Il y a des choses, dans la vie, qui font se sentir vieux. Usé. Las.

Las d’entendre ressasser depuis plus de trente ans les mêmes clichés éculés : l’extrême droite est à nos portes, elle a le couteau entre les dents et ses panzers à l’affût dans les rangs de salade.

Comme supputé, c’est le duel Macron/Le Pen qui se rejoue… et depuis dimanche soir 20 heures 01, c’est donc l’appel au « front républicain » des vieux de la vieille. Les mêmes, toujours, qui ont bouffé à tous les râteliers du pouvoir et qui voudraient encore en être. Comme Ségolène Royal, mélenchoniste de la dernière heure. Comme Manuel Valls, halluciné, qui dériboulait des yeux en clamant « Ce n’est pas le front républicain, c’est l’unité républicaine, pour se sentir rassuré dans le monde d’aujourd’hui ». C’est qu’il voudrait bien retrouver un maroquin, ce garçon. Comme Julien Dray, aussi, qui parle maintenant de « coalition positive ». Bref, les voilà tous une fois de plus, une fois encore, prêts à tout renier pour « faire barrage à l’extrême droite ». On aura d’ailleurs pu noter que certains semblent se tenir au bord du gouffre macronien, tel Robert Ménard qui a déclaré sur TF1 : « Je voterai Le Pen à condition qu’il n’y ait aucun pas vers Éric Zemmour. » Et sinon quoi ?

Et puis, il y a Anne Hidalgo et son score historique de 1,7 %. Elle aussi promet aux « premiers de corvée » de faire un rempart de son petit corps « pour que la France ne bascule pas dans la haine de tous contre tous ». Alors elle « appelle avec gravité à voter le 24 avril prochain contre l’extrême droite de Marine Le Pen en [se] servant du bulletin de vote Emmanuel Macron ». Avec des gants de caoutchouc et des pincettes ? Il faut croire qu’il y a des ralliements qui vous arrachent la gueule, comme on dit vulgairement.

Si le Parti socialiste est à la ramasse, Anne Hidalgo est vraiment sa championne. Dans Paris, sa Ville Lumière sacrifiée aux vélos, aux potelets jaunes et aux blocs de béton pour mieux massacrer les avenues, elle a recueilli 2,18 % des suffrages. C’est cuisant, d’autant qu’on se demande comment elle avait pu se hisser sur la première marche avec 48,7 % des votants aux municipales de 2020. Certes, au sortir du « grand confinement », l’élection était totalement truquée par le Covid et la sainte trouille, mais bon…

Plus cuisant encore, dans Paris, Anne Hidalgo est largement devancée par Éric Zemmour, qui arrive en troisième position – derrière Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon – avec 8,16 % des voix. Depuis qu’elle est gagnée par la boboïsation, la capitale roule massivement à gauche et le score du candidat Reconquête est, là aussi, historique car jamais le Front national n’était parvenu à ce niveau. Éric Zemmour est même arrivé deuxième dans le XVIe arrondissement (17,48 %). Un score battu à Versailles, où il a recueilli 18,48 % des voix… et Anne Hidalgo 1,05 %.

À l’autre bout de la planète, il y a un score qui aussi interpelle, c’est celui de Marine Le Pen à Mayotte : 40,89 %. Soit un démenti à ceux qui prétendent que « l’extrême droite » est le ferment de la guerre civile. On voit, en effet, que ce sont les plus démunis et les plus confrontés à l’immigration sauvage qui, loin des billevesées du « vivre ensemble », votent RN !

Bref, et pour résumer : aucun de ces donneurs de leçons ne fait confiance à Macron mais ils vont tous voter pour lui. On ne sait jamais… en même temps… il y aurait peut-être encore des places à prendre !

 

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11 avril 2022 à 15:41

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24 commentaires

  1. Zemmour alerte depuis des années des dangers de l’islam, combien faudra-t-il encore d’attentats, d’assassinés, d’égorgés avant que les veaux et les moutons réagissent ?

  2. Séchons nos larmes chez reconquête. Pécresse est arrivée derrière, J L Mélenchon n’est pas arrivé devant MLP….Zemmour c’est la Droite, pas l’extrême Droite. C’est la reprise du RPR, la ligne de De Gaulle….Il faut interdire de se faire appeler l’extrême droite, reprendre tous les journalistes là dessus, et pouvoir expliquer longuement…

  3. Tristes personnages qui ne voient dans la « politique » qu’un emploi comme un autre. Faisons plutôt confiance à ceux comme Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassale et Eric Zemmour qui appellent à voter pour Marine Le Pen sans contre-partie, même s’ils l’ont critiquée pour mieux se différencier mais en pensant d’abord à l’intérêt de la France.

  4. Le système électoral français est vicié à la base. Les candidats qui se déchainent les uns contre les autres avant le premier tour appellent à voter au deuxième tour pour ceux qu’ils ont gravement critiqué lors de leur campagne préélectorale. Ils ne sont donc absolument pas crédibles. Les électeurs ne doivent pas reporter leur voix sur de tels clowns ! Qui sont tous macron-compatibles !

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