L’uniforme va-t-il nous sauver ? C’est en tout cas ce qu’ont pu laisser penser les trois candidats, débattant lundi soir sur LCI, en vue de décrocher la présidence des LR. Éric Ciotti et Bruno Retailleau sont pour l'uniforme, jusqu’au lycée. Et le benjamin des trois, Aurélien Pradié, jusqu’à… l’université !

Du côté du RN, on est aussi pour et archi-pour : le 19 octobre dernier, la députée RN Caroline Parmentier a proposé en commission au ministre de l’Éducation « le port de l’uniforme pour tous ». Pape Ndiaye lui a répondu être partant pour une mission de travail sur ce sujet.

Il faut dire que n’est pas en reste non plus : au nom de « l’égalité » et contre « le harcèlement scolaire », sept députés de la majorité signent une proposition de loi en faveur de la « tenue commune ». On notera que le mot « uniforme », sans doute jugé un peu effrayant ou connoté, a été remplacé pour ne pas fâcher. Un peu comme on a banni « islamisme » pour parler de « séparatisme » dans la loi du même nom. Mais l’idée est là.

En 2017, Emmanuel Macron se disait déjà prêt à « y réfléchir ». En 2021, en pleine polémique sur le crop-top, il se prononçait pour une « une tenue décente » à l’école. Mais qu’est-ce qu’une « tenue décente » ? Jean-Michel Blanquer avait évoqué, lui, « une tenue républicaine » (sic), s’attirant les foudres au sein même du de Marlène Schiappa ou encore d’Élisabeth Moreno, défendant la liberté de chacun de « s’habiller comme il veut ».

L’offensive islamique, qui passe par sa visibilité dans l’espace public, rentre en France comme dans une motte de beurre, une motte de beurre laissée une matinée d'été hors du frigo : loin d'y faire obstacle, notre met de la graisse dans les rouages. Nos défenses immunitaires ont été annihilées par le relativisme soixante-huitard. Après cinquante ans d’interdit d’interdire, n’importe qui peut venir n’importe comment au lycée, en gothique, en beatnik, en psychédélique… pourquoi pas en fanatique islamique ?

Si on tolère le crop-top, pourquoi pas le qui, après tout, est plus « décent » ? Si les garçons peuvent porter une jupe, comment leur interdire cette robe longue qu’est le kamis ? Rien n’aurait de signification, un bout de tissu en valant un autre. Serre-tête, voile de mariée, mantille de grand-mère pour la messe… on sait la créativité de certains en matière de comparaison filandreuse.

L’uniforme, par essence holiste, puisque partie d’un tout - un uniforme seul n’en est pas un -, s’oppose à l’individualisme. Honni pendant des dizaines d’années, on lui découvre aujourd’hui, à raison, mille vertus. Et puis il est indissociablement lié à l’armée, qui se trouve être la dernière institution à savoir assimiler. Plutôt que de ratiociner à l’infini, comme Alexis Corbière, sur le caractère culturel ou religieux de l’abaya, donnons à tous les élèves le même vêtement, et basta ! Jusqu’à l’université, recommande Aurélien Pradié. Et pourquoi pas, tant qu’on y est, de la couveuse à l’EHPAD ? Et ce n’est pas si idiot, après tout. On découvre la Lune en enfonçant des portes ouvertes : eh oui, une « tenue commune » - c'est à dire un habit qui n'est pas forcément le même, mais qui procède du même référentiel, la trouvaille sémantique n'est finalement pas si mauvaise -, tout comme une langue commune, un savoir vivre commun, des mœurs communes, une civilisation commune, des mythes fondateurs communs cimentent l’unité nationale et favorisent la paix sociale. Et voilà pourquoi votre fille est muette et le multiculturalisme un échec.

L’uniforme à l'école est sans doute nécessaire, mais il ne sera pas suffisant. Pas plus que l’habit ne fait le moine l’uniforme ne fera, à lui seul, le Français.

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22 novembre 2022

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37 commentaires

  1. A tous les commentaires que j’ai lu, j’ajouterai, que l’uniforme, cet tenue « correcte » unifiée, prépare aussi à l’entrée dans la vie active, faire bonne impression aussi se donner confiance. Évidemment en voyant les députés de la NUPES, cela paraît dérisoire et d’un autre âge.

  2. Bien que votre commentaire soit on ne peut plus pertinent, je ne suis pas tout à fait d’accord sur la conclusion. En effet, un uniforme aurait un grand avantage. A défaut de faire de « vrais » Français, il couperait court à toute polémiques, tergiversations et tentatives de subversion quant aux « signes distinctifs » qui agite la sphère scolaire. Et, loin des estrades politicardes, l’oubli viendrait bien vite. Et tant mieux ce serait.

  3. L’uniforme scolaire c’est plus qu’un égalitarisme vestimentaire, c’est un esprit de corps; c’est un encouragement à s’instruire , c’est être fier de participer et d’appartenir à une école, un lycée, une université ( les collèges sont à abolir ) mais on voit les faux c… qui essayent de prendre le train en marche en se parant du seul mot « égalité ».

  4. Certains craignent le mot « uniforme », trop connoté. mais ne vaudrait-il pas mieux envisager un retour au service militaire obligatoire pour garçons et filles, dans le but de créer une unité parmi nos jeunes et une meilleure compréhension des exigences de la vie en commun ?

    1. Le service militaire a été aboli par Chirac (c’est d’ailleurs une des rares mesures intelligentes à son actif) car il était tout à fait inefficace. L’autre raison est qu’il était devenu très inégalitaire: les plus instruits pantouflaient en entreprise ou en coopération et le fond du panier issu des banlieues était dispensé car ingérable. Vu la prospère démographie des « quartiers » depuis ce temps tout retour en arrière est impossible.

  5. Dans son collège Londonien, ma petite-fille porte un uniforme ; Chemisier blanc, veste bleue avec badge de l’école, jupe plissée et chapeau rond. Comme elle a des ascendances Ecossaises, elle a le privilège de porter le tartan de son clan sur sa jupe !

  6. Comme déjà dit dans un précédent édito, le port de l’UNIFORME en milieu scolaire (JUSQU’A LA FIN DES ETUDES) est la solution IDEALE pour que cessent d’apparaître ces vêtements inappropriés dans notre REPUBLIQUE LAÏQUE ainsi ça calmera les provocateurs et par ailleurs, ça fera disparaître les complexes chez les élèves qui ne peuvent s’offrir des vêtements de de luxe. Quant aux récalcitrants de souche étrangère, il faudrait leur supprimer automatiquement les Allocations Familiales et la Bourse scolaire pour ceux qui en bénéficient. Et si ça ne suffit pas, les déchoir de la Nationalité Française suivie aussitôt d’une expulsion dans leur pays d’origine. Quelques exemples de ce genre devraient rétablir l’ordre, le respect et la bonne entente entre individus.

  7. J’ai porté l’uniforme, très jeune, en pension, puis chez les Guides de France. Lors de mon premier emploi, la blouse était obligatoire. Le port, obligatoire et sans la moindre exception, d’un uniforme aurait le mérite de régler la question des abayas, crop-tops et autres foulards. Les récalcitrants devraient être mis au pas ou expulsés de l’établissement scolaire.

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