : une dure lutte, on imagine], et dans mes spectacles. Elle s’agit d’une exercice savoureuse ! Elle faut s’emparer de ce qui noues parle… Moie, je féminise quand c’est politique. "La clitorisse", par exemple, puisque ça noues appartient. » La féminisation intégrale de l’anatomie de Typhaine risque effectivement d’être rigolote. Je vous laisse imaginer, surtout à mi-parcours, entre la tête et les pieds. Histoire de voir, si j'ai bien compris, on ne dira donc plus « Il s'agit de... » mais « Elle s'agite de... » ? C'est ça. Toute à faite !

Donc, grand débat sur la chaîne Le Crayon. Face à Typhaine D., un youtubeur et assistant-doctorant en littérature doté de quelque chose qui ressemble à ce qu’on appelait jadis le bon sens : « Si je dis "It rains" ou si je dis "Il pleut", j’exprime la même pensée, même s’il se fait par une autre langue. Ce n’est pas parce que je dis "Il pleut"… » Et la Typhaine, qui a réponse à tout – pardon : à toutes - de couper le jeune homme : « Du coup, si je dis "Elle pleut", ça vous dérangera pas ? » Vu comme ça, effectivement. « C’est bonne, alors on peut s’entendre. Elle pleut ! » Le gars ne voit pas tout à fait la chose comme ça et rétorque : « C’est pas à vous de décider. » L'erreur ! « Ah, si si. C’est nous qui décidons comment on parle », lui répond l’inventrice. Et comme Typhaine D. est une militante, une vraie, une tatouée, un zeste de victimisation passe toujours bien : « Vous voulez me faire taire. » Fine de la débate. On l’a déjà dit ici, mais il y a des jours où on a comme une envie furieuse de tirer l’échelle.

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24 juillet 2022

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